Le Sénat favorable à la mise en place de mesures de sûreté pour les auteurs d’infractions terroristes
Une proposition de loi de l’Assemblée nationale sur la mise en place de mesures de sûreté pour les auteurs d’infractions terroristes sera examinée en séance le 21 juillet. Elle prévoit notamment le port du bracelet électronique pour les détenus libérés.

Le Sénat favorable à la mise en place de mesures de sûreté pour les auteurs d’infractions terroristes

Une proposition de loi de l’Assemblée nationale sur la mise en place de mesures de sûreté pour les auteurs d’infractions terroristes sera examinée en séance le 21 juillet. Elle prévoit notamment le port du bracelet électronique pour les détenus libérés.
Public Sénat

Par Marylou Magal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Instaurer des mesures de sûreté pour les auteurs d’infraction terroristes à l’issue de leur peine. C’est l’idée générale de la proposition de loi sur le sujet, votée fin juin à l’Assemblée et examinée en commission des Lois, le 15 juillet et qui sera examinée en séance le 21 juillet. Le texte entend mettre en place de nouveaux dispositifs judiciaires de surveillance, accompagnés de mesures d’aide à la réinsertion des anciens détenus. « L’idée générale de ce texte est de protéger la société de risques éventuels de récidive de la part d’individus condamnés pour des faits de terrorisme, et d’accompagner ces derniers dans leur processus de réinsertion. Le Sénat avait déjà travaillé sur ce texte, et y est favorable, mais nous avons voulu lui apporter une sécurité, notamment sur le volet constitutionnel et sur son applicabilité », détaille Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice LR et rapporteure du texte. Fin mars 2020, 534 personnes condamnées pour actes terroristes étaient détenues dans les prisons françaises. Parmi elles, 154 devraient être libérées dans les trois années à venir. 

Des mesures pour permettre un suivi plus efficace des anciens détenus

Le texte de loi dresse ainsi le constat d’un cadre législatif inadapté pour le suivi et la réinsertion de certains condamnés terroristes, mettant en cause des outils incomplets ou inadaptés pour un suivi efficace des condamnés à la fin de leur détention, notamment la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (MICAS). « Une telle mesure offre tout d’abord des possibilités de surveillance jugées insuffisantes par les services de renseignement. Elle se limite en outre à soumettre la personne à des mesures de surveillance, sans offrir d’accompagnement à la réinsertion, volet pourtant essentiel au développement d’une politique efficace de prévention de la récidive », précise le rapport de la commission des Lois.

Parmi les mesures envisagées pour pallier ce manque d’efficacité, le texte prévoit l’obligation pour l’individu de résider en un lieu déterminé, d’obtenir une autorisation du juge pour tout déplacement à l’étranger, de ne pas entrer en relation avec certaines personnes, ou encore, d’être placé sous surveillance électronique mobile, c’est-à-dire, de porter un bracelet électronique. La commission des Lois a toutefois estimé nécessaire de compléter ces mesures en renforçant le volet surveillance par deux aspects :  d’une part, l’interdiction de pratiquer à nouveau l’activité au cours de laquelle l’infraction a été commise ; d’autre part, l’interdiction de détenir ou de porter une arme. S’agissant du volet réinsertion, la commission des Lois entend également étendre le dispositif en mettant en place un suivi par les services pénitentiaires d’insertion et de probation, parallèlement au suivi qui sera opéré par le juge de l’application des peines, ainsi qu’une nouvelle obligation d’exercer une activité professionnelle ou de suivre une formation.

Les socialistes « assez réticents »

 « Nous sommes assez réticents sur ce texte », commente le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur. « Nous considérons que quand on a purgé la peine, elle est purgée. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas surveiller les personnes qui ont été emprisonnées pour terrorisme mais il faut faire attention au principe et au fait que le bracelet électronique qui apparaît comme une solution n’est faisable qu’avec le consentement de l’intéressé ». « Ce n’est pas une double peine », tempère Jacqueline Eustache-Brinio. Il s’agit bien de mesures de sûreté ».

Autre apport du Sénat sur la proposition de loi : la sécurisation constitutionnelle de certaines mesures afin de garantir un  équilibre entre opérationnalité de la mesure, efficacité de la lutte contre le terrorisme et garantie des droits et libertés constitutionnels. «  L’apport du Sénat a été de sécuriser ce texte sur pour que cette loi ne soit pas anti-constitutionnelle », précise Jacqueline Eustache-Brinio. S’agissant du bracelet électronique, par exemple, qui est une peine si le port de celui-ci est imposé, le consentement de l’individu est nécessaire. Le pointage au commissariat me paraît être une mesure de sûreté importante car elle permet un suivi rapproché pour voir l’évolution de l’individu, et également suivre sa réinsertion. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le