Le Sénat vote la suppression de la réserve parlementaire
Point chaud du projet de loi organique rétablissant la confiance dans l’action publique, la suppression de la réserve parlementaire a été adoptée par les sénateurs. Toutefois, la version du texte de la Haute assemblée transforme cette réserve en dotation transparente de soutien à l'investissement des communes. Après plusieurs jours de débats, les sénateurs ont adopté à une large majorité les deux textes sur la moralisation.

Le Sénat vote la suppression de la réserve parlementaire

Point chaud du projet de loi organique rétablissant la confiance dans l’action publique, la suppression de la réserve parlementaire a été adoptée par les sénateurs. Toutefois, la version du texte de la Haute assemblée transforme cette réserve en dotation transparente de soutien à l'investissement des communes. Après plusieurs jours de débats, les sénateurs ont adopté à une large majorité les deux textes sur la moralisation.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après avoir voté, mercredi soir, le projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique, les sénateurs examinaient ce jeudi le projet de loi organique du même nom. Le « gros morceau » du texte était bien sûr la réserve parlementaire que le gouvernement souhaite supprimer afin de réorienter l’enveloppe, environ 130 000 euros par an et par sénateur, vers la Dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR). « Le problème c’est que ce sera aux préfets de décider (qui en seront les bénéficiaires) et plus aux élus de terrain que nous sommes » a réagi sur le plateau de Public Sénat, Évelyne Yonnet sénatrice PS de Seine-Saint-Denis. (voir la vidéo)

Évelyne Yonnet: réserve parlementaire: "Le problème c’est que ce sera aux préfets de décider"
00:42

Bien consciente de ne pas susciter l’enthousiasme de part et d’autre de l’hémicycle avec cette réforme, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet a dû se justifier à plusieurs reprises. « Cela ne constitue en aucun cas, ni un acte de défiance (…) ni une marque d’antiparlementarisme (…) Nous sommes dans le respect des missions du Parlement confiées par la Constitution (…) La raison pour laquelle le gouvernement souhaite la suppression de la réserve parlementaire c’est parce que cette réserve brouille les lignes constitutionnelles » a-t-elle insisté face aux protestations.

En effet, dans la matinée, de nombreux sénateurs ont pris la parole pour défendre le principe de cette réserve, « totalement transparent » comme l’a rappelé le sénateur PS des Hauts-de-France,  Yves Daudigny. « Il faut dire à nos concitoyens que cette réserve, elle n’est pas versée en liquide. Elle ne passe pas par la poche des parlementaires qui en prélèveraient une partie avant de la redistribuer aux élus locaux. C’est ce qui est souvent pensé par un certain nombre de nos concitoyens ».

Yves Daudigny: "la réserve parlementaire est transparente"
00:32

Claude Bérit-Débat, vice-président socialiste du Sénat, a demandé « à mettre également fin à la réserve ministérielle ». « Comment ça fonctionne, on ne le sait pas ? » (…) Parce que vous avez des départements où il y a des aides qui tombent de la part d’un ministre dans la plus parfaite opacité »

Claude Berit-Débat veut mettre fin "à la réserve ministérielle"
00:28

Le sénateur (divers droite) Jean-Louis Masson a quant à lui reconnu qu’il y avait eu « des abus » dans l’attribution de cette réserve.

Jean-Louis Masson: "si la réserve parlementaire est contestée c'est parce qu'il y a eu des abus"
00:42

Après de longs échanges sur cet article 9, c’est la version du Sénat a été adopté. Elle remplace  la réserve parlementaire par une dotation transparente de soutien à l'investissement des communes. Le montant de l'aide de l'État ne pourra dépasser 20.000 euros par projet d'équipement et ne concernerait que les communes rurales. Les associations seraient exclues du dispositif.

« Si supprimer la réserve parlementaire, c'est réduire les financements des territoires, nous ne sommes pas d'accord », avait auparavant déclaré la présidente du groupe communiste Éliane Assassi.

Le président LR de commission des lois, rapporteur du texte Philippe Bas, avait prévenu : « si nous n’adoptons pas le texte de la commission des lois (…) le texte (…) sera transporté à l’Assemblée nationale, avec une neutralité parfaite du Sénat, et l’Assemblée nationale n’aura aucun guide pour rechercher un accord avec nous tous ». Le projet de loi organique a été adopté quelques minutes plus tard avec 300 voix pour et 2 contre.

Partager cet article

Dans la même thématique

ELYSEE PRESSE 1© La Famiglia
3min

Politique

« Cap sur l’Élysée » : Public Sénat lance sa série documentaire sur la présidentielle, à voir en avant-première

Public Sénat propose, en ligne dès ce 24 octobre, le premier épisode de « Cap sur l’Élysée », série documentaire inédite qui suivra la campagne présidentielle jusqu’au scrutin. Le premier épisode est disponible en intégralité sur publicsenat.fr, une semaine avant sa diffusion télévisée, le samedi 31 octobre à 21h sur le canal 8 de la TNT.

Le

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le