Paris : Jordan Bardella and Marine Le Pen at Matignon
Crédits : Gabrielle CEZARD/SIPA

Législatives : Marine Le Pen prête à « défendre » le retour de la proportionnelle intégrale de 1986

La présidente du groupe RN de l’Assemblée nationale, Marine le Pen et le président du parti, Jordan Bardella ont entamé le cycle de consultations à Matignon sur le scrutin proportionnel aux législatives. A la sortie, Marine le Pen a indiqué que le Premier ministre penchait pour un retour du mode de scrutin de 1986, « c’est-à-dire la proportionnelle intégrale par département ».
Simon Barbarit

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Manière d’envoyer un gage au RN qui le menace toujours de censure, François Bayrou a réservé la primeur des consultations des forces politiques sur le scrutin proportionnel aux législatives, à Marine Le Pen et Jordan Bardella. Une réforme que le parti à la flamme appelle de longue date, aux législatives de 1986, la proportionnelle avait permis à 35 députés FN de faire leur entrée au Palais Bourbon.

« Chaque Français doit pouvoir être représenté à l’Assemblée nationale » […] « La proportionnelle est un élément de réparation de la confiance des Français envers leurs représentants », a-t-elle estimé à la sortie de son entretien avec le Premier ministre. La présidente du groupe RN de l’Assemblée nationale a rappelé sa préférence pour une proportionnelle dans la circonscription du département avec l’établissement d’une prime majoritaire pour la liste arrivée en tête. C’est-à-dire que la liste arrivée première bénéfice d’un bonus, lui assurant la majorité.

« La proportionnelle de 86, un moindre mal »

« Il nous apparaît que le département est la circonscription de liste qui permet de mettre en œuvre la proportionnelle et de conserver l’encrage des députés dans les territoires […] Un troisième critère conjoncturel doit être pensé, c’est celui d’une potentielle prime […] puisque l’objectif doit être, dans cette vie politique polarisée, de pouvoir permettre l’émergence d’une majorité à l’Assemblée nationale », a-t-elle exposée, reconnaissant qu’il y avait sur ce point « un désaccord avec le Premier ministre ». « La proportionnelle de 86, c’est-à-dire la proportionnelle intégrale par département, nous paraît être un moindre mal par rapport à un système majoritaire », a-t-elle ajouté, précisant que « c’est sur ce mode de scrutin de 1986 que l’Assemblée sera saisie ». « Si c’est sur celui-là que l’on retombe, le Rassemblement national le défendra ».

La députée a appelé les autres formations politiques à se prononcer. « Il serait intéressant de voir si des mouvements politiques qui ont toujours défendu la proportionnelle persistent à la défendre ou si, en fonction de petits calculs politiciens personnels, ils changent d’avis en fonction de leurs intérêts. Ce n’est pas notre cas », a-t-elle fait valoir. Elle a par ailleurs indiqué qu’elle souhaitait que cette réforme soit examinée au Parlement « avant » la coupure de l’été.

Marine Le Pen met au défi Renaissance de « contredire » Emmanuel Macron

Parmi les partis politiques opposés à la réforme, arrivent en tête Les Républicains. Dans le cadre de la campagne pour la présidence du parti, le chef de file des députés LR, Laurent Wauquiez a tenté de pousser à la faute ce week-end son rival Bruno Retailleau, lui demandant de « s’opposer à cette volonté de François Bayrou et imposer au premier ministre l’abandon » de la réforme du mode de scrutin.

Le président du groupe macroniste et du parti Renaissance Gabriel Attal, accompagné par le député Pierre Cazeneuve, qui a mené une analyse comparative des différents modes de scrutin, sera reçu le 1er mai à Matignon. Les députés Renaissance ne semblent plus tellement emballés par la réforme, considérant désormais que le mode de scrutin actuel est « le moins pire ». « Emmanuel Macron a, à de multiples reprises, promis cette proportionnelle. Je n’ose imaginer que son mouvement puisse le contredire sur un sujet aussi important que celui-là », a mis au défi Marine Le Pen.

 

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