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Henri Leroy en 2014, à l'époque maire de Mandelieu-la-Napoule, aux côtés d'Eric Ciotti

Le sénateur Henri Leroy quitte Les Républicains pour rallier Éric Ciotti : « Je n’ai plus rien à attendre d’un parti qui a pactisé avec Emmanuel Macron »

Soutien d’Éric Ciotti pendant les municipales, le sénateur LR des Alpes-Maritimes, Henri Leroy, annonce qu’il rejoint l’UDR. Il espère se représenter aux sénatoriales de septembre, cette fois sur « une liste d’union des droites », avec d’autres transfuges, ce qui pourrait bousculer les équilibres dans un département acquis de longue date aux Républicains.
Romain David

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Le sénateur Henri Leroy, élu des Alpes-Maritimes depuis 2015, annonce quitter Les Républicains pour rejoindre l’UDR, le parti d’Éric Ciotti. « Je pars parce que LR a cessé de défendre les valeurs de rassemblement qui ont été celles du RPR et de l’UMP. Je pars parce que je n’ai plus rien à attendre d’un parti qui a pactisé avec Emmanuel Macron et dont les députés ont voté un budget qui a été fait par la gauche », explique l’élu à Public Sénat. La campagne des municipales aura agi comme un accélérateur pour cet ancien officier de gendarmerie, qui n’a jamais dissimulé son aspiration pour une union des droites, et qui a ouvertement soutenu Éric Ciotti dans la bataille fratricide qui l’a opposé à Christian Estrosi, le maire sortant de Nice, ex-LR passé chez Horizons.

Ces derniers mois, Henri Leroy avait reconnu ne rester chez LR que « par estime » pour son président, Bruno Retailleau. « Je conserve beaucoup d’amitié et de respect pour l’homme qu’il est », assure l’élu, qui salue le bilan de l’ex-ministre de l’Intérieur durant les treize mois qu’il a passé place Beauvau. « Il m’a dit qu’il regrettait ma décision ». Contacté par Public Sénat, le patron des LR n’a pas donné suite à nos sollicitations.

« Je n’ai pas les mêmes positionnements que le RN »

« Je rejoins l’UDR, qui n’est pas le RN, il faut être clair là-dessus. Je ne suis pas un extrémiste. Aujourd’hui, dans les rangs de l’UDR vous comptez un nombre incroyable de gens issus de LR, des anciens de l’UMP et du RPR », défend Henri Leroy à propos du micro parti d’Éric Ciotti, pourtant allié de Marine Le Pen depuis les dernières législatives. « Pour autant, je suis pour une union des droites, et je ne vais pas éliminer les formations qui souhaitent cette union, même si je n’ai pas les mêmes positionnements que le RN », explique le sénateur, qui reconnait ainsi des divergences avec le parti de Jordan Bardella « sur le programme économique et la question des retraites ».

« Beaucoup de sénateurs et de sénatrices partagent mes convictions »

Du même coup, Henri Leroy va devoir quitter le groupe LR du Sénat, formation majoritaire à la Chambre haute et alliée des centristes. Il devrait rejoindre les rangs des non-inscrits, qui rassemblent actuellement les trois sénateurs RN du Palais du Luxembourg et l’ancien zemmouriste Stéphane Ravier. « Nous avons discuté avec Mathieu Darnaud [le président des sénateurs LR, ndlr], il est évident que je ne peux plus rester au groupe. Cela me fait mal au cœur, parce qu’il y a beaucoup de sénateurs et de sénatrices avec lesquels je partage les mêmes convictions, mais qui n’osent pas encore franchir le pas », glisse-t-il. Mais l’élu veut croire que les sénatoriales de septembre seront « un moment déterminant » pour nombre de ses collègues de droite.

« Trois, voire quatre sièges » aux sénatoriales

Lui compte bien repartir en campagne, cette fois sur « une liste d’union des droites », qu’il espère voir conduite par Charles-Ange Ginésy, le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, actuellement en retrait des LR pour avoir apporté son soutien à Éric Ciotti. « Il a réussi à conserver au sein de sa majorité au conseil départemental à la fois les élus LR et ceux qui sont partis chez Éric Ciotti. Pour moi, c’est l’homme de l’union, la personnalité idoine ! », défend Henri Leroy. « Je lui ai dit : ‘Si tu conduis la liste pour les sénatoriales, on aura de bonnes chances de faire trois, voire quatre sièges’. »

Les Alpes-Maritimes font partie des 63 départements concernés (hors Français établis hors de France) par le scrutin de septembre, dans la mesure où les effectifs du Sénat sont renouvelés de moitié tous les trois ans. Cette circonscription compte cinq sièges, tous occupé par des LR. La perte de Nice, Menton et de Cagnes-sur-Mer, désormais aux mains de l’UDR et du RN, pourrait faire perdre un certain nombre de grands électeurs à la droite, et favoriser l’arrivée d’un groupe RN au Sénat.

>> LIRE AUSSI – Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Lors des sénatoriales de 2020, Dominique Estrosi Sassone a été la cheffe de file de la liste LR dans le département. Ces derniers jours, l’élue a appelé son parti à clarifier sa ligne face à l’extrême-droite ; elle ne décolère pas depuis les déclarations de Bruno Retailleau pendant l’entre-deux-tours des municipales, qui a refusé d’apporter son soutien à Christian Estrosi, en dépit de l’accord passé entre les LR et Horizons. « Que l’on ne pense que ce qu’il s’est passé à Nice est intrinsèquement lié aux Alpes-Maritimes, la gangrène s’installe et, tôt ou tard, la secousse niçoise atteindra le reste du territoire national », a-t-elle lancé mercredi, au micro de Public Sénat.

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