Législatives : « Nous aurons un groupe, c’est certain », affirme Jean-Lin Lacapelle (RN)
Sans accord avec le parti de la Reconquête, le Rassemblant National a quand même bon espoir de sortir puissant des législatives. A quelques jours de la fin des investitures, les cadres du RN gardent la dent dure avec leurs collègues patriotes. Et ces derniers leur rendent bien.

Législatives : « Nous aurons un groupe, c’est certain », affirme Jean-Lin Lacapelle (RN)

Sans accord avec le parti de la Reconquête, le Rassemblant National a quand même bon espoir de sortir puissant des législatives. A quelques jours de la fin des investitures, les cadres du RN gardent la dent dure avec leurs collègues patriotes. Et ces derniers leur rendent bien.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Fort de son score historique (41,5 %) à l’élection présidentielle, le Rassemblement national est bien décidé à transformer l’essai aux législatives par la constitution « d’un groupe puissant » au Palais Bourbon. « L’objectif est clair, envoyer un maximum de députés patriotes à l’Assemblée nationale », a annoncé, jeudi depuis Fréjus, le président du RN, Jordan Bardella.

« Marine Le Pen sait qu’elle ne pourra pas compter sur l’ensemble de l’électorat qui a voté pour elle au second tour »

Le parti qui n’avait réussi à faire élire que 7 candidats dont un apparenté en 2017 « part de loin » a-t-il souligné. Mais a des raisons d’espérer. Avec 33,9 % des voix, en 2017, Marine Le Pen était arrivée en tête dans 45 circonscriptions au second tour. Cinq plus tard, la candidate est en tête dans 159 circonscriptions. Mais comme le rappelle Erwan Lecoeur, politologue et sociologue et spécialiste de l’extrême droite, « Marine Le Pen sait qu’elle ne pourra pas compter sur l’ensemble de l’électorat qui a voté pour elle au second tour. Déjà parce que 40 % d’entre eux ont voté contre Emmanuel Macron. Et parce que ça va être compliqué d’aller demander aux gens d’aller voter deux week-ends de juin, dont un férié, quand on a peu de relais locaux. Et tout ça pour quoi ? Voter pour quelqu’un qu’on ne connaît pas, pour que, peut-être, il devienne député de l’opposition ».

Selon les projections, le parti lepéniste peut quand même tabler sur une trentaine, voire une cinquantaine de députés dans la future assemblée « ce qui est loin d’être négligeable, du jamais vu sous le mode de scrutin majoritaire », rappelle Erwan Lecoeur.

Pas vraiment de quoi conduire les fidèles de Marine Le Pen à enterrer la hache de guerre avec le parti de la Reconquête d’Éric Zemmour. Le parti lepenniste maintient sa volonté de faire cavalier seul en présentant des candidats dans les 577 circonscriptions. Marine Le Pen sera d’ailleurs candidate à sa succession dans le Pas de Calais.

>> Lire notre article. Législatives : le torchon brûle entre le RN et Reconquête !

Stéphane Ravier : « Il ne faut pas que les législatives soient l’expression d’une vengeance de Marine Le Pen »

Sur Twitter, l’ancien Gilet jaune, Benjamin Cauchy membre du comité politique de la Reconquête menace de se présenter à Hénin Beaumont pour démontrer « le ridicule d’une absence d’accord et de coalition entre patriotes ».« A Hénin-Beaumont, on ne vote pas Zemmour », lui répond le maire (RN) de la ville, Steeve Briois en accusant le parti d’Éric Zemmour d’avoir organisé « la division à la présidentielle ».

« Dans le Nord, il y a une présence mariniste très forte. Mais dans le Sud, ce n’est pas la même chose. C’est pourtant là que Jordan Bardellla a fait ses annonces hier. Ça montre à quel point l’aveuglement du RN est fort. Il ne faut pas que les législatives soient l’expression d’une vengeance de Marine Le Pen, de sa haine pour Éric Zemmour », regrette le sénateur des Bouches du Rhône, Stéphane Ravier, ex RN passé chez Reconquête pendant la campagne.

Des appels du pied qui sont sans effet jusqu’ici auprès des élus Rassemblement national. « On ne peut pas insulter, mépriser et trahir Marine Le Pen pendant des mois et au dernier moment crier à l’union. L’union, ils ne l’ont pas faite en septembre. Et on sait très bien quel était leur objectif : tuer politiquement Marine Le Pen. Alors qu’on ne vienne pas nous donner des leçons de ralliement », soutient Jean-Lin Lacapelle.

>> Lire notre article. Éric Zemmour renouvelle son appel à « une coalition des droites et des patriotes » pour les législatives

Au RN: « Nous ne sommes plus dans la dépression. Nous sommes dans l’espoir »

Le député européen RN précise que le parti « sera intelligent » et pourrait soutenir dès le premier tour, des candidats non étiquetés RN. Jordan Bardella a d’ailleurs cité Stanislas Rigault, président de génération Zemmour « avec qui il pourrait travailler ». « Nous avons un conseil national d’investiture lundi. Tous les cas seront examinés. La semaine prochaine, nous devrions avoir conclu toutes nos investitures », confirme Jean-Lin Lacapelle qui est optimiste malgré la division à l’extrême droite. « En 2017, c’était une défaite politique, morale et médiatique. En 2022, Marine Le Pen arrive en tête dans 20 000 communes. Nous ne sommes plus dans la dépression. Nous sommes dans l’espoir. Nous aurons un groupe, c’est certain et nous tendrons la main aux patriotes de droite et de gauche pour qu’il soit le plus fort possible ».

>> Lire notre article. À Reims, le RN tente de se retrouver, alors que Zemmour est sur toutes les lèvres

« En 2017, Marine Le Pen rassemble 11 millions de voix au second tour et le RN n’en rassemble que 3 millions aux législatives. Au niveau local je peux vous dire que les militants ne comprennent pas qu’on passe à côté de l’opportunité d’une union », rapporte Stéphane Ravier, qui a gardé des liens avec des membres de son ancien parti.

Dans le Gard, la division pourrait conduire Gilbert Collard, député européen, ancien RN à se présenter face à son ancien suppléant, Nicolas Meizonnet. « Je n’ai pas encore pris ma décision. Marine Le Pen a dit qu’elle serait intraitable avec ceux qui sont partis. Nous, nous serons intraitables avec ceux qui nous ont traités de traîtres », confie Gilbert Collard.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le

Législatives : « Nous aurons un groupe, c’est certain », affirme Jean-Lin Lacapelle (RN)
3min

Politique

La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, une décision « aux antipodes de l'éthique », brocarde le sénateur Jean-Raymond Hugonet

Le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet a interpellé le gouvernement sur la nomination d'Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, comme présidente de la Cour des comptes. L’élu dénonce un risque de conflit d’intérêts. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, accuse les oppositions de cibler la couleur politique d’Amélie de Montchalin.

Le

Paris : Proces Joel Guerriau et Sandrine Josso
2min

Politique

Condamnation de Joel Guerriau : Sandrine Josso reçue par Gérard Larcher, ce mercredi à 18h30

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher va recevoir l’élue, ce mercredi. La députée avait fait part de son regret de ne pas avoir reçu de marque de soutien de la part du président du Sénat.

Le