Législatives en Eure-et-Loir : face au RN arrivé en tête, Olivier Marleix peut-il bénéficier des voix de gauche ? 

Zoom sur la deuxième circonscription d’Eure-et-Loir, où un duel oppose le sortant Olivier Marleix, jusqu’alors président du groupe LR à l’Assemblée nationale et un candidat RN presque inconnu sur le territoire. L’ex-chef de file des députés LR est arrivé 13 points derrière le candidat RN, mais peut compter maintenant sur le retrait de la candidate socialiste. Un désistement qui semble embarrasser Olivier Marleix.
Rédaction Public Sénat

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Sa campagne d’entre-deux-tours, Olivier Dubois la passe à tracter sur le parvis des gares, au petit jour. Ce patron de PME de 55 ans, encarté au RN depuis 2015, est arrivé en tête dans la 2ème circonscription de l’Eure-et-Loir, avec plus de 38 % des voix. Pas peu fier de son score, ce novice en politique, reste concentré en vue du 2nd tour.

Pour faire campagne, Olivier Dubois a surfé sur la popularité de Marine Le Pen et Jordan Bardella dont les visages occupent le recto du tract. Car dans l’Eure-et-Loir, personne ou presque ne le connaît. Lui se défend de tout parachutage. « Ce qui m’a amusé, explique le candidat RN, c’est qu’en fait, c’était pratiquement la seule critique qu’ils avaient contre moi. Je fais partie de la fédération du Rassemblement national de l’Eure-et-Loir depuis plus de deux ans, deuxièmement, j’ai travaillé à Dreux, c’est un secteur que je connais, et en plus j’ai des attaches familiales. ».

La gauche se retire et appelle à voter Marleix

Pour l’emporter, Olivier Dubois devra terrasser un baron local : le LR Olivier Marleix, arrivé 2ème près de 13 points derrière le RN. Une position délicate sauf qu’Olivier Marleix peut compter sur les voix de Nadia Faveris. La candidate Nouveau Front populaire arrivée seulement 157 voix derrière lui. Mais devant le péril RN, cette socialiste responsable du PS à Dreux, s’est immédiatement désistée au soir du 1er tour. « Même avec un petit écart, on s’est dit, troisième position, on ne prend pas de risques, explique-t-elle. Ce n’est pas un cadeau qu’on fait à Monsieur Marleix, c’est un cadeau que l’on fait à la République. »

Nadia Faveris a même clairement appelé à voter Olivier Marleix pour faire barrage au RN. Un appel qu’elle sait embarrassant pour ce ténor de la droite ayant renvoyé dos à dos l’extrême droite et le Nouveau Front Populaire. « Je peux imaginer que le fait de nous avoir traités d’extrêmes et que le fait de choisir entre le RN et nous, c’était la même chose, et que maintenant il va bénéficier de nos voix […] Je n’aimerais pas être à sa place », lâche Nadia Faveris dans un sourire, face à l’ironie de la situation.

En cet entre-deux tours, Olivier Marleix se fait donc discret. Et lorsqu’on le retrouve dans les petites rues du centre de Dreux, il semble peu enclin à vouloir tendre la main aux électeurs du Nouveau Front Populaire, dont il a pourtant besoin pour être réélu.

Olivier Marleix rejette les « combinaisons d’appareil »

Remercie-t-il la gauche de s’être retirée à son profit pour faire barrage au RN ? L’élu préfère botter en touche : « On verra si les électeurs se mobilisent ou pas, en tout cas… Moi je n’ai jamais été dans les combinaisons d’appareils ». Olivier Marleix ajoute : « Je pense que s’il y a quelque chose qu’on ne peut pas me reprocher, c’est d’avoir été dans les combinaisons un jour ou l’autre. Moi, j’ai toujours considéré que les Français étaient des gens responsables, chacun prend ses responsabilités. »

Olivier Marleix pourra toutefois compter sur des électeurs de bonne volonté. A l’image de Yannick, un habitant croisé cet après-midi-là, et qui vote traditionnellement à gauche : « Je voterai pour Monsieur Marleix parce qu’il faut faire barrage au Rassemblement national, je sais que c’est quelqu’un de pondéré, une droite que l’on aime, démocrate. »

Le duel entre Olivier Marleix et le RN promet d’être scruté le soir du 7 juillet. Malgré ses réserves de voix à gauche et issues d’Horizons, le député LR sortant, pourrait perdre une circonscription qu’il tient depuis 12 ans.

Reportage réalisé par Jonathan Dupriez et Cécile Sixou

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