PARIS: EXCUSIF, Philippe Folliot President de l’Alliance centriste apporte son soutient a NKM

Le sénateur Philippe Folliot candidat aux européennes : « Je défends le bon sens paysan ! »

Le sénateur centriste du Tarn, Philippe Folliot, annonce lancer pour les européennes sa liste « Ruralités, l’avenir dans le bon sens ». Défendant « une Europe qui nous protège plutôt qu’une Europe qui nous contraint », il propose une liste qui « porte une vision positive de l’Europe, mais sous un prisme des territoires et des ruralités ».
François Vignal

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Président du parti l’Alliance centriste, sénateur du Tarn depuis 2020, le sénateur Philippe Folliot se lance dans la bataille des européennes. Ce membre du groupe Union centriste, à la Haute assemblée, compte faire entendre la voix de la ruralité dans le scrutin de juin prochain, défendant « le bon sens paysan » ou « la vraie écologie ». « Il y a aujourd’hui une France qui ne comprend plus l’autre. La France des bobos et la France de la technostructure ne comprend plus la France des terroirs. Si on ne veut pas avoir un accident démocratique en 2027, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Je prends les miennes », affirme Philippe Folliot. Entretien.

Vous lancez votre liste aux européennes. Pourquoi ?

Tout d’abord, je souhaite que les enjeux relatifs aux territoires en général, et à la ruralité en particulier, soient au cœur de cette élection européenne. Je constate que jusqu’à présent, toutes les autres listes parlent d’accord politicien, de personnes. Mais personne ne parle d’idées et de projet. Donc c’est pour cela, que dans le cadre de cette liste « Ruralités, l’avenir dans le bon sens », nous avons décidé de mettre en avant 18 pistes de réflexion, pour aller vers un programme original de coconstruction avec l’ensemble des acteurs de la ruralité, et au-delà. Les élus, bien entendu, mais aussi toutes les forces vives de la ruralité, que ce soit les agriculteurs, les commerçants, les artisans, les professions libérales, les personnes qui travaillent dans le secteur médico-social, les responsables d’associations.

Qui sera sur la liste ?

On ne parlera de composition de la liste qu’en février-mars. Pour le moment, je souhaite parler projet, idées, programme. C’est pour cela que je lance ces pistes de réflexion. Nous avons mis en place un site internet interactif, ruralites2024.fr, pour que chacune et chacun puisse poster des contre-propositions aussi.

Nous proposons des pistes de réflexion très variées : la première, c’est « respecter et libérer le monde agricole », la seconde c’est « la vraie écologie, c’est nous ! » Ce sont les ruraux. Il y a aussi « aménager l’Europe des territoires », « tradition, patrimoine, savoir-faire : les vraies valeurs de l’Europe », « des ruralités en bonne santé » et « notre Europe : debout, influente, fidèle à son identité ».

C’est quoi, la vraie écologie ?

Ce sont les personnes qui vivent dans nos territoires. Et ce ne sont pas les visions dogmatiques de quelques bobos parisiens ou technocrates qui veulent imposer à la société un certain nombre de choses dont les gens ne veulent pas. Nous sommes pour l’écologie pragmatique du quotidien. Dans ma commune, nous avons développé des programmes d’économie d’énergie en photovoltaïque. Avec une petite coopérative d’agriculteurs, nous avons fait un réseau de chaleur bois de proximité. La vraie écologie, c’est celle-là.

Quelle Europe défendez-vous ?

Je suis dans un positionnement positif par rapport à l’Europe. Je suis un Européen convaincu. Mais je veux une Europe qui nous protège plutôt qu’une Europe qui nous contraint. C’est un élément important. Pour améliorer l’Europe, encore faut-il porter des propositions pour cela, et la rapprocher du terrain. En gros, dans l’approche par rapport à ces questions, je défends qu’il y ait plus, comme on dit chez nous, de « Lo Biaïs ». En occitan, ça veut dire le bon sens paysan.

Qu’entendez-vous par « bon sens paysan » ?

Par exemple, je propose l’indexation des crédits de la politique agricole commune et de la politique commune de la pêche, pour nos agriculteurs et nos pêcheurs. Je propose que par exemple que les projets d’énergie renouvelable portés par des habitants, ou par des communes rurales soient éligibles aux crédits européens. Je propose la départementalisation des crédits européens plutôt que leur régionalisation. Ou encore un loto du patrimoine européen pour financer la sauvegarde du patrimoine rural.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, mènera de son côté une liste de « l’Alliance rurale ». Qu’est-ce qui vous différencie et n’allez-vous pas vous faire directement concurrence ?

Moi, j’appelle à un rassemblement de tous les acteurs de la ruralité, sans distinction. A un moment donné, nous parlerons tous ensemble. Il faut que tous ensemble, on travaille sur les idées, pour l’instant.

Quel rapport avez-vous face à la politique d’Emmanuel Macron ?

Moi, je ne suis ni pour, ni contre. On ne fait pas partie de la coalition Ensemble. Je ne me positionne pas par rapport aux autres. On se positionne positivement sur l’Europe et positivement par rapport aux idées. L’important, c’est cela. Avoir quelque chose à proposer, pour sortir d’une certaine défiance. Je ne me positionne pas par rapport à la majorité présidentielle ou par rapport aux oppositions. Après, on verra, quand la majorité présidentielle présentera son projet, si on a des éléments de convergence, et par rapport à l’opposition aussi. Mais je ne veux pas rentrer dans un jeu politicien. Nous voulons faire entendre notre voix européenne.

Avec votre liste, s‘agit-il aussi de faire exister votre parti, l’Alliance centriste, qui dispose de quelques parlementaires, et dont vous êtes le président ?

L’alliance centriste est bien entendu en soutien par rapport à cette démarche. Mais il ne s’agit pas d’une liste de l’Alliance centriste. Il s’agit d’une liste, d’un projet, qui vise à porter une vision positive de l’Europe, mais sous un prisme des territoires et des ruralités.

Lors des européennes de 2019, l’UDI, qui est un parti plus important que l’Alliance centriste, n’a fait que 2,50 %. Avez-vous sérieusement espoir d’atteindre les 5 %, seuil qui permet d’avoir des élus au Parlement européen ?

Quand on part aux élections, c’est avec cette ambition. La réalité d’il y a 5 ans n’est pas la réalité d’aujourd’hui. On arrivera à convaincre, encore faut-il avoir quelque chose à dire et à proposer. Je vais être honnête : je suis sénateur, je suis bien dans cette fonction et j’apprécie le travail. Décider de se présenter aux européennes, c’est aussi sortir à un moment donné de sa « zone de confort », pour porter à un autre niveau des idées. Il y a aujourd’hui une France qui ne comprend plus l’autre. La France des bobos et la France de la technostructure ne comprend plus la France des terroirs. Si on ne veut pas avoir un accident démocratique en 2027, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Je prends les miennes.

Entendez-vous parler aux électeurs des territoires ruraux tentés par le vote d’extrême droite ?

Je vais parler à tous les électeurs, à tous les électeurs ruraux. Et on a mis sur le site huit bonnes raisons pour un urbain de voter pour la ruralité. C’est un message qui s’adresse à tous les Français.

Irez-vous au bout ?

Je suis un passionné de rugby. Quand on rentre sur le terrain, quand on se lance dans une compétition, c’est pour aller à la fin du match.

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