Législatives : 18 candidatures de personnalités à suivre

Législatives : 18 candidatures de personnalités à suivre

De Marine Le Pen à Jean-Michel Blanquer, en passant par Laurent Baffie ou Manuel Valls, à un mois des élections législatives, Public Sénat dresse une liste non exhaustive des profils à scruter, poids lourds politiques ou candidatures atypiques.
Romain David

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Certains se lancent pour la première fois, d’autres espèrent conserver un siège durement acquis. Candidats battus à la présidentielle, ministres sortants, figures médiatiques… Public Sénat a fait le tour des candidatures aux législatives et dressé une liste de quelques noms marquants, qui espèrent bien se distinguer lors du scrutin des 12 et 19 juin prochains.

Éric Zemmour (4e circonscription du Var)

Éric Zemmour avait fait durer de long mois le suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le fondateur de Reconquête !, un temps pressenti à Paris, a attendu le dernier moment avant de se lancer pour les législatives, dans la 4e circonscription du Var. « Je ne me voyais pas mener le combat de l’arrière », a-t-il déclaré lors d’une prise de parole jeudi depuis la plage des Marines de Cogolin, alors que plusieurs têtes d’affiche de son mouvement rechignent à se lancer dans l’aventure. S’il a choisi une terre ou l’extrême droite réalise de hauts scores depuis plus de trente ans, rien n’est gagné pour le polémiste. Il a fait dans le Var l’un de ses meilleurs scores à la présidentielle (13,25 %), mais est arrivé derrière Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen (11e circonscription du Pas-de-Calais)

Sa réélection dans son fief d’Hénin-Beaumont semble faire peu de doute, au regard des scores glanés à la présidentielle dans un département qui a longtemps été un bastion socialiste : plus de 57 % des voix au second tour. En 2017, la fille de Jean-Marie Le Pen avait fait pour la première fois son entrée à l’Assemblée nationale, élue dans la même circonscription avec plus de 58 % des suffrages exprimés.

Sandrine Rousseau (9e circonscription de Paris)

L’économiste et féministe Sandrine Rousseau, qui a failli décrocher l’investiture EELV face à Yannick Jadot pour la présidentielle, quitte ses terres du Nord-Pas-de-Calais où elle a été élue au conseil régional pendant cinq ans, et tente sa chance dans la 9e circonscription de Paris, l’une des plus importantes de la capitale. Elle affrontera le sortant Buon Tan (Renaissance), souvent présenté comme un proche de Pékin.

Gérald Dahan (3e circonscription de Charente-Maritime)

On retient de l’imitateur Gérald Dahan ses canulars téléphoniques tendus à des politiques. Notamment à Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle de 2007, lors duquel, se faisant passer pour le Premier ministre du Québec, il avait poussé la socialiste à quelques mots malheureux sur la Corse. Mais son incursion en politique ne s’est pas limitée à ces coups de bigo. Gérald Dahan a longtemps milité au Parti socialiste, soutenu la candidature de François Hollande en 2012, puis celle d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris en 2014. Il rejoint Jean-Luc Mélenchon en 2017. Investi par LFI, il tente déjà sa chance dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, finalement remportée par Gabriel Attal. C’est à nouveau sous les couleurs de LFI qu’il se présente dans la 3e circonscription de la Charente-Maritime.

Laurent Baffie (3e circonscription de Paris)

L’humoriste se frotte à un adversaire de taille, en l’occurrence l’un des poids lourds de la majorité : Stanislas Guerini, le délégué général de Renaissance (ex-La République en marche). Le chroniqueur a été investi par le parti animaliste, qu’il avait déjà soutenu lors des élections européennes de 2019. « Je ne serai jamais un homme politique, mais j’ai envie d’aider ces gens-là qui défendent la cause animale, c’est très important. Je ne me serais jamais présenté pour une autre raison », a-t-il expliqué dans un entretien à La Nouvelle République.

