Larcher

Législatives 2024 : « Le Président de la République nous a précipités dans une instabilité politique gravement préjudiciable à la France », tance Gérard Larcher

Le président LR du Sénat a publié ce matin, un communiqué dans lequel il se montre sévère à l’égard du chef de l’Etat, quant à la dissolution de l’Assemblée nationale du 9 juin dernier. Le troisième personnage de l’Etat dans le protocole décrit ainsi un « sentiment d’amertume », à la suite de ces élections législatives anticipées, qui ont vu la victoire du Nouveau Front Populaire, devant la majorité présidentielle.
Alexis Graillot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Au Sénat, on a l’habitude de manier le compromis et de rechercher le consensus. Pourtant, ce matin, les mots de son président sont durs. Dans un communiqué d’une quinzaine de lignes, Gérard Larcher épingle tour à tour le RN, l’alliance de gauche, la macronie, ainsi que ses ex-collègues LR, partis à l’extrême-droite.

Mettant en évidence le rôle du Sénat dans une assemblée plus fragmentée que jamais, l’ancien maire de Rambouillet assure que l’institution, « au-delà de son rôle de législateur, a une responsabilité particulière de préservation des institutions et [de] protection des libertés ».

Dénonciation du « en même temps »

Dans son communiqué, Gérard Larcher revient d’abord sur la dissolution surprise d’Emmanuel Macron, à l’issue du scrutin européen, largement dominé par le RN (31,5%), 17 points devant la majorité présidentielle (14,5%). Une décision que le président du Sénat avait contestée à plusieurs reprises depuis. « Ce n’est pas sérieux de jouer avec l’avenir de la France », déclarait-il le 26 juin dernier chez nos confrères du Parisien, pointant « un risque de crise institutionnelle ». Cette fois-ci, les mots sont encore plus virulents à l’encontre du chef de l’Etat, dont il accuse d’avoir précipité la France « dans une instabilité politique gravement préjudiciable ». « L’ex-majorité relative, par sa politique du « en même temps » nous a conduits à cette situation », écrit-il encore.

Se réjouissant de la défaite du RN, le président du Sénat s’en est ensuite pris à l’alliance de gauche du Nouveau Front Populaire (NFP), qu’il accuse de former un « cartel électoral », qu’il juge « sans lendemain du fait de désaccords de fond ». Pour Gérard Larcher, l’application du programme de l’alliance de gauche conduirait à un « désastre économique et social ». Sur ce point, le sénateur avait déjà martelé à plusieurs reprises qu’il voterait « blanc » en cas de duel entre le NFP et le RN au second tour.

Maintien des LR « contre les pronostics »

Autre surprise de cette élection venant des LR, qui font plus que résister dans cette élection, obtenant 66 sièges, si l’on y inclut les UDI et les divers droite, alors que quelques 80 candidats du « canal historique » de la droite étaient engagés pour ce 2e tour.

« Nous, LR, contre les pronostics et malgré les trahisons, conservons un nombre de députés équivalents », salue le président du Sénat. Avant d’ajouter : « Nos candidats courageux ont été élus sur la ligne de l’indépendance, de l’autonomie et de l’intérêt de la France et des Français ». Un tacle non-dissimulé à l’encontre du (toujours) patron des LR déchu, Eric Ciotti, qui aura finalement raté son pari en concluant un accord avec le RN.

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives 2024 : « Le Président de la République nous a précipités dans une instabilité politique gravement préjudiciable à la France », tance Gérard Larcher
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Second round legislative election-Dijon
11min

Politique

Sondages : pour les municipales, « un exercice vraiment plus difficile » pour les sondeurs

Les sondages sont-ils fiables pour les municipales ? C’est la question qui se pose après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le

Lebanon Israel Iran
4min

Politique

Frappes israéliennes à Beyrouth : « Les Libanais ont compris que ce n’était que le début »

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.

Le