Le spectaculaire envol de Castaner scruté depuis son fief de Forcalquier
Forcalquier a deux fiertés: son pastis aux 65 plantes et l'envol spectaculaire de son ancien maire, Christophe Castaner, scruté...

Le spectaculaire envol de Castaner scruté depuis son fief de Forcalquier

Forcalquier a deux fiertés: son pastis aux 65 plantes et l'envol spectaculaire de son ancien maire, Christophe Castaner, scruté...
Public Sénat

Par Francois BECKER

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Forcalquier a deux fiertés: son pastis aux 65 plantes et l'envol spectaculaire de son ancien maire, Christophe Castaner, scruté par ses nombreux partisans comme ses opposants, dans cette bourgade perchée aux portes de la Provence.

"Christophe ?" "Très sympa", "très famille", et "strict dans ses idées", détaille le patron du PMU, Jean-Claude Mollet, lui-même beau-frère du futur patron de La République en marche. Son bar, sous les fenêtres de l'hôtel de ville, est l'un des "QG" de M. Castaner.

A Forcalquier, celui-ci retrouve femme et enfants et suit de près les affaires de cette cité de 5.000 âmes. "Il est grand, donc on le repère de loin, mais sinon, il se fond dans la masse", résume Marie-José, une habituée de l'établissement.

"Pragmatique", "déterminé", "brillant": les membres de son ex-équipe ne tarissent pas d'éloges sur celui qui a dirigé pendant seize ans cette localité à l'écart des axes de circulation, avant de démissionner en entrant au gouvernement.

"Il a transformé la ville", se félicite le premier adjoint Jacques Lartigue, qui se souvient d'une "sous-préfecture endormie", minée par l'habitat insalubre. Marché bio, "Maison des métiers du livre", citadelle médiévale réhabilitée, Christophe Castaner a voulu faire de l'une des plus petites sous-préfectures de France un "phare culturel".

Il a banni très tôt la publicité - au lendemain d'une action de militants anti-pub, raconte-t-on à la mairie - et enrayé le déclin agricole.

Des ambitions qui font grincer des dents, notamment certains commerçants : "il parle très bien, il est travailleur, mais il est aussi orgueilleux et opportuniste", attaque Eric Lieutaud, un déçu de Castaner, ex-adjoint aux Finances passé dans l'opposition.

Les récriminations des opposants vont du Plan local d'urbanisme à l'endettement, jugé démesuré (8 millions d'euros). Cet opticien se dit lassé par "l'homme de communication" qui ne cherchait qu'à "couper du ruban pour passer dans le journal".

"Il sait faire du bluff et il est bon aux cartes, un jeu de menteurs", brocarde Sylvain Roman, qui a la dent dure contre l'ancien élu local... dont il continue de faire, raconte-t-il, l'un de ses partenaires privilégiés de "moune", un poker provençal.

Dans le "manque de dialogue" évoqué par ses détracteurs, ses partisans préfèrent lire de la "détermination". "Disons que, pour le faire changer d'avis, il vaut mieux avoir des arguments étayés", convient la directrice générale des services de la mairie Florence Cornuet.

Régine Barras a dirigé la cantine de l'école maternelle et se souvient d'avoir bataillé "des années", au prix de "plusieurs engueulades", pour agrandir les locaux. "Il adore parler, c'est un Provençal", souligne cette retraitée qui a rejoint l'équipe locale de LREM. "Mais il est buté : quand il a une idée en tête, il l'a pas ailleurs !".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le