Législatives 2024 : « Je refuse le tripartisme, c’est un poison pour la République », juge Bruno Retailleau

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, est revenu sur la situation au sein de LR tout en évoquant la refondation de son parti. Le sénateur de Vendée déplore le tripartisme qui domine désormais dans la vie politique et souhaite le retour d’une droite libérale sur l’économie et ferme sur les sujets régaliens.
Henri Clavier

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« [La situation politique] doit nous pousser à nous renouveler », concède Bruno Retailleau alors que son parti, après un score faible aux européennes (7,2 % pour la liste menée par François-Xavier Bellamy), s’est déchiré suite à la dissolution de l’Assemblée nationale. Après le ralliement d’Éric Ciotti au Rassemblement national, Aurélien Pradié quitte également la direction du parti. Lors de la réforme des retraites, le député sortant du Lot avait déjà joué sa propre partition, le rapprochant d’une ligne de la droite sociale. « Y a-t-il du courage à quitter le navire en pleine tempête ? J’estime que c’est une clarification », affirme Bruno Retailleau qui, parmi les trois candidats à la présidence du parti en 2022, est le seul à être toujours présent.

« Je suis pour un clivage droite/gauche plus net et qui donne le fait majoritaire à la cinquième République »

Ni macroniste, ni lepéniste, voilà la ligne que souhaite défendre le sénateur de Vendée pour relever son parti. « Je pense qu’on peut avoir entre 50 et 100 candidats au second tour », confie Bruno Retailleau, bien loin donc des 289 députés nécessaires pour obtenir la majorité absolue. « Je refuse le tripartisme, c’est un poison pour la République », juge Bruno Retailleau. « Vous n’avez d’alternance possible que d’alternance radicale », continue le sénateur de Vendée. Par ailleurs, ce dernier craint que le tripartisme soit une menace pour le fonctionnement de la cinquième République.  « Je suis pour un clivage droite/gauche plus net et qui donne le fait majoritaire à la cinquième République », assure le chef de file des LR au Sénat qui craint une « crise de régime » en cas d’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Pour ces raisons, l’élu balaye la proposition d’Edouard Philippe de former un grand bloc central. « Quand vous accordez les serviettes et les torchons ça ne donne rien, ce grand bloc de la droite à la gauche ça ne marche pas », tranche Bruno Retailleau qui accuse Emmanuel Macron de ne pas faire preuve de fermeté sur les sujets régaliens. Ce poids lourd du Sénat n’a pas non plus épargné l’extrême droite en qualifiant son programme de « mitterrandien ». « Il faut prendre les Français pour des adultes et arrêter de les leurrer. Le programme du RN, c’est dépenser toujours plus et travailler toujours moins, ce sera la ruine, l’appauvrissement des Français », tacle Bruno Retailleau.

Le « travailler plus pour gagner plus » reste « la seule formule gagnante »

« C’est la droite classique qui doit se renouveler », estime Bruno Retailleau qui prend acte de l’affaiblissement de son parti durant les sept années de présidence d’Emmanuel Macron. L’élu vendéen identifie deux piliers sur lesquels refonder son parti, d’abord une politique économique libérale et estime que le « travailler plus pour gagner plus » reste « la seule formule gagnante ». D’autre part, le renforcement de la fermeté en matière régalienne est jugé essentiel, considérant d’ailleurs que « le régalien est l’angle mort de la macronie ». Interrogé sur un éventuel catapultage à la tête du parti, Bruno Retailleau ne se dévoile pas complètement. « Je participerai au renouvellement de ma famille politique, il faudra une incarnation, mais il faudra surtout des idées, redonner aux Français le goût de la France », lance le président du groupe LR au Sénat.

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