« Le slogan du « quoi qu’il en coûte » est dramatique car il a ancré dans la tête des Français que l’argent public était gratuit et illimité », Nicolas Baverez
Hausse des salaires des enseignants, plan pour le lycée professionnel ou encore plan vélo, quelques semaines seulement après la réforme des retraites adoptée dans la douleur au nom de l’équilibre des comptes, le gouvernement ressort le carnet de chèque pour éteindre la grogne sociale. Pour l’économiste Nicolas Baverez, la classe politique a abandonné toute idée de maitrise des comptes publics.
Deux milliards d’euros sur quatre ans pour le plan vélo, plus d’un milliard d’euros pour la réforme du lycée professionnel ou encore deux à trois milliards d’euros pour l’augmentation des salaires des enseignants. Alors que le président de la République annonçait dès février 2022 la fin du « quoi qu’il en coûte » en une semaine seulement le gouvernement a annoncé quelques huit milliards d’euros de dépenses nouvelles.
Le président distribue des milliards dont on ne sait pas vraiment à quoi ils servent (Nicolas Baverez)
La paix sociale à coup de billets ?
Alors que la colère contre l’exécutif ne retombe pas, pour la journaliste Bérengère Bonte à travers ces annonces le gouvernement cherche à apaiser l’opinion. Pourtant, invité le 9 mai dernier sur France culture, Bruno le Maire a réaffirmé sa détermination à redresser « les comptes publics d’ici 2027 » et de réduire la dette publique.
Bruno Le Maire donne dans une main et essaie de reprendre dans l’autre (Bérengère Bonte)
Difficile alors de ne pas voir une forme de contradiction entre le discours et les mesures annoncées. Des mesures qui par ailleurs pourrait aggraver la situation de la France plutôt que l’améliorer selon l’économiste et éditorialiste Nicolas Baverez qui estime qu’il y a de la part de l’état « une préférence absolue pour la dépense et la dette publique et que tout ceci va se terminer très mal ».
Une légère contradiction
Avec une dette de 3000 milliards d’euros et un emprunt de 270 milliards d’euros prévu cette année les agences de notation ont récemment dégradé la France, qui se place désormais derrière l’Italie ou encore la Grèce parmi les pays qui parviennent le mieux à se désendetter.
Le slogan du quoi qu’il en coute est dramatique car il a ancré dans la tête des Français que l’argent public était gratuit et illimité (Nicolas Baverez)
Avec la hausse récurrente des taux d’intérêt pour Nicolas Baverez, le choc financier en France n’est pas qu’une menace et pourrait « tout à fait arriver ». L’économiste porte d’ailleurs comme principal responsable la stratégie économique du « quoi qu’il en coûte ». Pour Nicolas Baverez, « La classe politique n’a plus ni les moyens ni la volonté de reprendre la maitrise des comptes publics ».
Un « quoi qu’il en coûte » qui, pour Bérengère Bonte, a tout de même permis à la France de traverser la période de crise « beaucoup mieux que d’autres » pays, avant d’ajouter qu’il « faut se réjouir que la France ait fait ce choix ».
Après un vote tumultueux à l’Assemblée nationale, qui a vu les soutiens du gouvernement se fracturer autour de la question des pesticides, le projet de loi d’urgence agricole est soumis à un dernier vote du Sénat ce mardi. Son adoption définitive pourrait pousser la ministre de la Transition écologique vers la sortie.
C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.
À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.
Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.
Alors que la crise sanitaire a provoqué une hausse inédite de la dette, il est temps de sortir des discours catastrophistes et de redéfinir les termes du débat, estime-t-on au Sénat. C’est la conclusion d’un rapport sur l’avenir de la dette publique présenté par la sénatrice centriste, Sophie Vermeillet, et le sénateur communiste, Éric Bocquet, mercredi 10 novembre.
Malgré un poids évalué à 116 % du PIB, la question de l’endettement public est au second plan des débats de cette élection présidentielle. Souplesse, rigueur, annulation… Public Sénat ausculte le programme des différents candidats à l’élection présidentielle.