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French President Emmanuel Macron gestures toward Senegalese President Bassirou Diomaye Faye at the Elysee Palace after a lunch, in Paris, Thursday June 20 2024. (Andre Pain, Pool via AP)/PAR156/24172516600281/POOL PHOTO/2406201625

Législatives : pour Emmanuel Macron, le résultat des élections ne sera « la faute de personne »

Invité exceptionnel du podcast « Génération Do It Yourself » (« Faites-le vous-même), le chef de l’Etat est revenu sur sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale. « Beaucoup m’en veulent », a-t-il reconnu, estimant cependant avoir « confiance dans le peuple ».
Alexis Graillot

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Qui a dit que le président de la République se mettait en retrait de la campagne des législatives ? Alors que plusieurs cadres de la majorité ont ouvertement demandé à Emmanuel Macron d’intervenir le moins possible d’ici dimanche, le chef de l’Etat semble bel et bien en faire fi.

Entre sa « lettre aux Français » publiée ce dimanche soir, ou son interview « surprise » de près de deux heures dans le podcast de l’entrepreneur Matthieu Stefani, le locataire de l’Elysée est plus que jamais sur tous les fronts.

« Ce n’est pas un pari, c’est une confiance »

Dans cet extrait d’à peine une minute, Emmanuel Macron déclare avoir « conscience » des dégâts que la dissolution a engendrés, même au sein de son camp : « Je sais ce que j’ai demandé à mes ministres, ma majorité », reconnaît-il, avant d’ajouter : « C’est très dur, j’en ai conscience, et beaucoup m’en veulent ».

Le chef de l’Etat tient cependant à justifier le choix d’avoir déclenché l’article 12 de la Constitution, « une grenade dégoupillée dans les jambes » selon ses propres dires, d’après nos confrères du Monde. « Il n’y a rien de plus juste et de plus grand dans la démocratie que la confiance dans le peuple », défend-il, accusant à demi-mot ses prédécesseurs de ne pas avoir respecté le vote des Français : « Les Français ont eu le sentiment en 2005 qu’ils votaient contre l’Europe et qu’on leur avait imposé l’Europe par une voie parlementaire, deux ans plus tard ». Le référendum de 2005 portant projet d’une constitution européenne avait été en effet largement rejeté par les électeurs à plus de 55 %, avant que celui-ci ne soit finalement entériné par le Parlement, après l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy.

En agissant de cette manière, le président de la République semble vouloir évacuer les fantômes du passé : « On vit avec des traumatismes dans les 20 dernières années de notre histoire », souligne-t-il, tout en expliquant que « la colère ne peut pas monter par les coulisses ». « La question, c’est qui gouverne. Je l’ai entendue, je vous redonne la parole. Qu’est-ce que vous voulez ? », demande-t-il, avant d’exhorter : « Regardez les projets ! ».

Une façon pour le chef de l’Etat de mettre les Français face à leurs responsabilités, quels que soient les résultats de leurs votes : « Ce ne sera la faute de personne le soir du 2e tour, ce sera la responsabilité des Français », estime-t-il, avant de conclure : « Ce n’est pas un pari, c’est une confiance ».

« Je ne pense pas qu’il y ait de guerre sur notre sol, ni qu’on aille s’engager sur le sol ukrainien »

Dans un second extrait, qui dure un peu plus de trois minutes, Emmanuel Macron a été interrogé sur les moments les plus durs qu’il a vécus en tant que chef de l’Etat, après sept ans d’exercice du pouvoir. « Pendant l’épidémie », répond-il, après quelques secondes de silence. « Des décisions très dures ont dû être prises pour protéger, qu’il s’agisse de fermer ou d’ouvrir », explique-t-il, prenant l’exemple de la réouverture des écoles, le 11 mai 2020 : « J’étais convaincu qu’il fallait le faire pour protéger les enfants », ajoute-t-il, faisant état de la « détresse des familles d’enfants qui ne mangeaient plus correctement », même s’il reconnaît qu’ « il n’y avait pas de consensus » sur cette question. « Ça a été dur », concède-t-il.

Autre moment difficile pour le président de la République en exercice, l’envoi de soldats français pour lutter contre le terrorisme : « Quand vous engagez la vie de nos soldats directement, ce sont les moments les plus solennels, les plus durs », détaille-t-il.

Enfin, invité à réagir sur la crainte d’un auditeur du podcast de voir la guerre arriver sur le sol français, consécutivement au conflit russo-ukrainien, Emmanuel Macron s’est montré rassurant sur l’envoi de troupes françaises en Ukraine, quelques mois après avoir défrayé la chronique, lorsqu’il avait affirmé « ne pas exclure » cette possibilité. « Je ne pense pas qu’il y ait de guerre sur notre sol, ni qu’on aille s’engager sur le sol ukrainien », assure-t-il, tout en ajoutant : « Ce qu’il se joue en Ukraine, qui est à 1500 kilomètres de nos frontières, c’est l’avenir de l’Europe et de notre sécurité ». Avant de montrer ses inquiétudes vis-à-vis des désirs impérialistes de la Russie : « Si on ne fait pas ce qu’on est en train de faire collectivement, on laisse la loi du plus fort se faire. Il n’y a aucune raison que la Russie s’arrête là. Aucune », déclare Emmanuel Macron d’un ton solennel.

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