Législatives : 91 recours au Conseil constitutionnel, dont ceux de Jean-Michel Blanquer, Caroline Mecary et Francis Lalanne
Les candidats malheureux aux élections législatives avaient jusqu’à ce jeudi 30 juin pour adresser leurs requêtes au Conseil constitutionnel, le juge des élections. Dans les 57 dossiers adressés aux Sages, on compte six des dix circonscriptions où l’écart de voix a été le plus faible entre les deux finalistes.

Législatives : 91 recours au Conseil constitutionnel, dont ceux de Jean-Michel Blanquer, Caroline Mecary et Francis Lalanne

Les candidats malheureux aux élections législatives avaient jusqu’à ce jeudi 30 juin pour adresser leurs requêtes au Conseil constitutionnel, le juge des élections. Dans les 57 dossiers adressés aux Sages, on compte six des dix circonscriptions où l’écart de voix a été le plus faible entre les deux finalistes.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Dans nombre de circonscriptions, les élections législatives se sont parfois jouées à un jeu. Dans treize circonscriptions, l’écart entre le candidat élu et le perdant était même inférieur à 100 voix. Tous les candidats ou les électeurs avaient jusqu’au dixième jour suivant la proclamation des résultats, 18 heures, c’est-à-dire ce 30 juin. Durant ces dix jours, les personnes pouvant adresser un recours à la préfecture avaient la possibilité de consulter les procès-verbaux des bureaux de vote.

Le Conseil constitutionnel a réceptionné 91 requêtes. Six font d’ailleurs partie des dix circonscriptions où l’écart a été le plus faible entre les deux candidats. « Le Conseil constitutionnel examinera à très bref délai la recevabilité des recours ainsi enregistrés, de manière à écarter dès les semaines à venir ceux qui seraient manifestement irrecevables », a-t-il précisé dans un communiqué. « Les autres recours seront jugés dans les meilleurs délais, après une procédure contradictoire. »

Parmi les requérants, on relève notamment l’ancien ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, qui conteste l’élection de Thomas Ménagé (RN) dans la 4e circonscription du Loiret. 189 voix lui ont manqué pour se qualifier au second tour. Sur BFMTV, le candidat malheureux avait accusé son adversaire d’avoir « violé plusieurs règles électorales pendant la campagne ». Il reprochait notamment des messages Facebook sponsorisés ou encore la venue de Nour Durand-Raucher, son sosie écologiste soutien du candidat de la Nupes qui a distribué des tracts parodiques.

Arnaud Bonnet, candidat Europe Ecologie-Les Verts conteste également l’élection dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne, où Hadrien Ghomi, le candidat de la majorité présidentielle, l’a devancé de seulement quatre voix.

Dans la sixième circonscription de la Haute-Garonne, Fabien Jouvé (PS) a lui aussi saisi le Conseil constitutionnel. Selon les résultats proclamés, seulement quatre voix le séparaient de Monique Iborra (Ensemble !). Selon le candidat éliminé, « la Commission de recensement des votes présidée par un magistrat indépendant, a porté à son procès-verbal un nombre d’anomalies supérieures à l’écart de voix ».

Autre recours : celui de l’avocate Caroline Mecary (NUPES) dans la 7e circonscription de Paris. Le ministre des Affaires européennes, Clément Beaune, s’était imposé de peu, avec 658 voix d’avance.

À noter également que le chanteur Francis Lalanne, qui était candidat dans la 3e circonscription de Charente, conteste lui aussi l’issue du scrutin. Il avait été éliminé dès le premier tour avec 2,12 % des suffrages exprimés.

Les requêtes n’ont pas d’effet suspensif. Les députés visés par un recours continuent d’exercer leur mandat dans l’intervalle. Une fois la phase d’instruction achevée, le Conseil constitutionnel peut rejeter la contestation et donc valider l’élection, ou alors prononcer l’annulation de l’élection, ce qui nécessiterait l’organisation d’une législative partielle. Depuis les débuts de la Ve République en 1958, il l’a fait à 70 reprises. Il peut aussi proclamer un autre candidat élu. Ce cas de figure ne s’est produit que pour une élection sénatoriale et n’a jamais été observé pour une élection législative.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mirecourt: French president Emmanuel Macron
6min

Politique

Macron veut interdire les portables au lycée : mesure qui « va dans le bon sens » ou « peine perdue » ?

Le chef de l’Etat a annoncé que les téléphones portables allaient « sans doute » être interdits dès la rentrée prochaine dans les lycées. C’est « faisable », soutient le sénateur Renaissance Martin Lévrier. « Il est incorrigible. C’est une annonce par jour pour exister », raille le sénateur LR Max Brisson, opposé à l’interdiction au lycée. « Une annonce un peu surréaliste » qui élude les vrais problèmes, dénonce la sénatrice PS Colombe Brossel.

Le

France Marseille vs Newcastle: Pre-Match Security Highlights
3min

Politique

« Violences policières » : la gauche du Sénat demande une commission d’enquête sur de « potentiels dysfonctionnements » au sein de l’IGPN et l’IGGN

Suite aux récentes révélations mettant en cause les forces de l’ordre dans des affaires de violences au sein des personnes dépositaires de l’autorité publique, la gauche du Sénat demande à la commission des lois de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête visant à examiner les conditions dans lesquelles l’IGPN et l’IGGN exercent leurs prérogatives.

Le

Paris : Debate session on the draft budget law for 2026
4min

Politique

Budget de la Sécu : la règle de l’entonnoir peut-elle faciliter un compromis ?

Mercredi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à trouver une un accord en commission mixte paritaire sur le projet de loi de la Sécurité sociale. Le texte repart donc pour une nouvelle lecture en séance publique à partir de mardi, à l’Assemblée nationale. Les députés vont plancher sur le texte sorti du Sénat et conformément à la règle dite de l’entonnoir, leur droit d’amendement est limité. Ce qui va accélérer les débats mais sera-t-il suffisant pour arriver à un compromis ? Explications.

Le

Paris : session of questions to the government at the Senate
4min

Politique

Décentralisation : un rapport du Sénat remis au Premier ministre

Afin d’accompagner Sébastien Lecornu vers son engagement d’un grand acte de décentralisation, Gérard Larcher avait fait parvenir le 31 octobre la contribution du Sénat. Le document que Public Sénat a pu consulter appelle à consacrer un principe de différentiation et d’autonomie fiscale des collectivités.

Le