Versailles: Francois-Xavier Bellamy  votes for the European elections
Francois Bellamy. France's right-wing "Les Republicains" (LR) party’s leading European Parliament election candidate and MEP Francois-Xavier Bellamy votes in Versailles, FRANCE on June 9, 2024//01JACQUESWITT_choix007/Credit:Jacques Witt/SIPA/2406091239

Législatives : Bellamy annonce vouloir voter RN contre le Front Populaire et se fait « rattraper par la patrouille »

Ce jeudi, le patron de LR par intérim, François-Xavier Bellamy a déclaré qu’il voterait « bien sûr » RN contre le Nouveau Front Populaire en cas de duel au second tour, contredisant la ligne fixée par Gérard Larcher. L’eurodéputé a légèrement rétropédalé par la suite sur X.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Depuis mardi et l’annonce d’une alliance avec le RN aux législatives par Éric Ciotti, Les Républicains subissent la pire crise politique de leur histoire récente. Le président du parti refuse de partir malgré son exclusion votée à l’unanimité donnant lieu à des images cocasses de porte du siège du parti fermée à clé par Eric Ciotti, puis ouverte par la secrétaire générale du parti, Annie Genevard, d’un président exclu qui se met en scène dans son bureau ou encore des réseaux sociaux LR qui se contredisent avant d’être suspendus. Bref, les journées de mardi et mercredi ont été riches en rebondissements.

La quasi-majorité des cadres pensaient avoir évité le pire en votant à l’unanimité l’exclusion d’Éric Ciotti 24 heures après son annonce d’un accord caché avec le RN aux législatives. La famille LR s’est montrée unie face au « traître » et a martelé la nécessité pour le pays « d’avoir une droite libre et indépendante ». Le président du Sénat, Gérard Larcher a même clarifié (mot à la mode ces derniers jours) un peu plus la position du parti dans le JT de TF1 mercredi soir, en indiquant qu’en cas de duel entre le RN et un candidat La France insoumise le soir du 7 juillet, il ne choisirait ni l’un ni l’autre.

L’ancienne tête de liste LR aux européennes, François-Xavier Bellamy, nommé hier à la direction intérimaire du parti aux côtés d’Annie Genevard et du trésorier, Daniel Fasquelle, a jeté un nouveau pavé dans la mare de la droite ce matin sur Europe 1. Interrogé sur son choix dans l’hypothèse d’un duel au second tour opposant un candidat RN et un candidat du Nouveau Front Populaire, l’eurodéputé a déclaré qu’il « ferait barrage à la France Insoumise, en votant « bien sûr » pour le candidat du Rassemblement national.

Quelques minutes plus tard, François-Xavier Bellamy est revenu du bout des lèvres sur ses déclarations. « Ma position personnelle sur un second tour fictif n’est pas le sujet du moment. L’essentiel pour moi est ailleurs : soutenir partout dans le pays, les candidats LR, qui sont les seuls capables d’apporter à la France l’alternative dont elle a tellement besoin », a-t-il indiqué sur X

« On lui a fait comprendre que le message était malheureux

« Nous n’avons pas besoin de ce type de déclaration. La seule chose qui compte, c’est de soutenir nos candidats LR. Si nous ne sommes pas au deuxième tour, c’est simple, ce n’est ni Macron, ni le RN, ni LFI. Il a fait un correctif car on lui a fait comprendre que le message était malheureux. Il s’est fait rattraper par la patrouille », explique Dominique Estrosi Sassone, membre du bureau politique de LR et présidente de la commission des affaires économiques du Sénat.

Christine Bonfanti-Dossat, sénatrice du Lot et Garonne, membre du bureau politique, estime que « François-Xavier Bellamy s’est fait piéger par un journaliste (en l’occurrence Pascal Praud) qui a voulu le faire déraper ». « Bien sûr que nous ne voterons pas RN. Nous voterons blanc. D’où l’importance d’une loi qui prendrait en compte le vote blanc comme je l’avais proposée », rappelle-t-elle.

« Pourquoi sommes-nous les seuls à être soumis à la question ? Pourquoi ne la pose-t-on pas au Parti socialiste qui s’est allié à un parti antisémite ? Pourquoi ne pas la poser au camp Macron ? », interroge le sénateur des Pyrénées Atlantiques, Max Brisson. « Pour le reste, ma position est celle de Gérard Larcher. Nous aurons des candidats dans toutes les circonscriptions. Et nous allons faire campagne pour le premier tour avant de se poser la question de ce qu’on fera pour le second. Et j’espère ne pas être confronté à cette situation où un RN s’opposera à un LFI. La responsabilité du chef de l’Etat est immense sur ce point. Il avait prôné le en même temps. Mais c’était le en même temps des extrêmes ».

Un nouveau Bureau politique du parti se réunira ce soir pour acter l’exclusion du président de LR. Tandis que le tribunal judiciaire de Paris examinera vendredi à 11h le recours déposé par Éric Ciotti contre cette exclusion.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Législatives : Bellamy annonce vouloir voter RN contre le Front Populaire et se fait « rattraper par la patrouille »
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
9min

Politique

« Je serai le Président de l’ordre, de la justice et de la fierté française » : Bruno Retailleau se déclare candidat à la présidentielle de 2027

Le président des LR se lance dans la course pour 2027. « J’ai pris la décision d’être candidat à l’élection présidentielle » a annoncé l’ancien ministre de l’Intérieur, assurant ne pas vouloir être chef de l’Etat « par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir ». Une décision que l’ancien président du groupe LR du Sénat a « mûri » petit à petit. Mais selon ses proches, il a en réalité décidé d’y aller « il y a déjà plusieurs mois ».

Le

« Regards croisés allemand et polonais sur les grands dossiers européens »
4min

Politique

Union européenne : au Sénat, des acteurs allemands et polonais appellent à « améliorer notre capacité à se défendre sans divorcer avec les Etats-Unis »

L’année 2026 célèbre le 35e anniversaire du Triangle de Weimar, une coopération entre la France, l’Allemagne et la Pologne basée sur le renforcement du dialogue politique entre les trois pays. Pour l’occasion, la commission des affaires européennes du Sénat a invité deux représentants de think tanks allemand et polonais, ce jeudi 12 février, pour croiser leurs regards sur une actualité européenne sous tension : les offensives de Donald Trump et la montée de l’extrême-droite sur le Vieux Continent.

Le