Législatives: la droite sans illusions
La droite aborde le premier tour des législatives sans illusions, malgré la campagne menée au pas de charge par son chef de file...

Législatives: la droite sans illusions

La droite aborde le premier tour des législatives sans illusions, malgré la campagne menée au pas de charge par son chef de file...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

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La droite aborde le premier tour des législatives sans illusions, malgré la campagne menée au pas de charge par son chef de file François Baroin à travers le pays, mais le tsunami annoncé par les sondages en faveur des candidats REM pourrait paradoxalement l'empêcher d'éclater.

"C'est difficile mais ce ne sont pas les sondages qui votent", a lancé M. Baroin jeudi dans la région Centre, lors d'un déplacement de campagne. "L'hiver viendra" pour En Marche, a-t-il estimé, demandant aux électeurs de "ne pas mettre leurs oeufs dans le même panier".

A Saint-Cyr-sur Loire (Indre-et-Loire), où il tenait meeting devant environ 300 personnes, le président de l'Association des maires de France a mis en garde contre la constitution "d'un parti unique", si la razzia macroniste se concrétisait, "avec le Front national" face à lui.

Selon les sondages, La République En Marche (REM) remporterait une majorité absolue à l'issue du scrutin (11 et 18 juin), ce qui devrait permettre à Emmanuel Macron de gouverner sans l'appoint d'un groupe formé par les députés LR les plus favorables à son projet.

Ces "constructeurs", comme ils se baptisent, avaient signé mi-mai l'appel initié par Thierry Solère (Hauts-de-Seine) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Paris) à accepter "la main tendue" du président, après la nomination d'Edouard Philippe, maire LR du Havre, à Matignon.

Le premier tour des législatives des Français de l'étranger a donné un avant-goût du triomphe annoncé du mouvement présidentiel, avec REM en tête dans dix des onze circonscriptions.

Les responsables LR tablent désormais, pour les plus optimistes, sur 120 à 140 députés.

A l'heure où les cartes sont brouillées, avec des candidats LR qui soutiennent le nouveau pouvoir (Pierre-Yves Bournazel à Paris...), ou des responsables LR qui soutiennent des candidats REM (Juppé, Pécresse...), Marc Le Fur (Côtes-d'Armor) pense avoir trouvé la martingale pour détourner ses électeurs d'En Marche!

"Je leur dis qu'il faut aussi quelques parlementaires d'expérience, faire entrer un peu de biodiversité à l'Assemblée. J'explique qu'un député, ça ne fait pas qu'appuyer sur le bouton, que la vie parlementaire permet le débat dans le pays", explique ce vice-président de l'Assemblée sortante.

- Congrès explosif en novembre -

Les "constructeurs", eux, pronostiquent "70 à 80" élus LR. NKM, confrontée dans sa circonscription à un candidat REM, contrairement à M. Solère, est toutefois donnée battue par un sondage.

Quel que soit le nombre d'élus LR, "il n'est pas certain qu'il y ait deux groupes de droite à l'Assemblée. Si Macron a la majorité absolue, il a moins besoin des +constructeurs+", qui seraient donc moins enclins à fonder leur propre groupe, observe un cadre LR.

Yves Jégo (UDI, Seine-et-Marne) renchérit: "Avec une majorité absolue de 400 députés", comme le projettent les sondages, "le pouvoir a-t-il encore besoin de l'appoint de la droite et du centre?"

"Une majorité trop forte, c'est une victoire à la Pyrrhus. En Marche va se transformer en citadelle assiégée", affirme-t-il à l'AFP. Selon lui, "la recomposition du paysage politique n'est donc pas certaine", la nouvelle donne pouvant "empêcher la scission des partis traditionnels. On n'est pas au bout de nos surprises".

Même si le groupe LR n'implose pas, la question du vote de la confiance au Premier ministre, début juillet, pourrait provoquer une première rupture à droite. M. Solère a déjà fait savoir qu'il la voterait. Franck Riester (Seine-et-Marne) aussi, "si le projet reste conforme à ce que dit Macron".

Au contraire, un autre élu LR est certain que "la majorité du groupe ne votera pas la confiance au gouvernement".

Les vrais clivages éclateront probablement lors du congrès des Républicains prévu début novembre. Deux lignes se dessinent déjà: celle de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenant d'"une droite qui s'assume" et conservatrice sur les questions de société, une autre, plus "centrale", qui pourrait être incarnée par Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France. L'un et l'autre devraient briguer la présidence du parti.

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