Le socialiste Rachid Temal veut nationaliser Orpea
Après de nouvelles révélations de Mediapart le 18 mai, le sénateur socialiste a rédigé une proposition de loi pour que l’État reprenne la main sur le contrôle du groupe spécialisé dans les Ehpad. Pour le parlementaire, il s’agit de « protéger ses salariés ainsi que l’ensemble des résidents ».

Le socialiste Rachid Temal veut nationaliser Orpea

Après de nouvelles révélations de Mediapart le 18 mai, le sénateur socialiste a rédigé une proposition de loi pour que l’État reprenne la main sur le contrôle du groupe spécialisé dans les Ehpad. Pour le parlementaire, il s’agit de « protéger ses salariés ainsi que l’ensemble des résidents ».
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Orpea est toujours dans la tourmente. Fragilisé par les révélations du livre-enquête « Les Fossoyeurs, révélation sur le système qui maltraite nos aînés » du journaliste Victor Castanet, le leader mondial des Ehpad traverse maintenant un mouvement social. Ce mardi, une grève massive a touché de nombreux établissements du groupe, en raison de la suppression cette année d’une prime d’intéressement.

Au même moment, la commission d’enquête sénatoriale poursuivait ses auditions, dans le but d’éviter que ces dysfonctionnements ne puissent se reproduire à l’avenir, et d’améliorer les dispositifs de contrôle. Les dénégations de deux anciens hauts dirigeants du groupe ont particulièrement mécontenté les sénateurs.

Le volet judiciaire suit également son cours. Après la publication d’un rapport mené par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’inspection des finances publiques (IGF), l’État a porté plainte « à propos de graves dysfonctionnements constatés ».

Le sénateur craint que salariés et résidents subissent des « dommages collatéraux »

Un sénateur encourage à prendre une mesure d’urgence : la nationalisation. Le sénateur Rachid Temal (PS) a déposé une proposition de loi, rendue publique ce jeudi. Pour le socialiste, il convient de « protéger les salariés du groupe qui n’ont fait que subir les décisions de dirigeants et d’actionnaires privilégiant le profit au détriment de la santé et du bien-être de leurs résidents, ainsi que les résidents eux-mêmes qui ne doivent plus être les victimes collatérales des décisions inqualifiables desdits dirigeants ».

Ce sont notamment les révélations du 18 mai, de Mediapart et du collectif Investigate Europe, qui ont amené le sénateur à déposer son texte. Le média d’investigation a révélé l’existence d’une structure parallèle à Orpea, une holding basée au Luxembourg, qui a accumulé 92 millions d’actifs, « principalement des parts dans de nombreux Ehpad et cliniques gérés par Orpea ». Elle aurait également mené des « opérations financières douteuses », menaçant le groupe. Orpea a, de son côté, porté plainte pour « abus de biens sociaux ».

Dans l’exposé des motifs de la proposition de loi, le sénateur redoute que les salariés et les résidents ne subissent « de plein fouet les dommages collatéraux de l’effondrement du groupe ainsi que de sa valeur boursière ». Depuis le 1er janvier, la capitalisation boursière de l’entreprise a fondu de 73 %. Pour rappel, le groupe emploie plus de 12 000 personnes en France et plus de 68 000 dans le monde. Il gère plus de 32 500 lits sur le territoire national.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le socialiste Rachid Temal veut nationaliser Orpea
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le