Législatives: Baroin s’essaie dans le sud à l’art de la synthèse
François Baroin, chef de file LR pour les législatives, s'est essayé à l'art de la synthèse entre les sensibilités d'une droite traumatisée par...

Législatives: Baroin s’essaie dans le sud à l’art de la synthèse

François Baroin, chef de file LR pour les législatives, s'est essayé à l'art de la synthèse entre les sensibilités d'une droite traumatisée par...
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Par Nadège PULJAK

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François Baroin, chef de file LR pour les législatives, s'est essayé à l'art de la synthèse entre les sensibilités d'une droite traumatisée par sa défaite à la présidentielle, lors d'une tournée dans le Sud destinée à convaincre qu'une victoire en juin est possible.

De Vincent Chriqui, candidat LR/UDI dans l'Isère et ex-directeur de campagne de François Fillon, à Georges Fenech, candidat dans le Rhône et sarkozyste qui avait très tôt demandé le retrait de Fillon en raison de ses difficultés judiciaires, M. Baroin tient à tous le même discours volontaire, à trois semaines d'élections compliquées pour sa famille politique, face à la victoire annoncée du camp macroniste, prédites par les sondages.

"Mon devoir, c'est de rassembler tout le monde", affirmait-il mardi soir lors d'un meeting à Jonave (Rhône), fort de son expérience de président de l'Association des maires de France, qui l'oblige à écouter tous les élus, quelle que soit leur étiquette.

François Baroin, chef de file LR pour les législatives (c), entouré de Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes (g), et de Philippe Meunier, député du Rhône (d) lors d'un meeting à Mions, près de Lyon, le 23 mai 2017
François Baroin, chef de file LR pour les législatives (c), entouré de Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes (g), et de Philippe Meunier, député du Rhône (d) lors d'un meeting à Mions, près de Lyon, le 23 mai 2017
AFP

"Je suis peut-être le dernier, le plus petit dénominateur commun de tous ces candidats. Je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit Vincent Chriqui, ou avec toutes les idées de Georges Fenech, mais je mènerai le combat jusqu'au bout", promet celui qui s'affichera jeudi avec Nicolas Sarkozy dans sa ville de Troyes.

Selon lui, "la campagne des législatives doit être celle de la clarté à tous les étages, et même à toutes les marches", comparée à celle de la présidentielle qui a été selon lui celle de "l’ambiguïté", avec un "premier tour dominé par les affaires Fillon, le second par le refus du Front national".

A l'étape de Marseille, à la permanence de la candidate Solange Biaggi, l'atmosphère est plus joviale qu'ailleurs et l'on se refuse à "croire aux sondages". "Le Premier ministre pour nous, c'est François Baroin", tonne Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de la cité phocéenne, sous les bravos du public.

"Nous avons, sans état d'âme, voté pour assurer les conditions pour que Marine Le Pen ne dirige pas le pays. Pour autant, est-ce que nous sommes devenus En marche, macronistes? Non", rassure-t-il ses troupes, dénonçant cette "idée folle" qui consisterait à laisser "un parti unique face au FN".

- 'Il faut bien espérer' -

Sa martingale pour convaincre de voter LR/UDI plutôt que REM: la fiscalité. "Attention à la hausse de 1,7% de la CSG" prévue dans le projet Macron. Elle provoquerait "un choc fiscal encore plus fort que celui de François Hollande", répète-t-il.

Refusant les promesses qui seraient sans lendemain, M. Baroin avance prudemment. "La campagne aux législatives est difficile mais la victoire est atteignable", affirme-t-il. "On y croit pas trop, bien sûr que c'est difficile. Toute la presse est contre nous", lui faisait écho une quinquagénaire, en attendant de faire un selfie avec Baroin à Bourgoin-Jallieu (Isère).

Partout, ce sont les mêmes interrogations qui taraudent militants et élus locaux déboussolés. "J'espère qu'on va gagner. Il faut bien espérer", affirme du bout des lèvres Clotilde Madeleine, conseillère municipale de Tarascon (Bouches-du-Rhône).

Edouard Philippe Premier ministre, Bruno Le maire ministre de l'Economie et Gérald Darmanin de l'Action et des Comptes Publics? Autant de "trahisons", juge cette boulangère retraitée. "Pour moi, c'est un gouvernement provisoire."

"De toute façon, Macron n'arrivera pas à casser la droite", veut croire Yves, l'un de ses amis également retraitée.

Une option qui n'a pas d'existence pour Baroin, certain que Macron veut "tuer la droite" mais qu'il n'y parviendra pas. "La droite et la gauche existent depuis 250 ans et structurent la société française", explique-t-il.

A l'exécutif qui souhaite voir d'autres personnalités de droite le rejoindre, il répond que "le meilleur moyen d'avoir une politique de droite, c'est que la droite et le centre gagnent les législatives. On va aider le président Macron à aller encore plus loin", en gagnant les législatives. "Je lui donne rendez-vous le 18 juin", ironise l'ancien ministre.

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