Législatives : que retenir des investitures à LFI et au PS ?

Législatives : que retenir des investitures à LFI et au PS ?

La France insoumise a dévoilé les noms de 324 candidats pour les législatives, dans le cadre de l’accord de toute la gauche pour les législatives. Le PS présente de son côté 56 noms. Des investitures qui font la part belle aux sortants, aux figures des partis, sans oublier des nouveaux et quelques sujets de discorde.
François Vignal

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On avait les circonscriptions. On a maintenant les noms. La France Insoumise et le Parti socialiste ont dévoilé mardi soir la quasi-totalité de leurs candidats, dans le cadre de l’accord signé entre toute la gauche, qui part aux législatives sous la bannière de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES).

A LFI, on retrouve les sortants…

Sur les 328 circonscriptions qui reviennent, selon l’accord, à LFI, le parti a dévoilé 324 noms. On retrouve sans surprise presque tous les députés sortants. Des noms connus, comme la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot (Val-de-Marne), Alexis Corbière (Seine-Saint-Denis), Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis), Eric Coquerel (Seine-Saint-Denis), François Ruffin (Somme), Adrien Quatennens (Nord), Ugo Bernalicis (Nord), Danièle Obono (Paris) ou encore Bastien Lachaud (Seine-Saint-Denis), Caroline Fiat (Meurthe-et-Moselle), Bénédicte Taurine (Ariège), Michel Larive (Ariège) et Loïc Prud’homme (Gironde).

Dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, celle de Jean-Luc Mélenchon, il n’y a pour l’heure toujours pas de nom. Le leader insoumis a affirmé la semaine dernière qu’il ne serait « vraisemblablement » pas candidat. Dimanche, il a expliqué qu’il se préparait « plutôt à l’idée d’être premier ministre qu’à l’idée d’être de nouveau député ».

… des fidèles de Jean-Luc Mélenchon…

Des responsables du parti ou des fidèles de Jean-Luc Mélenchon se retrouvent aussi investis, comme le coordinateur des élections, Paul Vannier (Val-d’Oise), la secrétaire générale du mouvement, Clémence Guetté (Val-de-Marne), l’avocate Raquel Garrido (Seine-Saint-Denis), la conseillère régionale d’Ile-de-France, Sophia Chikirou (Paris), le responsable numérique de Jean-Luc Mélenchon, Antoine Léaument (Essonne) ou encore la conseillère de Paris, Danielle Simonnet, dans la 15e circonscription de Paris, au cœur d’une polémique avec le PS.

Les socialistes de Paris récusent ce point de l’accord, qui se fait au détriment de Lamia El Aaraje, qui avait été élue députée dans cette circonscription du 20e arrondissement de Paris, avant que son élection ne soit annulée. Les socialistes dénoncent une injustice. Ce mercredi, Lamia El Aaraje a annoncé qu’elle se présentera malgré tout aux législatives. Cette dissidence – car elle n’a pas l’investiture dans le cadre de l’accord national – donnera au premier tour des aires de primaire dans cette circonscription.

… et des nouveaux, comme Caroline Mecary, Aymeric Caron ou Gérald Dahan

On remarque aussi dans la liste des candidats investis l’avocate Caroline Mecary, à Paris, l’humoriste Gérald Dahan, en Charente-Maritime. Le journaliste et fondateur de la Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Aymeric Caron, sera lui à Paris, l’ex-porte-parole d’Attac, Aurélie Trouvé, sera en Seine-Saint-Denis. Rachel Kéké, la porte-parole des femmes de chambre qui avaient fait grève en raison de leurs conditions de travail à l’hôtel Ibis des Batignolles, a été investie dans le Val-de-Marne.

Le cas du journaliste Taha Bouhafs a largement concentré les projecteurs ces derniers jours. Il a retiré mardi sa candidature dans la 14e circonscription du Rhône, dénonçant les attaques dont il était l’objet, en raison d’une condamnation en 2020 pour « injure publique en raison de l’origine », pour laquelle il a fait appel. Mais ce mercredi, on apprend par BFMTV et Mediapart qu’il fait l’objet d’une enquête interne à LFI, suite à un signalement pour « des faits supposés de violences sexuelles », selon le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de LFI, précise le parti dans un communiqué. Bien que la circonscription soit réclamée par la maire PCF de Vénissieux, Michèle Picard, LFI entend la garder et a investi Idir Boumertit, adjoint de la communiste…

Au PS, 56 noms dévoilés, dont Olivier Faure et Valérie Rabault…

Du côté du PS, la liste est forcément moins grande. Après d’âpres négociations, les socialistes ont obtenu 70 circonscriptions réservées, dans le cadre de l’accord national. Le parti a dévoilé mardi soir une première vague de 56 noms. Parmi ces candidats de la NUPES, on trouve une quinzaine de députés socialistes sortants, à commencer par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, en Seine-et-Marne, ou la patronne des députés PS Valérie Rabault, dans le Tarn-et-Garonne. La députée, qui a été exclue des négociations, affirme avoir refusé Matignon.

Autres sortants investis : le responsable du projet socialiste, Boris Vallaud, dans les Landes, Guillaume Garot, en Mayenne, Christine Pires Beaune, dans le Puy-de-Dôme, Cécile Untermaier, en Saône-et-Loire, ou encore Dominique Potier, en Meurthe-et-Moselle.

… deux responsables du parti, Pierre Jouvet et Laurent Baumel…

Deux négociateurs de l’accord ont aussi obtenu une circonscription : le porte-parole du PS, Pierre Jouvet, dans la Drôme, et l’ancien député Laurent Baumel, en Indre-et-Loire. Autre ancien député, Jérôme Guedj, qui sera lui candidat en Essonne.

… et une grosse crispation à Paris, autour du cas de Lamia El Aaraje

A Paris, le PS n’a obtenu que deux circonscriptions : la 2e, avec Marine Rosset, et la 11e, avec Olivia Polski. Mais elles sont difficilement gagnables. Comme expliqué plus haut, le PS a demandé l’investiture de Lamia El Aaraje dans la 15e circonscription, très à gauche. Mais LFI n’a rien voulu lâcher et c’est Danielle Simonnet qui l’a obtenue. Lamia El Aaraje a décidé malgré tout de présenter sa candidature, avec le soutien de la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, ou celui du président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner. Théoriquement, la candidate devrait être exclue du PS.

Concernant la 3e circonscription de Charente, détenue par le député PS sortant Jérôme Lambert, aucun nom n’a été donné mardi soir. Son cas fait débat. Il est notamment critiqué par LFI et EELV pour son vote contre le mariage pour tous. Mais selon Têtu, le PS a finalement renoncé à investir Jérôme Lambert.

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