Législatives : « en marche » vers la parité ?
La République en marche avait investi 50% de femmes pour les législatives. Une première. Tout comme c’est le cas pour le nombre de femmes arrivées en tête au premier tour : 248, contre 329 hommes. De bon augure pour une meilleure représentation des femmes au Palais Bourbon.

Législatives : « en marche » vers la parité ?

La République en marche avait investi 50% de femmes pour les législatives. Une première. Tout comme c’est le cas pour le nombre de femmes arrivées en tête au premier tour : 248, contre 329 hommes. De bon augure pour une meilleure représentation des femmes au Palais Bourbon.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Il y a un appel d’air, ce qui ne peut qu’être positif », se réjouit Céline Goeury, membre d’Élues locales, start-up de l’entreprenariat social dédiée à l’amélioration continue de la vie politique française. Le chemin vers la parité à l’Assemblée nationale est long. Autorisées à y siéger depuis une ordonnance du général de Gaulle datant du 21 avril 1944 - « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes » - elles ne sont encore que 155 sur les 577 députés.

Pourtant, depuis une loi de 2000, les partis politiques sont pénalisés s’ils ne respectent pas la parité. « Ce ne sont même pas des amendes », regrette Céline Goeury. Il s’agit en effet d’une baisse de leurs subventions, à hauteur de la moitié de l’écart hommes-femmes parmi les candidats. Désormais, elle s’élève à 75% de cet écart, grâce à une loi du 31 janvier 2007.

« Le fait de ne pas débourser a un côté moins impactant »

Pas de quoi dissuader certains partis, pour qui la parité n’est visiblement pas une priorité. Pour les législatives de 2017, Les Républicains ont investi 39% de candidates féminines, contre 44,2% pour le Parti socialiste, 47,4% pour la France insoumise, 49% pour le Front national et 50% pour la République en marche. La droite a toujours fait figure de mauvais élève, et cela lui a parfois coûté cher. En 2002, l’addition s’élevait à 4 millions d’euros pour l’UMP. « Le fait de ne pas débourser un euro mais d’être ponctionné sur ses subventions a un côté moins impactant », remarque Céline Goeury. Du moins lorsque les partis politiques avaient encore les moyens de payer de telles pénalités...

Le durcissement des pénalités de 2007 a tout de même permis de féminiser l’Assemblée. Alors que les femmes ne représentaient que 18,5% des élus du Palais Bourbon en 2007, ce chiffre est porté à 26,9% en 2012 (155 députées). Une évolution notable, qui plus est si on remonte aux chiffres d’avant 2000 (33 députées en 1945, 42 en 1993).

« Si on arrive à 40% de femmes à l’Assemblée ce serait historique »

Dimanche prochain, ce pourcentage pourrait atteindre jusqu’à 65,5%. Un scénario qui ne devrait cependant pas se réaliser, puisque cela impliquerait que la totalité des femmes présentes au second tour remportent les élections. « Si on arrive à 40% de femmes à l’Assemblée ce serait historique », espère Louis Maurin, à la tête de l’Observatoire des inégalités. Dans l’hypothèse où les 248 députées arrivées en tête au premier tour des législatives remportent le second tour, l’Hémicycle sera composé à 42,5% de femmes. Quasiment le double d’en 2012.

Quoi qu’il en soit, le score du premier tour est « déjà historique ».  Et inattendu : « Alors qu’on pensait atteindre l’égalité vers 2050, ce sera peut-être le cas en 2030 », estime le directeur de l’Observatoire des inégalités.

« Comme REM est un nouveau parti, l’intégration se fait plus naturellement »

Le parti d’Emmanuel Macron n’y est pas pour rien. Sur les 248 députées en tête au premier tour, 187 sont « en marche ». « Comme REM est un nouveau parti, l’intégration se fait plus naturellement », analyse Céline Goeury. Outre la promesse – tenue – de respecter strictement la parité lors des investitures pour les législatives, il semblerait que l’exécutif aimerait voir une femme au « perchoir ». Une information révélée par le Canard enchaîné.

Parmi les noms qui circulent : l’écologiste investie par REM Barbara Pompili, arrivée en tête dans la 2e circonscription de la Somme, la députée sortante Brigitte Bourguignon, ancienne socialiste désormais « en marche » et candidate à sa succession, ou encore la députée LR Laure de la Raudière, en ballottage défavorable dans la 3e circonscription de l’Eure-et-Loir. S’il admet que ce serait symboliquement positif, Louis Maurin rappelle que « l’important c’est que ce soit la personne jugée la plus compétente » qui soit élue à la tête de l’Assemblée nationale.  Il sera toutefois intéressant de voir si des femmes seront nommées à la tête des groupes parlementaires « régaliens », car excepté  aux Armées, ce ne fut pas le cas dans le gouvernement Philippe.

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives : « en marche » vers la parité ?
5min

Politique

Guerre en Iran : l’Europe victime collatérale ?

Avec la guerre en Iran, l’Europe encaisse le choc d’un conflit qu’elle n’a pas voulu mais qu’elle subit. Si les 27 sont globalement prudents dans leur réaction aux frappes américano-israéliennes, ils montrent des hésitations dans leur réponse. Une chose est sûre : les prix du pétrole et du gaz flambent et les Européens cherchent le moyen de limiter les dégâts de ce choc énergétique. Alors, comment l’Union européenne peut-elle relever le défi de cette nouvelle crise ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D) et Isabel Wiseler-Lima (Luxembourg, PPE).

Le

Second round legislative election-Dijon
11min

Politique

Municipales : les points chauds à suivre dimanche pour le premier tour

De Paris, que la gauche tente de conserver face à la droite de Rachida Dati, à Lyon, où les écologistes sont menacés par Jean-Michel Aulas, en passant par Le Havre, où Edouard Philippe joue son avenir, ou encore Nice, où Eric Ciotti et Christian Estrosi se mènent une guerre fratricide, tour d’horizons des principales villes à suivre pour le premier tour des municipales.

Le

Élections municipales 2026 : l’incertitude de l’ampleur du rebond de la participation
5min

Politique

Élections municipales 2026 : l’incertitude sur l’ampleur de la participation

Après une forte abstention lors des dernières élections municipales de 2020, le scrutin de dimanche devrait être marqué par un rebond logique de la participation. L’ampleur du retour des électeurs dans les urnes fait partie des grandes inconnues. Certains instituts rappellent que le déclin de la mobilisation est devenu structurel depuis les années 90.

Le