Législatives : que cache l’abstention ?
Les invités de Sonia Mabrouk analysent sur le plateau d’ « On va plus loin » pourquoi le pays a connu une abstention record au premier tour des législatives.

Législatives : que cache l’abstention ?

Les invités de Sonia Mabrouk analysent sur le plateau d’ « On va plus loin » pourquoi le pays a connu une abstention record au premier tour des législatives.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que l’abstention au premier tour a atteint le chiffre jamais obtenu à des élections législatives sous la Ve République de 51,29% et que le parti d’Emmanuel Macron est le grand gagnant de dimanche dernier, Cécile Alduy, spécialiste de l’analyse des discours politiques, y voit les conséquences d’une « confusion de l’offre politique » : « C’est une offre politique à laquelle on n’est pas habitués (…), L’électeur qui ne suit pas tous les 20h (…) doit se sentir un peu démuni face à une offre pléthorique, en moyenne 14 candidats par circonscription, et souvent assez confuse avec des candidats qui sont, si ce n’est pour la majorité présidentielle, souvent compatibles (…) et qui motivent assez peu les électeurs ».

Nathalie Segaunes, journaliste à L’Opinion, s’inquiète de la méconnaissance des citoyens concernant les institutions : « Les Français connaissent peu le Parlement, son rôle, son fonctionnement, son importance ». Ce qui a joué, selon elle, sur leur motivation à aller se déplacer aux urnes.

Pour le journaliste Jean-Marie Godard, coauteur du livre « La France qui gronde », les gens sont « un peu perdus » et ne sont pas allés voter car ils se sont dits « De toute façon, si je me déplace, ça ne changera rien ». Et il ajoute : « C’est ce qu’il s’est passé du côté des électeurs de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon (…) Il faudrait entendre un peu ce qu’ils disent et répondre aux questions qu’ils posent ». Le journaliste dresse un constat sévère concernant le mouvement « La République en marche » et Emmanuel Macron, qu’il décrit comme « aux antipodes des préoccupations » de la France précaire qui vote peu ou pas : « On est dans un mouvement qui est dans la mondialisation heureuse. Toutes les zones saignées par la désindustrialisation sont totalement exclues de ce schéma-là ».

Cécile Alduy insiste sur le fait qu’Emmanuel Macron a l’obligation de réussir son quinquennat. Car en cassant le moule du clivage droite / gauche, elle considère qu’il a mis en place « la validation de la thèse du Front national  de l’existence de l’ « UMPS » : « Si ça marche dans 5 ans, tant mieux, cela voudra dire que ce n’était pas l’ « UMPS » mais la France qui marche. »

OVPL débat abstention en intégral
32:58

Débat OVPL sur l'abstention en intégral

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives : que cache l’abstention ?
6min

Politique

« Un front commun de la simplification » : sénateurs et gouvernement veulent poursuivre le combat contre le trop-plein de normes qui « entrave » les élus locaux

Lors d’un colloque sur la simplification ce jeudi, sénateurs et ministres ont dressé le bilan des récentes « avancées » en matière d’assouplissement des normes auxquelles sont tenus les élus locaux et ont évoqué les pistes pour aller plus loin. Parmi elles, une proposition de loi sur les règles locales d’urbanisme « déposée dans les prochains jours », en parallèle du plan logement annoncé la semaine dernière par Sébastien Lecornu.

Le

Cybercrime
7min

Politique

Cyberattaques : « La priorité, c’est de responsabiliser les ministres et les fonctionnaires de ces administrations »

Ministère de l’Intérieur, de l’Education nationale, et encore tout récemment l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), de nombreuses administrations publiques sont victimes de cyberattaques ces derniers mois. « Des attaques qui altèrent la confiance des citoyens envers leurs gouvernants », déplore le sénateur centriste, Olivier Cadic, spécialiste des questions de défense qui appelle à une prise de conscience de la menace au sein des administrations.

Le