Législatives : pourquoi une forte abstention au premier tour aurait de grandes conséquences sur le second
Il faut atteindre le seuil de 12,5 % des inscrits pour pouvoir se maintenir au second tour des élections législatives. Avec une abstention à 50 %, un candidat arrivé troisième doit donc faire un score de 25 % pour se maintenir. Une situation favorable à la NUPES et à la majorité présidentielle.

Législatives : pourquoi une forte abstention au premier tour aurait de grandes conséquences sur le second

Il faut atteindre le seuil de 12,5 % des inscrits pour pouvoir se maintenir au second tour des élections législatives. Avec une abstention à 50 %, un candidat arrivé troisième doit donc faire un score de 25 % pour se maintenir. Une situation favorable à la NUPES et à la majorité présidentielle.
François Vignal

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’abstention sera un enjeu à double titre, dimanche, pour le premier tour des législatives. Au-delà de la question démocratique essentielle, et du désintérêt croissant et répété pour les Français pour les élections, le niveau de l’abstention aura une conséquence très concrète, liée au mode de scrutin.

Les élections législatives se font au scrutin majoritaire uninominal à deux tours. Pour être élu au premier tour, il faut faire 50 % des voix et un nombre de voix au moins égal à 25 % du nombre des électeurs inscrits.

Très peu de triangulaires

Si aucun candidat n’est élu au premier tour, les deux candidats arrivés en tête sont qualifiés pour le second. D’autres candidats peuvent aussi se qualifier, à condition d’avoir atteint le seuil de 12,5 % des inscrits. C’est là le point essentiel et où le niveau d’abstention entre en jeu.

Selon les sondages, elle pourrait atteindre voire dépasser les 50 %, comme c’était déjà le cas en 2017. Or avec seulement un électeur sur deux qui se déplacerait, il faut que le candidat arrivé troisième fasse un score d’au moins 25 % (soit le double de 12,5 %) pour pouvoir se maintenir au second tour. C’est énorme. A ce niveau, peu de candidats classés troisième, et encore moins en quatrième place, devraient atteindre la barre de 12,5 % des inscrits. Il devrait y avoir donc très peu de triangulaires et encore moins de quadrangulaires. En 2017, une seule circonscription avait une triangulaire, contre 34 en 2012. Or une triangulaire change complètement la physionomie d’un second tour.

L’abstention favoriserait la NUPES et Ensemble pour le maintien au second tour

Une situation qui favorise les candidats qui réalisent les scores les plus hauts au premier tour. C’est pourquoi l’accord conclu à gauche, entre LFI, EELV, le PS et le PCF, qui partent unis sous la bannière de la NUPES, pourrait être gagnant dans de nombreuses circonscriptions, à l’inverse d’une gauche qui serait désunie et plus faible.

Même avantage pour les candidats de la majorité présidentielle, qui partent unis avec Ensemble !, la confédération qui rassemble Renaissance (nouveau nom de LREM), le Modem et Horizons. C’est pourquoi dans de nombreuses circonscriptions, on devrait assiste pour le second tour du 19 juin à des duel NUPES/Ensemble. La gauche pourrait en revanche manquer de réserves de voix, quand les candidats macronistes pourraient bénéficier d’une partie des voix des candidats LR ou UDI, qui n’auraient pas pu se maintenir, et dont les électeurs pourraient être tentés de faire barrage à l’union de la gauche.

Lire aussi » Elections législatives : 6 points pour comprendre

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives : pourquoi une forte abstention au premier tour aurait de grandes conséquences sur le second
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le