Législative partielle : « C’est l’union des droites » : les socialistes dénoncent l’appel de Bruno Retailleau à « ne pas voter pour la gauche » dans le Tarn-et-Garonne

Le second tour de l’élection législative partielle dans la première circonscription du Tarn-et-Garonne verra s’affronter le candidat de l’UDR soutenu par le RN Pierre-Henri Carbonnel et la socialiste non soutenue par LFI Cathie Bourdoncle. Ce matin, Bruno Retailleau a appelé à ce qu’aucune voix n’aille à la gauche. Une prise de position qui ulcère les membres du PS, qui dénoncent « l’union de la droite et de l’extrême-droite ».
Mathilde Nutarelli

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Invité d’Europe1/CNEWS ce matin, le ministre de l’Intérieur démissionnaire et président des Républicains Bruno Retailleau son point de vue sur la législative partielle de la première circonscription du Tarn-et-Garonne. Dans le duel qui voit s’affronter le candidat UDR (le parti d’Éric Ciotti) soutenu par le RN Pierre-Henri Carbonnel et la socialiste Cathie Bourdoncle, il a demandé que ses électeurs ne donnent « pas une voix pour la gauche ». Le candidat LR, Bernard Pécou, est arrivé en troisième position ce dimanche.

Un duel UDR-PS

Cette circonscription, qui avait fait élire la socialiste Valérie Rabault jusqu’en 2024, était depuis tenue par Brigitte Barèges, ancienne maire de Montauban et membre du groupe UDR. Son élection a été annulée le 11 juillet dernier par le Conseil constitutionnel, pour avoir employé pour sa campagne des membres de son cabinet de maire sur leurs jours de repos et de travail. Le premier tour de l’élection, où se bousculaient sur ligne de départ plus d’une dizaine de candidatures, a eu lieu ce dimanche. Le candidat de l’UDR, Pierre-Henri Carbonnel, est arrivé en tête avec 29,5 % des voix et la socialiste Cathie Bourdoncle, non soutenue par LFI, a fait un score de 24,3 %. Le candidat LR est arrivé en troisième position avec 17,6 % des voix, et le candidat de LFI et des Ecologistes en quatrième position avec 10,5 % des voix.

« Les électeurs se détermineront »

Sur Europe1/CNEWS, ce matin, Bruno Retailleau n’a donc pas appelé à faire de front républicain contre le candidat d’extrême-droite, souhaitant même que « pas une voix » n’aille à la gauche. « Les électeurs se détermineront », a affirmé celui qui, déjà en 2024, n’avait pas appelé à s’unir contre les candidats RN et UDR au second tour.

« Monsieur Retailleau a pris une position indigne »

Une prise de position qui ulcère les socialistes. « Monsieur Retailleau a pris une position indigne, je dis bien indigne. Il met au même niveau une candidate socialiste, qui n’était pas soutenue par LFI au premier tour, puisque LFI avait son candidat, et un candidat d’extrême-droite », fulmine Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat. « C’est une première. C’est un dégagement de Monsieur Retailleau, qui prépare peut-être une union des droites et de l’extrême-droite. C’est un acte extrêmement dangereux, je lui demande vraiment de se ressaisir et d’appeler à voter pour Madame Bourdoncle », appelle-t-il. D’autres cadres socialistes se sont indignés contre cette prise de position. « C’est un virage inédit. Les Républicains n’ont jamais autant usurpé leur nom. La fusion entre la droite et l’extrême droite est entamée », a par exemple tweeté le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

Le second tour opposant la socialiste au candidat UDR aura lieu ce dimanche.

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