Législatives: Macron laisse la porte ouverte à des ténors mais fâche Bayrou
Emmanuel Macron a pour l'instant ménagé des ténors de droite et de gauche en n'investissant jeudi aucun candidat pour les législatives dans...

Législatives: Macron laisse la porte ouverte à des ténors mais fâche Bayrou

Emmanuel Macron a pour l'instant ménagé des ténors de droite et de gauche en n'investissant jeudi aucun candidat pour les législatives dans...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT, Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a pour l'instant ménagé des ténors de droite et de gauche en n'investissant jeudi aucun candidat pour les législatives dans quelque 150 circonscriptions, mais a fortement contrarié son allié François Bayrou qui espérait davantage de candidatures MoDem.

Après avoir adopté une ligne dure en promettant d'aligner un représentant dans chacune des 577 circonscriptions, le nouveau président de la République a temporisé jeudi en ne dévoilant que 428 noms, à huit jours de la fin du dépôt légal des candidatures.

C'est évidemment la lecture en creux de cette liste qui a focalisé l'attention et notamment les blancs laissés face à des responsables LR comme Bruno Le Maire, ou l'ancien Premier ministre Manuel Valls, façon de laisser la porte ouverte dans le premier cas et de faire un compromis dans le second.

Mais le président du MoDem François Bayrou a fait une toute autre analyse de cette liste et prévenu qu'elle n'avait pas "l'assentiment" de son parti, qui avait conclu un accord avec En marche ! dont les termes n'ont pas été rendus publics.

"Je convoque le bureau politique du MoDem demain (vendredi) soir en souhaitant que dans les heures qui viennent, un mouvement de raison permette des investitures communes dans toutes les circonscriptions comme Emmanuel Macron et moi en sommes convenus depuis le premier jour de notre entente", a-t-il déclaré à l'AFP.

Des proches du président élu ont tenté de déminer ces critiques. "Ce qu'il se passe c'est qu'il considère qu'il n'a pas été assez servi, c'est tout", a expliqué un premier, pour qui "Bayrou est un homme politique madré, il veut faire monter les enchères".

"Plusieurs dizaines de MoDem ont été retenus et dans des circos gagnables", relève un second. "Mais il peut arriver qu'il y a des gens auxquels il tenait et qui n'y sont pas...".

Le secrétaire général de La République en Marche !, Richard Ferrand, a assuré qu'il pourrait y avoir des places dans les 150 circonscriptions restantes.

Outre cette première anicroche avec un allié majeur, la liste comportait pas moins de dix erreurs, corrigées dans la soirée, dont certaines ont fait du bruit, comme celles concernant Mourad Boudjellal, président du Rugby club toulonnais, qui n'a pas été investi contrairement à ce qui a été annoncé.

Pour Manuel Valls, qui avait annoncé briguer l'investiture La République En marche ! cette semaine, le parti du président élu a trouvé une forme de compromis.

Le député PS de l'Essonne n'a certes pas rempli les critères requis ayant "déjà fait trois mandats de parlementaire", mais, a expliqué M. Ferrand, le parti ne veut "pas donner l'impression d'humilier" l'ancien premier ministre et ne lui opposera pas de candidat.

- "Recyclage" -

Le secrétaire général de La République en marche Richard Ferrand, le 11 mai 2017 à Paris
Le secrétaire général de La République en marche Richard Ferrand, le 11 mai 2017 à Paris
POOL/AFP

Le sort des 148 autres circonscriptions vacantes devrait être réglé avant mercredi prochain, a ajouté M. Ferrand en affirmant que le parti souhaitait que "puisse être maintenu vivant un espace permettant la recomposition du paysage politique".

En clair, il s'agit de laisser une option aux parlementaires PS et LR jugés compatibles avec le projet de M. Macron, qui cherche une majorité à l'Assemblée nationale pour faire passer ses réformes.

A gauche, ni Stéphane Le Foll, ni Jean-Marie Le Guen, ni Marisol Touraine ou Myriam El Khomri n'ont ainsi pour l'heure l'identité de leur adversaire.

A droite, où certains "ont besoin d'un signal", selon un proche de M. Macron, Nathalie Kosciusko-Morizet, Thierry Solère, le juppéiste Gilles Boyer ou encore Franck Riester sont dans le même cas.

Un premier pas avant ce qui sera "le vrai signal", selon un soutien de droite du nouveau chef de l'Etat : l'annonce en début de semaine de la composition du gouvernement, qui devrait comporter des ministres de droite.

En attendant, La République en marche ! préfère mettre en avant ses promesses tenues en matière de renouvellement et de parité pour les 428 investis.

On y retrouve pêle-mêle le conseiller communication de François Hollande Gaspard Gantzer (Ille-et-Vilaine), le mathématicien Cédric Villani (Essonne) ou encore la torera Marie Sara (Gard).

Parmi les impétrants, il y a 214 femmes et autant d'hommes. Aussi, "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a relevé M. Ferrand.

Une vingtaine de députés sortant, la plupart socialistes, ont tout de même été investis.

Une brèche dans laquelle le chef de file LR pour les législatives François Baroin s'est engouffré pour dénoncer "une opération de recyclage du Parti socialiste en déshérence".

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives: Macron laisse la porte ouverte à des ténors mais fâche Bayrou
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
9min

Politique

« Je serai le Président de l’ordre, de la justice et de la fierté française » : Bruno Retailleau se déclare candidat à la présidentielle de 2027

Le président des LR se lance dans la course pour 2027. « J’ai pris la décision d’être candidat à l’élection présidentielle » a annoncé l’ancien ministre de l’Intérieur, assurant ne pas vouloir être chef de l’Etat « par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir ». Une décision que l’ancien président du groupe LR du Sénat a « mûri » petit à petit. Mais selon ses proches, il a en réalité décidé d’y aller « il y a déjà plusieurs mois ».

Le

« Regards croisés allemand et polonais sur les grands dossiers européens »
4min

Politique

Union européenne : au Sénat, des acteurs allemands et polonais appellent à « améliorer notre capacité à se défendre sans divorcer avec les Etats-Unis »

L’année 2026 célèbre le 35e anniversaire du Triangle de Weimar, une coopération entre la France, l’Allemagne et la Pologne basée sur le renforcement du dialogue politique entre les trois pays. Pour l’occasion, la commission des affaires européennes du Sénat a invité deux représentants de think tanks allemand et polonais, ce jeudi 12 février, pour croiser leurs regards sur une actualité européenne sous tension : les offensives de Donald Trump et la montée de l’extrême-droite sur le Vieux Continent.

Le