HENIN BEAUMONT – SOIREE ELECTORALE MARINE LE PEN

Législatives 2024 : « Tremblement de terre », « effarante débandade », la victoire du RN vue par la presse étrangère

Le score historique du Rassemblement National au 1er tour des élections législatives (33,15%) fait grandement réagir les grands médias internationaux. Entre critiques non dissimulées à l’encontre du président de la République et inquiétude face à la montée inexorable de l’extrême-droite dans l’Hexagone, tous s’accordent à décrire un « séisme » politique, qui aura des répercussions en Europe et dans le monde.
Alexis Graillot

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« Une gueule de bois démocratique », le quotidien suisse Le Temps ne mâche pas ses mots pour décrire ce qu’il s’est joué dans la journée de dimanche 30 juin. Avec plus de 33 % des voix, le RN et ses alliés sont arrivés très largement en tête des élections législatives, devant l’alliance de gauche du Nouveau Front Populaire (NFP) (27,99 %). Distancée, la majorité présidentielle sortante (20,76 %) subit une très forte déroute et pourrait perdre la moitié de ses députés.

Symbole du « triomphe » du parti de Marine Le Pen, le quotidien national romain Il Tempo s’est fendu d’un montage, la représentant avec le bicorne de Napoléon. La une du journal italien ne fait d’ailleurs aucun doute : « Napo Le Pen ». Dans la même veine, les Espagnols du Diari de Tarragona ont caricaturé un Obélix sanglotant à chaudes larmes, « ils sont fous ces Français », seulement réconforté par son chien Idéfix.

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Emmanuel Macron dans le viseur

De manière générale, c’est la personne même du président de la République qui se situe au cœur de l’attention des médias étrangers, ce dernier étant pointé comme le principal responsable de la situation politique de la France. Du côté du magazine britannique, The Economist, les mots sont très durs à l’encontre du locataire de l’Elysée : « Le pari du président s’est retourné contre lui de manière spectaculaire », étrille-t-il. Avant d’ajouter : « Ce qui ressort clairement de ce premier tour, c’est que le projet centriste de Monsieur Macron et l’autorité politique du président sortiront gravement endommagés de ces élections ».

Même(s) inquiétude(s) chez nos confrères américains, qui alertent sur les conséquences de cette élection sur le vieux continent : « Les électeurs ont puni les centristes », titre à cet égard le Washington Post. Le Wall Street Journal fait quant à lui état du caractère historique de cette élection, puisque pour la première fois depuis 1940, un exécutif d’extrême-droite pourrait gouverner la France : « M. Macron risque de partager le pouvoir avec le premier gouvernement d’extrême droite depuis la France de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Le calcul de Macron semble s’être retourné contre lui ».

Onde de choc

Si le chef de l’Etat concentre le cœur des critiques, de nombreux médias soulignent la déflagration que constitue la victoire du RN, qui se trouve en situation de pouvoir prétendre à la majorité absolue. « Ce dimanche 30 juin restera sans doute dans l’Histoire comme un prélude au triomphe de l’extrême-droite française », écrit-on dans La Libre Belgique. Du côté des Italiens de Libero, on souligne le « tremblement de terre » de l’élection, lorsque le quotidien grec Ta Nea, titre en français « Oh mon Dieu ! », en gras et en lettres capitales.

Même son de cloche en Suisse, où le Temps tonne sévèrement : « Le premier tour des élections législatives en France s’achève sous le regard effaré de ses voisins européens. […] Un tremblement de terre entrepris par le président Macron dans un geste que dénoncent encore tant d’élus français », qui parle plus loin dans son édito d’« effarante débandade ». « Séisme politique en France », titre-t-on dans la même veine chez nos confrères allemands de Die Welt, alors que Berlin a réagi plus tôt dans la journée, en affirmant que la perspective d’une victoire du RN « ne peut laisser personne indifférent ».

Quoi qu’il en soit, la semaine politique française sera sans doute très scrutée à l’international. Alors que de nombreux pays dans le monde sont confrontés à des vagues d’extrême-droite, la France pourra-t-elle encore prétendre longtemps être « le petit village qui résiste encore et toujours » à ces sirènes ?

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