Législatives: la République en marche attend sereinement la vague
La République en Marche semble s'acheminer vers une très large victoire aux élections législatives, malgré le déficit de notoriété de ses...

Législatives: la République en marche attend sereinement la vague

La République en Marche semble s'acheminer vers une très large victoire aux élections législatives, malgré le déficit de notoriété de ses...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La République en Marche semble s'acheminer vers une très large victoire aux élections législatives, malgré le déficit de notoriété de ses candidats, qui bénéficient de l'élan de la victoire d'Emmanuel Macron et de ses premiers pas sans fausse note rédhibitoire.

La vague qui se dessine à quatre jours du premier tour paraît tellement colossale que même dans le camp de M. Macron, on pense à l'écrêter.

"Je suis prudent. Les 48-72 dernières heures peuvent modifier la donne. Il est possible que les Français corrigent un peu ça", glisse un ministre.

Faire entrer quelque 400 députés à l'Assemblée, "ça paraît énorme, même 300 ce serait déjà conséquent", commente Arnaud Leroy, porte-parole de la REM et "un peu surpris par les projections des sondages"

"Mais comme elles se confirment jour après jour", relève-t-il, conforté, dit-il par les mines déconfites de ses adversaires LR et PS. "Je me dis qu'ils doivent aussi avoir des sondages internes", souligne-t-il.

Elections législatives, mode d'emploi
Une affiche du président français Emmanuel Macron pour la campagne des législatives à Angers, dans l'ouest de la France, le 7 juin 2017
AFP

Cette mainmise annoncée des députés macronistes sur l'hémicycle fait même brandir la menace d'un "parti unique". Employant ce nouvel élément de langage des rivaux de M. Macron, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a ainsi jugé qu'il n'était "pas facile d'expliquer qu'on n'élit pas un empereur".

"C'est Bonaparte 1er consul, après une campagne d’Italie éclair", s'extasie en écho l'ancien ministre Renaud Dutreil, qui fut le premier soutien de droite de M. Macron.

Cette razzia s'effectuerait effectivement en un temps restreint puisque l'essentiel des 529 candidats de la REM ont été investis après le second tour de l'élection présidentielle et ont labouré le terrain trois semaines seulement. Et en ne comptant que 28 parlementaires sortants seulement dans leurs rangs, signe de l'exigence de renouvellement fixée par M. Macron, les postulants de la REM ont aussi dû se faire connaître des électeurs, à grand renfort d'affiches les faisant poser aux côtés du chef de l'Etat.

"Pour tous, il y a un déficit de notoriété", souligne Pierre Person, qui se présente dans la 6e circonscription de Paris, notamment face à Cécile Duflot. "En plus j'ai 28 ans, je suis jeune, je pensais que ce serait un handicap. Mais les gens sont convaincus qu'il faut donner une chance à Emmanuel Macron de réussir, qu'il lui faut une majorité large pour gouverner efficacement", insiste-t-il.

- "Les seuls électeurs motivés" -

Candidat face à Nathalie Kosciusko-Morizet dans la 2e circonscription de Paris, Gilles Le Gendre sent lui aussi "élan très porteur et très positif".

Des partisans de la République en marche en campagne à Nice, le 3 juin 2017
Des partisans de la République en marche en campagne à Nice, le 3 juin 2017
AFP/Archives

"Beaucoup d'électeurs me disent: +on sait parfaitement que si le chef de l'Etat n'a pas une majorité forte, on va retomber dans l’immobilisme, les petites histoires, les majorités à dimension variable, les oppositions dites constructives mais qui ne sont jamais que des oppositions+", relève-t-il.

"Et les gens sont extrêmement satisfaits du début de présidence. Ils ont retrouvé une forme de fierté au niveau international", abonde Jeanne Dromard, candidate dans la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis, un territoire historiquement ancré à gauche mais où la REM est "partout optimiste", dixit le référent départemental Alexandre Aidara.

"Ici, les premiers pas d'Emmanuel Macron ont rassuré et le climat est très bon", affirme celui qui se présente dans la 6e circonscription face à la socialiste Elisabeth Guigou.

Et l'affaire touchant le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand n'a rencontré que peu d'écho sur le terrain, jurent de conserve les candidats interrogés.

Néanmoins, malgré un important travail de filtrage en amont, la REM doit faire face à une série d'attaques contre ses candidats, sur leur probité ou des propos polémiques. Le Parti socialiste a ainsi appelé jeudi le parti à "retirer immédiatement" l'investiture aux candidats "mis en cause publiquement", une petite dizaine au total.

Soigneusement tutorés, les novices de la REM comptent en tout cas faire la différence par leur activisme, galvanisés par la perspective d'un siège de député à portée de main.

"Une élection c'est d'abord une question de motivation des électeurs. Les seuls électeurs que je vois motivés aujourd'hui sur le terrain", sont ceux derrière Macron, note ainsi Renaud Dutreil.

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Législatives: la République en marche attend sereinement la vague
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le