Aymeric Caron (18e circonscription de Paris)

L’information vous aura peut-être échappé, mais le parti fondé par le journaliste et militant antispéciste en 2018, Révolution écologique pour le vivant (REV), fait bel et bien partie des forces de gauches qui se sont rassemblées pour fonder la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES). Selon l’hebdomadaire Marianne, l’accord électoral réserve à la REV six circonscriptions, dont la 18e de Paris, présentée comme gagnable, et dans laquelle candidate Aymeric Caron. Le programme de la REV défend notamment la suppression du Sénat, afin de le remplacer par une « Assemblée naturelle », chargée de « représenter les intérêts des animaux non humains, des végétaux, des fleuves et des mers, ainsi que les intérêts actuels et futurs des humains. »

Cédric Villani (5e circonscription de l’Essonne)

Duel de matheux dans l’Essonne. Le mathématicien Cédric Villani, lauréat de la médaille Fields, a pris ses distances en 2020 avec la majorité après avoir tenté d’imposer sa candidature face à celle de Benjamin Griveaux lors des municipales à Paris. Il était pourtant l’une des figures du nouveau monde entré à l’Assemblée nationale dans la foulée de l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Cette année, pour conserver son siège dans l’Essonne, Cédric Villani, investi par la NUPES, affronte un candidat Renaissance : le polytechnicien Paul Midy, actuel directeur général de La République en marche ! À 39 ans, cet entrepreneur est également passé par les Jeunes Pop' sous Nicolas Sarkozy et, plus récemment, le cabinet de conseil McKinsey, comme le souligne Politico.

Manuel Bompard (4e circonscription des Bouches-du-Rhône)

Fin de partie pour Jean-Luc Mélenchon et l’Assemblée nationale. Le leader insoumis, qui espère bien se faire nommer Premier ministre à l’issue de ces législatives, laisse son siège de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. Jeudi 12 mai, lors d’un apéro d’adieu à Marseille, il a glissé le nom de son successeur : son ancien directeur de campagne, Manuel Bompard. « Je vous le confie, il faut l’élire », a lancé Jean-Luc Mélenchon. Manuel Bompard, 36 ans, est actuellement député européen. Ce Toulousain fera campagne en terrain conquis, puisque dans cette circonscription Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête à la présidentielle avec plus de 54 % des voix au premier tour. Il devra toutefois se défaire des accusations de « parachutage »…

Patrick Jardin (4e circonscription du Nord)

Patrick Jardin est le père d’une régisseuse du Bataclan, tuée durant l’attaque terroriste du 13 novembre 2015. Il a été investi par Reconquête !, le parti d’Éric Zemmour. Il avait raconté son histoire et apporté son soutien au polémiste dans une vidéo diffusée le 27 mars, pendant le meeting du Trocadéro. Le Monde lui avait consacré quelques mois plus tôt un portrait - « La colère sans limite d’un père » -, évoquant notamment sa proximité avec des membres de l’ultra droite. Depuis, Patrick Jardin a déclaré avoir porté plainte contre le quotidien pour diffamation. « Je suis candidat aux législatives car, déjà, Éric Zemmour me l’a demandé », a-t-il expliqué à La Voix du Nord. « Et parce que, entre ce que pense Éric Zemmour et moi, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. »

Stéphane Ravaclay (4e circonscription du Doubs)

Ce boulanger de Besançon avait défrayé la chronique il y a un an, en entamant une grève de la faim pour protester contre l’expulsion de son apprenti guinéen. Stéphane Ravaclay avait même dû être hospitalisé quelques jours plus tard. Son apprenti, Laye Fodé Traoré, a finalement été régularisé après une importante mobilisation médiatique. Pour les législatives, Stéphane Ravaclay a été investi par EELV dans le cadre de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES). Le sénateur PS Jérôme Durain s’est appuyé sur l’histoire de cet artisan pour déposer une proposition de loi « tendant à sécuriser l’intégration des jeunes majeurs étrangers pris en charge par l’aide sociale à l’enfance », mais finalement rejetée. « Ce refus des parlementaires, tout ça m’a fait comprendre que, pour peser, il fallait être dans le 'système', sinon, rien ne se passe », a confié Stéphane Ravaclay au Monde.

>> Lire notre article : Le boulanger de Besançon qui avait fait une grève de la faim, présent au Sénat pour l’examen du texte sur les jeunes majeurs étrangers

Manuel Valls (5e circonscription des Français de l’étranger)

Après son aventure malheureuse aux municipales de Barcelone, l’ancien Premier ministre de François Hollande espère un retour sur la scène politique française, et mise sur une circonscription qui a de quoi faire rêver : la 5e des Français de l’étranger, soit l’Espagne, le Portugal, Andorre et Monaco. Manuel Valls a été investi sous les couleurs de la majorité, ce qui n’a pas manqué de faire bondir le député sortant Renaissance Stéphane Beaugé, qui dénonce un « parachutage », et a choisi de partir en dissidence.

