48 heures avant le second tour des municipales, l’ancien maire du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen, qui avait placé son adjoint Jean-Philippe Ranquet (LR) à la tête de la ville en 2021, après avoir été élu au Sénat, a accordé un entretien au journal Le Monde. Dans cet article, celui qui avait ravi la ville aux communistes en 2014 et qui a vu la victoire dimanche du candidat de la gauche unie Demba Traoré, s’en prend à la journaliste Nassira El Moaddem, autrice du livre enquête « Main basse sur la ville », publié le mois dernier chez Stock.
« Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue », a déclaré Thierry Meignen au Monde, rapporte le quotidien. L’élu LR a également affirmé que Nassira El Moaddem était « une militante payée » par le Parti communiste. Des propos qui ont conduit à un dépôt de plainte contre le sénateur de la part des Editions Stock.
« Le Sénat ne peut rester inactif »
En séance, lors d’un rappel au règlement, le président du groupe socialiste du Sénat, Patrick Kanner a rappelé l’article 91 bis de ce document, selon lequel les sénateurs « exercent leur mandat dans le respect du principe de laïcité et avec assiduité, dignité, probité et intégrité ».
Patrick Kanner rappelle que les propos rapportés par le journal Le Monde « et qui n’ont pas été démentis à ce stade, s’ils sont confirmés, tombent sous le coup de la loi ». Le rôle du Sénat n’est évidemment pas de se substituer à la justice qui instruira cette plainte. Pour autant, la gravité et l’indignité de cette déclaration nous obligent à réagir avec force », appuie-t-il. Il estime que « le Sénat ne peut rester inactif ». « De tels propos sont contraires aux obligations de dignité et pauvreté. Je demande au Sénat d’instruire rapidement ce dossier et de prendre les décisions qui s’imposent », a-t-il conclu.