Sébastien Chenu, l'un des porte-parole de la campagne FN des législatives, s'en est pris lundi aux "pratiques" des "donneurs de leçons" de "la République en marche" (REM), le parti du président d'Emmanuel Macron.
"On a des gens qui nous ont donné des leçons (...) pendant des mois, des années, et qui finalement ont des pratiques qui sont pas identiques mais bien pires, puisqu'ils présentent des candidats inéligibles, qui ont des difficultés avec la justice", a affirmé M. Chenu lors d'une conférence de presse au siège du parti de Marine Le Pen à Nanterre.
"+En Marche!+ en est au 3e candidat --dans des circonscriptions de premier plan tout à fait prenables -- qui ne respecte pas la fameuse charte", dit-il.
"Il y avait M. Ferrand, on va pas y revenir, il y a un rebondissement presque tous les jours", a-t-il dit au sujet du ministre de la Cohésion des territoires, mis en cause pour une transaction immobilière impliquant sa compagne.
"Il y a eu hier M. Tourret qui utilisait son indemnité de frais de mandat pour partir en vacances et s'acheter des télévisions et faire un peu de tourisme", a-t-il déclaré au sujet du député PRG sortant du Calvados investi par REM et épinglé par Mediapart pour avoir utilisé son indemnité de frais de mandat à des fins "personnelles".
"Aujourd'hui", a poursuivi M. Chenu, "il y a monsieur Cabané (ndlr: Pierre Cabaré) qui lui-même a déjà été condamné pour inéligibilité mais qui est candidat +En Marche!+".
Son investiture a été suspendue dimanche soir, REM affirmant n'avoir pas eu connaissance de son inéligibilité, remontant à 2003.
"Il va falloir que la campagne se termine assez vite parce qu'à ce rythme-là...", a dit M. Chenu. Il a ironisé à propos de la "neutralité absolue" des candidats PS, qui s'abstiendraient de faire figurer le logo de leur parti sur les affiches de campagne.
Le FN a suspendu une candidate dans les Côtes d'Armor qui avait tenu des propos homophobes et islamophobes sur les réseaux sociaux. Plusieurs de ses candidats ont été épinglés par la presse pour des propos passés comparables.
Lors de précédentes élections, le parti a été amené à plusieurs reprises à suspendre ou exclure des candidats ayant tenu des propos racistes ou homophobes. Seize exclusions ont ainsi été prononcées pour des propos de cette teneur à l'issue des départementales de 2015.