19 ministres en campagne

Dix-neuf ministres sont candidats pour les législatives. La plupart espèrent conserver un siège qu’ils occupaient déjà au moment de leur nomination :

  • Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin (10e circonscription du Nord),
  • Le ministre de la Santé Olivier Véran (1ère circonscription de l’Isère),
  • Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal (10e circonscription des Hauts-de-Seine),
  • La ministre de la transition écologique Barbara Pompili (2e circonscription de la Somme)
  • La ministre de la Transformation et de la Fonction publique Amélie de Monchalin (6e circonscription de l’Essonne),
  • La secrétaire d’Etat chargée de l’Economie sociale Olivia Grégoire (12e circonscription de Paris),
  • Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement Marc Fesneau (1ère circonscription du Loir-et-Cher),
  • La ministre chargée de la Ville Nadia Hai (11e circonscription des Yvelines),
  • La ministre déléguée chargée des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq (1ère circonscription des Landes),
  • La secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité Bérangère Abba (1ère circonscription de la Haute-Marne),
  • le secrétaire d’Etat chargé des Retraites Laurent Pietraszewski (11e circonscription du Nord),
  • Le ministre délégué chargé des Comptes publics Olivier Dussopt (2e circonscription de l’Ardèche)
  • le ministre de la Cohésion des Territoires Joël Giraud (2e circonscription des Hautes-Alpes)

Et puis il y a ceux qui se présentent pour la première fois :

Jean-Michel Blanquer (4e circonscription du Loiret)

Grande première pour le ministre de l’Education national, qui n’a jamais occupé de mandat électif au cours de sa carrière. Avant d’atterrir dans le Loiret, Jean-Michel Blanquer était un temps pressenti pour porter les couleurs de la majorité présidentielle dans la 3e circonscription des Yvelines, indique Le Monde. Le ministre, originaire de Paris et que l’on sait attaché à la Bretagne, a eu quelques difficultés à justifier le choix de sa circonscription. « Le Loiret a des atouts extraordinaires. Il est typique de cette région Centre tellement significative de la France avec des qualités historiques, géographiques et une très grande richesse de son histoire », a-t-il tenté de faire valoir sur BFMTV vendredi. Comme l’ont relevé plusieurs médias : il eut été difficile d’aligner plus de poncifs dans la même phrase.

Élisabeth Moreno (9e circonscription des Français de l’étranger)

La déléguée à l’Egalité femmes-hommes se lance en campagne dans une circonscription qui englobe le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest. Son siège était occupé jusqu’à présent par l’ex-LREM M’jid El Guerrab, condamné jeudi à un an de prison ferme et à deux ans d’inéligibilité après l’agression à coups de casque du socialiste Boris Faure en 2017.

Élisabeth Borne (6e circonscription du Calvados)

Citée parmi les potentiel(le)s premiers ministrables, l’actuelle ministre du Travail, Élisabeth Borne, a assuré à France Bleu Normandie que sa candidature dans le Calvados n’avait rien d’un parachutage. Elle a notamment invoqué ses origines familiales, son grand-père ayant été maire de Livarot, une commune au sud de Lisieux célèbre pour son fromage.

Clément Beaune (7e circonscription de Paris)

Le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes espère prendre la suite du député Pacôme Rupin dans cette circonscription du centre de Paris. Le député sortant a pris une certaine distance avec sa famille politique après s’être opposé à la majorité présidentielle sur l’adoption du passe sanitaire.

Emmanuelle Wargon (8e circonscription du Val-de-Marne)

La ministre du Logement tente de s’implanter électoralement sur ce territoire depuis plusieurs années déjà. Elle a été n°2 de la liste de Laurent Saint-Martin dans le Val-de-Marne aux élections régionales, et siège à ce titre au conseil régional. Sa campagne s’annonce compliquée, puisque face à elle le LR Michel Herbillon rempile pour un 6e mandat.

Brigitte Klinkert (1ère circonscription du Haut-Rhin)

Il s’agit d’un retour aux sources pour la ministre déléguée à l’Insertion. Originaire de Colmar, Brigitte Klinkert a été présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin jusqu’à sa nomination au gouvernement en juillet 2020. Elle siège également au Conseil régional du Grand Est.

Roxana Maracineanu (7e circonscription du Val-de-Marne)

La ministre des Sports, ancienne nageuse olympique, compte bien poursuivre son parcours politique. Sa candidature a été annoncée mercredi. Elle a été choisie pour prendre la suite du député Renaissance sortant, Jean-Jacques Bridey, hospitalisé dans un état grave après avoir contracté le covid-19, selon une information du Parisien.

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