Législatives : le patron du Medef « n’a pas compris l’objectif du RN » sur la réforme des retraites

Après avoir entendu les principaux représentants des partis présenter leur programme économique, le patron du Medef est « resté sur sa faim » et n’a pas été rassuré par les mesures économiques du RN et du Nouveau Front Populaire.
Rédaction Public Sénat

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« Je reste sur l’analyse que j’ai exprimée ». A la fin du grand oral des représentants des principales forces politiques devant les organisations patronales, le président du Medef « est resté sur sa faim ». Avant de les entendre, Patrick Martin avait exprimé de fortes inquiétudes sur les programmes du RN et du Nouveau Front Populaire, deux forces politiques en tête dans les sondages des législatives anticipées. « Pour le Rassemblement national, il y a quand même des ambiguïtés sur le chiffrage. Du côté du Front Populaire, il y a ce pari qui n’a jamais marché, celui de la relance par la consommation. En 81, il y a eu le virage de la rigueur derrière », a-t-il déclaré devant la presse tout en s’empressant de préciser que « l’enjeu n’était pas de distribuer les bons et les mauvais points, mais d’amener les différentes formations politiques à se positionner par rapport aux attentes des entreprises ».

Jordan Bardella, le président du RN s’était présenté pour la première fois publiquement aux côtés de son nouvel allié, Éric Ciotti. La présence de l’ancien patron des Républicains n’aura pas permis de gommer les doutes des organisations patronales. « J’ai bien entendu Éric Ciotti dire qu’il était libéral. Je n’ai pas compris jusque-là que le corps de doctrine du RN était libéral, c’est une doctrine de tout temps, dirigiste. Donc de ce point de vue, je reste sur ma faim ». Sur la réforme des retraites, Jordan Bardella a répété sa volonté de vouloir abaisser l’âge légal de départ à 60 ans pour les salariés qui ont commencé à travailler avant 20 ans, et qui ont cotisé durant 40 ans. « Au-delà, il y a une progressivité, et c’est normal qu’il y ait une progressivité. Cette progressivité sera aussi déterminée par les marges de manœuvre budgétaires qui me seront données par l’audit [des finances publiques] », a-t-il exposé. « Je n’ai pas compris quel était l’objectif, quel était le calendrier », a avoué Patrick Martin qui s’est laissé aller à citer Martine Aubry, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ».

Quant à la proposition du Nouveau Front Populaire d’augmenter le Smic, à 1 600 euros. « C’est aberrant, car bon nombre d’entreprises sont économiquement dans l’incapacité de le faire et à la fin des fins il y a un marché […] On sait que la compétitivité salariale française n’est pas bonne à ce jour, elle se dégraderait donc » […] Si l’on veut précipiter la faillite d’entreprises, allons-y gaiement », a-t-il dénoncé.

 

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