Législatives : le torchon brûle entre la France Insoumise et les communistes
Devant la difficulté de trouver un accord pour se rassembler en vue des législatives, les relations entre France insoumise (FI) et le PCF n’étaient pas au beau fixe. Désormais, la rupture semble être consommée.  Au nom de la France insoumise, Manuel Bompard vient de publier un communiqué de « mise au point ». Il y est même question de poursuites judiciaires à l’encontre de certains candidats communistes.

Législatives : le torchon brûle entre la France Insoumise et les communistes

Devant la difficulté de trouver un accord pour se rassembler en vue des législatives, les relations entre France insoumise (FI) et le PCF n’étaient pas au beau fixe. Désormais, la rupture semble être consommée.  Au nom de la France insoumise, Manuel Bompard vient de publier un communiqué de « mise au point ». Il y est même question de poursuites judiciaires à l’encontre de certains candidats communistes.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Le PCF cherche à semer la confusion chez les électeurs qui ont voté pour le candidat de La France insoumise en faisant croire que les candidats du PCF aux législatives ont le soutien de Jean-Luc Mélenchon » peut-on lire dans le communiqué signé par le directeur de campagne du leader de la France insoumise, Manuel Bompard. Il y est également écrit que des poursuites judiciaires seront engagées à leur encontre « pour faire cesser cette situation ».

communique_france_insoumise.jpg

« On ne s’y attendait pas. Je savais que les discussions étaient difficiles mais qu’on invoque la justice c’est inimaginable », a réagi peu après le sénateur communiste Eric Bocquet. Entre France insoumise et le PCF, la situation est particulièrement tendue depuis la défaite de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle. Dans les jours qui ont suivi, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, se désolait que le candidat déchu ne réponde pas à ses appels et insistait sur la nécessité de se rassembler en vue des législatives des 11 et 18 juin prochains. L’enjeu est clair : créer une majorité de gauche pour résister à la politique du Président nouvellement élu.

« On a joué le jeu, maintenant il faut parler »

Cette volonté de rassemblement, le secrétaire national du PCF l’a réitérée mardi dernier dans une tribune publiée sur Médiapart. Il proposait notamment de créer une bannière commune, « la force du peuple à l’Assemblée nationale, afin de présenter dans chaque circonscription la candidature la plus susceptible de remporter l’élection. Eric Bocquet valide cette logique : « Là où le PCF a un candidat sortant ou une situation favorable on nous laisse y aller et là ou la France insoumise est mieux placée on se retire. »

Dans une lettre envoyée hier à Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent semblait déjà envisager l’impossibilité d’un accord sur le rassemblement qu’il propose. Il s’est dit prêt à examiner la proposition - bien que « trop limitée » - du leader de la France Insoumise que chaque force se retire dans 30 circonscriptions. Mais du côté d’Eric Bocquet, l’espoir est de mise : « On ne renoncera jamais à l’union. » Pour lui, c’est avant tout une « question de respect » : « On a contribué au résultat de Mélenchon. On a joué le jeu. Maintenant il faut parler. »

« Tout sera sous la bannière de France Insoumise, ce n’est pas acceptable »

Mardi soir, le dialogue avait pourtant été engagé entre les deux partis, au siège du PCF. Mais la réunion s’est soldée par un échec. « Comment créer les conditions d’un rassemblement si on demande à l’un des deux partenaires d’avaler son chapeau ? » s’insurge le sénateur.  Il poursuit : « On demande au PCF de se soumettre à la France insoumise. Tout sera sous la bannière de FI, ce n’est pas acceptable! »

Eric Bocquet juge tout aussi inacceptable les propos tenus ce matin par Alexis Corbière. Dans Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio, le porte-parole de la France Insoumise s’est adressé au PCF : « Les communistes devraient nous aider au lieu de nous mettre des candidats dans les pattes! » Le sénateur tient donc à faire une mise au point : « J’avais cru comprendre que c’était l’inverse. Dans mon département du Nord, on a vu surgir des candidats de la France Insoumise alors qu’on avait des candidats sortants. Ce n’est pas nous qui entravons les candidats de FI! » A un peu plus d’un mois du premier tour des législatives, le « rassemblement des forces » qu’appelle le PCF de ses vœux semble compromis. «  Nous sommes dans l'urgence », précisait dans sa lettre d’hier Pierre Laurent. De son côté, Eric Bocquet insiste : « On ne peut que les aider ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le