Meaux: Michel Barnier visiting the town with Jean Francois Cope
Michel Barnier. French conservative party Les Republicains (LR) presidential candidate Michel Barnier visiting Meaux with the mayor Jean Francois Cope.. Meaux, FRANCE-25/10/2021//01JACQUESWITT_CHOIX.034/2110251941/Credit:Jacques Witt/SIPA/2110251946

Le vote de Michel Barnier contre la dépénalisation de l’homosexualité est dénoncé par la gauche et les associations

Depuis la nomination de Michel Barnier à Matignon, certains responsables de gauche et certaines associations dénoncent son vote, en 1981, contre la dépénalisation de l’homosexualité.
Mathilde Nutarelli

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Depuis l’annonce de la nomination de Michel Barnier à Matignon, un aspect de sa vie politique est ressorti : son vote contre la dépénalisation de l’homosexualité en 1981.

En 1978, à 27 ans, Michel Barnier est élu député sur les bancs du Rassemblement pour la République (RPR). A l’époque, c’est le plus jeune de l’Assemblée nationale. C’est comme cela qu’en décembre 1981, il est présent dans l’hémicycle du Palais Bourbon, où il vote contre la dépénalisation de l’homosexualité.

La proposition de loi, portée par Raymond Falorni et Gisèle Halimi, avocate féministe et alors députée socialiste de l’Isère, prévoyait entre autres d’abolir un article du Code pénal qui réprimait les « actes impudiques ou contre nature avec un mineur du même sexe âgé de plus de quinze ans » et criminalisait ainsi l’homosexualité. Le texte, soutenu par le gouvernement socialiste de l’époque et le garde des Sceaux Robert Badinter, a été adopté, avec 327 voix pour, majoritairement socialistes et communistes, et 155 voix contre, majoritairement de la droite et du centre. La dépénalisation de l’homosexualité constituait une mesure du programme de François Mitterrand, élu quelques mois plus tôt.

Mélanie Vogel dénonce le manque de « colonne vertébrale » d’Emmanuel Macron sur les questions touchant à l’égalité

A l’annonce de la nomination de Michel Barnier à Matignon, plusieurs responsables politiques de la France Insoumise se sont indignés de cette prise de position. Jean-Luc Mélenchon s’est ainsi interrogé, lors de sa prise de parole de cet après-midi : « Quel étrange message adresser à un pays qui cherche par tous les moyens les voies de son rassemblement que de désigner quelqu’un qui a voté contre la décriminalisation de l’homosexualité. Quel est le sens d’un tel message ? ». Les députés Louis Boyard et Claire Lejeune l’ont également regretté dans un tweet. « A la fois sur la dépénalisation de l’homosexualité et sur le remboursement de l’IVG, il a voté contre, alors qu’on est à un moment dans le pays où l’on vient d’inscrire l’IVG dans la Constitution et que l’on veut reconnaître ce droit comme fondamental », s’est désolée Mélanie Vogel, sénatrice écologiste des Français de l’étranger.

L’association Inter-LGBT, sur son compte X (ex-Twitter), s’est dite « consternée » par la nomination de Barnier à Matignon, « Un signe plus que jamais clair que le gouvernement sera hostile à nos droits et existences ! Tout gouvernement s’opposant ouvertement à nos luttes et nos vies n’est pas une alternative envisageable ! Nous intensifions notre résistance dès maintenant et appelons la société civile à ne pas lâcher ! », a-t-elle ajouté.

Une nomination qui irrite d’autant plus qu’en 2022, alors qu’il cherchait là aussi un nom pour Matignon, Emmanuel Macron avait abandonné la piste de Catherine Vautrin. Son engagement contre le mariage pour tous aurait pesé dans cette décision. Michel Barnier, qui a voté contre la dépénalisation de l’homosexualité, remplace par ailleurs Gabriel Attal, premier locataire de Matignon « assumant ouvertement son homosexualité ». Mélanie Vogel dénonce le manque de « colonne vertébrale » d’Emmanuel Macron sur les questions touchant à l’égalité. « S’il trouve que c’est dans son intérêt de nommer un Premier ministre gay, il le fait, s’il trouve que c’est dans son intérêt de nommer un Premier ministre qui vote contre la dépénalisation de l’homosexualité, il le fait », a-t-elle regretté.

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