Le Sénat adopte la flat tax, prélèvement unique de 30% sur les revenus du capital
Le Sénat a adopté, ce samedi, le prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) ou flat tax, durant l’examen du budget 2018. La gauche a vivement critiqué cette mesure.

Le Sénat adopte la flat tax, prélèvement unique de 30% sur les revenus du capital

Le Sénat a adopté, ce samedi, le prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) ou flat tax, durant l’examen du budget 2018. La gauche a vivement critiqué cette mesure.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs ont adopté l’une des mesures phare du premier budget du quinquennat Macron : le prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values). “Cette mesure est un gage de simplicité alors qu’il existait auparavant 15 taux différents d’imposition sur le capital”, a salué le rapporteur général du budget pour le Sénat, Albéric de Montgolfier. “Les pays d’Europe du Nord ont un système comparable avec des taux uniques à 28-29%.”

Dès le 1er janvier 2018, un taux forfaitaire unique d’imposition des revenus de capital de 30 % sera mis en place, et décomposé en un taux de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et un taux de 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.

La gauche critique une mesure faite pour “les 1% les plus riches”

Les sénateurs communistes et socialistes ont vivement critiqué cette mesure. Le socialiste Claude Raynal rappelle que selon la commission des finances du Sénat, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) bénéficierait principalement aux 1 % des ménages dont le revenu est le plus élevé.

Flat tax de 30% sur les revenus du capital : vif débat entre la sénatrice socialiste Sophie Taillé-Polian et Bruno Le Maire
03:29

Pour le sénateur communiste Eric Bocquet, cette flat tax représente “une évasion fiscale légale”. Selon lui, cette baisse de la fiscalité sur le capital, qui coûtera 1,3 milliard d’euros à l’Etat en 2018, puis 1,9 milliard d’euros par an à partir de 2019, sera payée par les citoyens en final en baisse de dépenses publiques. Une critique reprise par la socialiste Sophie Taillé-Polian, qui préfère favoriser les investissements publics face aux investisseurs privés que cette flat tax doit encourager.

Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a répondu avec virulence aux critiques de la gauche : “La différence à vous, c’est que nous ne voulons pas taxer les richesses avant de les créer”, a-t-il martelé.

Une clause anti-abus ajoutée par le Sénat

La commission des Finances a souhaité ajouter une clause anti-abus à ce prélèvement unique, pour que les dirigeants d’entreprise ne convertissent pas massivement leur rémunération de salaires en dividendes, afin de bénéficier d’un taux d’imposition plus favorable.

Une évaluation de la réforme

Les sénateurs ont également adopté un amendement mettant en place une mission d’évaluation de cette mesure sur certains points : le transfert des revenus du travail vers les revenus du capital, la répartition du gain selon la richesse des contribuables, l’exil fiscal et l’impact sur la croissance et l’emploi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Sénat adopte la flat tax, prélèvement unique de 30% sur les revenus du capital
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

Le Sénat adopte la flat tax, prélèvement unique de 30% sur les revenus du capital
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le