Lecornu visite un futur site d’enfouissement de déchets nucléaires
Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu a visité lundi le laboratoire...

Lecornu visite un futur site d’enfouissement de déchets nucléaires

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Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu a visité lundi le laboratoire souterrain d'enfouissement des déchets nucléaires à vie longue à Bure.

"Il appartient à notre génération de trouver une solution, la meilleure possible, en tout cas la moins mauvaise, pour reprendre la formule de Nicolas Hulot, pour le traitement de ces déchets", a estimé le secrétaire d'Etat lors d'un point presse à l'espace technologique à Saudron (Haute-Marne).

"Il n'existe pas d'autres solutions satisfaisantes", selon l'Autorité de sureté nucléaire (ASN), a-t-il rappelé, souhaitant "qu'on travaille sur ce projet avec le plus grand calme".

Après avoir rencontré les élus locaux en début de matinée, M. Lecornu a visité le laboratoire creusé à 500 m sous terre où sont expérimentées les conditions d'exploitation du futur Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), pour un coût estimé à 25 milliards d'euros.

Ce centre, géré par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et situé entre les communes de Bure et Mandres-en-Barrois, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, doit accueillir tous les déchets de haute et moyenne activité à vie longue du parc nucléaire français. La phase pilote doit démarrer en 2025.

L'ASN a souligné, dans un rapport rendu mi-janvier, la "maturité technique satisfaisante au stade du dossier d'options de sûreté" du projet Cigéo, mais a formulé une "réserve" concernant les déchets bitumineux. Ces boues radioactives, conditionnées dans du bitume et représentant environ 18% de l'ensemble des déchets, sont très inflammables.

"C'est un projet qui va être vivant, qui est résiliant, qui doit être souple, adaptable, qui va s'écrire encore au cours des prochaines années", a assuré M. Lecornu.

Le secrétaire d'Etat a tenu à exprimer aux élus locaux la "solidarité nationale".

"Chaque citoyen qui a un jour allumé une ampoule a une responsabilité sur cette affaire de déchets nucléaires", a-t-il dit.

Un comité de haut niveau réunira le 7 mars au ministère de la Transition écologique notamment l'Andra, Areva, EDF et les élus de la Meuse et de la Haute-Marne, pour construire "un projet de territoire" et travailler sur une "fiscalité ad hoc", a-t-il annoncé.

M. Lecornu s'est engagé à revenir prochainement sur le site de l'Andra pour rencontrer les opposants.

Le projet Cigéo est régulièrement contesté devant la justice et sur le terrain par des militants qui dénoncent sa "dangerosité".

Certains se sont installés dans le bois Lejuc, que doit à terme exploiter l'Andra, d'autres dans "la Maison de résistance", à Bure.

"Les oppositions qui ne seraient pas dans la légalité sont inacceptables. Les oppositions radicalisées, qui commettent des actes de délinquance comme cela a pu être le cas, ont vocation a être (traduites) et traitées devant les tribunaux de la justice française", a prévenu M. Lecornu.

"Ca fait 3, 4 ou 5 ans que les ministres ne se déplacent pas et bottent en touche pour ne pas venir assumer leurs fonctions", a regretté un agriculteur, "opposant historique", Jean-Pierre Simon, rencontré par l'AFP devant "la Maison de résistance".

"Le secrétaire d'Etat vient déminer le terrain aujourd'hui et j'espère que le ministre va enfin venir pour évaluer la situation sur le terrain", a-t-il ajouté.

Une jeune femme, qui se fait appeler Camille, a considéré que la visite sur place de M. Lecornu était "un non-événement".

"On se trouve renforcés par l'ASN qui a rendu un rapport critique. On avance, on fait reculer le projet Cigéo, mais malheureusement c'est une répression extrêmement lourde, une criminalisation des opposants", a-t-elle raconté, dénonçant "un harcèlement policier quotidien".

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