Législatives: la droite sans illusions
La droite aborde le premier tour des législatives sans illusions, malgré la campagne menée au pas de charge par son chef de file...

Législatives: la droite sans illusions

La droite aborde le premier tour des législatives sans illusions, malgré la campagne menée au pas de charge par son chef de file...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La droite aborde le premier tour des législatives sans illusions, malgré la campagne menée au pas de charge par son chef de file François Baroin à travers le pays, mais le tsunami annoncé par les sondages en faveur des candidats REM pourrait paradoxalement l'empêcher d'éclater.

"C'est difficile mais ce ne sont pas les sondages qui votent", a lancé M. Baroin jeudi dans la région Centre, lors d'un déplacement de campagne. "L'hiver viendra" pour En Marche, a-t-il estimé, demandant aux électeurs de "ne pas mettre leurs oeufs dans le même panier".

A Saint-Cyr-sur Loire (Indre-et-Loire), où il tenait meeting devant environ 300 personnes, le président de l'Association des maires de France a mis en garde contre la constitution "d'un parti unique", si la razzia macroniste se concrétisait, "avec le Front national" face à lui.

Selon les sondages, La République En Marche (REM) remporterait une majorité absolue à l'issue du scrutin (11 et 18 juin), ce qui devrait permettre à Emmanuel Macron de gouverner sans l'appoint d'un groupe formé par les députés LR les plus favorables à son projet.

Ces "constructeurs", comme ils se baptisent, avaient signé mi-mai l'appel initié par Thierry Solère (Hauts-de-Seine) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Paris) à accepter "la main tendue" du président, après la nomination d'Edouard Philippe, maire LR du Havre, à Matignon.

Le premier tour des législatives des Français de l'étranger a donné un avant-goût du triomphe annoncé du mouvement présidentiel, avec REM en tête dans dix des onze circonscriptions.

Les responsables LR tablent désormais, pour les plus optimistes, sur 120 à 140 députés.

A l'heure où les cartes sont brouillées, avec des candidats LR qui soutiennent le nouveau pouvoir (Pierre-Yves Bournazel à Paris...), ou des responsables LR qui soutiennent des candidats REM (Juppé, Pécresse...), Marc Le Fur (Côtes-d'Armor) pense avoir trouvé la martingale pour détourner ses électeurs d'En Marche!

"Je leur dis qu'il faut aussi quelques parlementaires d'expérience, faire entrer un peu de biodiversité à l'Assemblée. J'explique qu'un député, ça ne fait pas qu'appuyer sur le bouton, que la vie parlementaire permet le débat dans le pays", explique ce vice-président de l'Assemblée sortante.

- Congrès explosif en novembre -

Les "constructeurs", eux, pronostiquent "70 à 80" élus LR. NKM, confrontée dans sa circonscription à un candidat REM, contrairement à M. Solère, est toutefois donnée battue par un sondage.

Quel que soit le nombre d'élus LR, "il n'est pas certain qu'il y ait deux groupes de droite à l'Assemblée. Si Macron a la majorité absolue, il a moins besoin des +constructeurs+", qui seraient donc moins enclins à fonder leur propre groupe, observe un cadre LR.

Yves Jégo (UDI, Seine-et-Marne) renchérit: "Avec une majorité absolue de 400 députés", comme le projettent les sondages, "le pouvoir a-t-il encore besoin de l'appoint de la droite et du centre?"

"Une majorité trop forte, c'est une victoire à la Pyrrhus. En Marche va se transformer en citadelle assiégée", affirme-t-il à l'AFP. Selon lui, "la recomposition du paysage politique n'est donc pas certaine", la nouvelle donne pouvant "empêcher la scission des partis traditionnels. On n'est pas au bout de nos surprises".

Même si le groupe LR n'implose pas, la question du vote de la confiance au Premier ministre, début juillet, pourrait provoquer une première rupture à droite. M. Solère a déjà fait savoir qu'il la voterait. Franck Riester (Seine-et-Marne) aussi, "si le projet reste conforme à ce que dit Macron".

Au contraire, un autre élu LR est certain que "la majorité du groupe ne votera pas la confiance au gouvernement".

Les vrais clivages éclateront probablement lors du congrès des Républicains prévu début novembre. Deux lignes se dessinent déjà: celle de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenant d'"une droite qui s'assume" et conservatrice sur les questions de société, une autre, plus "centrale", qui pourrait être incarnée par Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France. L'un et l'autre devraient briguer la présidence du parti.

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives: la droite sans illusions
8min

Politique

François-Xavier Bellamy : "Rétablir [des relations normales] avec le régime de Poutine serait une forme de trahison"

Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.

Le

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le