Le Sénat adopte l’exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires
Les sénateurs ont adopté l’article 7 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui introduira une exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires. La commission des Affaires sociales était favorable à cette mesure « améliorant le pouvoir d’achat des salariés ».

Le Sénat adopte l’exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires

Les sénateurs ont adopté l’article 7 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui introduira une exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires. La commission des Affaires sociales était favorable à cette mesure « améliorant le pouvoir d’achat des salariés ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Comme l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté l’article 7 du projet de loi financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui propose d’exonérer les cotisations et contributions payées par les salariés (du privé comme du public) sur leurs heures supplémentaires, à compter du 1er septembre 2019. « La commission a approuvé, dans sa grande majorité, l’adoption de cet article », a rappelé le rapporteur Jean-Marie Vanlerenberghe (Union centriste), qui estime que cette mesure va « améliorer le pouvoir d’achat des salariés ». Selon le rapport du Sénat, le gain pour un salarié du privé payé au Smic, qui effectuerait 109 heures supplémentaires dans l’année, s’élèverait à 155 euros net.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin a, lui, expliqué que le gouvernement « assumait cet encouragement au travail », à travers cette mesure emblématique de ce projet de loi, qui rappelle la loi Tepa votée en 2007 sous Nicolas Sarkozy. La « loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat » avait défiscalisé pour les salariés les heures supplémentaires et complémentaires, et avait instauré une réduction des cotisations salariales et une déduction forfaitaire des cotisations sociales pour les employeurs.

Tacle de Gérald Darmanin aux socialistes

L’abrogation de cette disposition avait été l’une des premières mesures prise au début du quinquennat de François Hollande. « S’il y a bien une chose que la majorité d’hier a mal faite, c’est d’avoir supprimé les heures supplémentaires désocialisées et défiscalisées », a critiqué le ministre, évoquant une décision « idéologique ».

Selon le ministre, cette version revisitée de la loi Tepa « est encore plus juste socialement », car la défiscalisation introduite en 2007 excluait « 40% des ouvriers et des employés » qui ne payaient pas d’impôt sur le revenu.

Une mesure qui manque de bon sens, pour les communistes

Seul le groupe CRCE (communiste, républicain, citoyen et écologiste) a tenté, avec un amendement qui n’a pas été adopté, de supprimer cet article du PLFSS. Les élus communistes se sont inquiétés d’une perte de ressources directes pour la Sécurité sociale avec la disparition du prélèvement de ces cotisations. Ils ont également jugé que cet article n’était « pas en adéquation avec les objectifs de lutte contre le chômage ».

« Vous vous livrez à une pratique opposée à tout bon sens, que vous justifiez par un gain de pouvoir d’achat pour les travailleurs, qui sera – selon toute vraisemblance – anéantie par la sous-indexation des prestations sociales », a dénoncé la sénatrice écologiste de Paris Esther Benbassa. « Il y a 10 ans, Nicolas Sarkozy nous proposait le travailler plus pour gagner plus. M. Darmanin nous présente désormais le travailler plus pour ne pas perdre en pouvoir d’achat ».

Esther Benbassa dénonce la désocialisation des heures supplémentaires, mesure « opposée à tout bon sens »
02:16

Plusieurs sénateurs ont également tenté d’obtenir une déduction forfaitaire, voire une suppression, des cotisations patronales sur les heures supplémentaires, dans un but incitatif. Les deux amendements, retoqués, auraient représenté entre 220 et 300 millions d’euros de manque à gagner pour la Sécurité sociale, selon le schéma retenu. Le rapporteur Jean-Marie Vanlerenberghe a également ajouté qu’il n’était pas « non plus certain que cela soit nécessaire compte tenu de l’état du marché du travail ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Sénat adopte l’exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Le Sénat adopte l’exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le