« L’enjeu, c’est de choisir entre Rachida Dati et moi » : à Paris, Emmanuel Grégoire installe le match droite-gauche pour rallier à lui les voix de LFI

Le candidat socialiste, en ballotage favorable après le premier tour, veut installer l’idée d’un duel droite-gauche face à Rachida Dati et s’éviter un dispersement des voix de gauche entre sa candidature et celle de Sophia Chikirou (LFI). Il défend sa « cohérence » alors que la droite se met en ordre de bataille pour créer les conditions possibles d’une alternance.
Christian Mouly

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Il n’a pas pu y échapper. Déambulant dans les rues du 5e arrondissement à la rencontre des Parisiens, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a été longuement interrogé mardi sur les rebondissements d’entre-deux tour. Du ralliement de Pierre-Yves Bournazel à Rachida Dati au retrait de Sarah Knafo pour « faire battre la gauche », la dynamique semble presque s’être inversée après un premier tour où il s’est pourtant largement imposé (38 %) devant sa rivale de droite (25 %).

« Il y a aussi la question Sophia Chikirou… », lui lance un journaliste, rue Mouffetard, non loin du Panthéon. « Ah bon ? », feint de s’étonner Emmanuel Grégoire, flanqué de l’ancien maire Bertrand Delanoë (2001-2014). Avant d’assumer son refus d’alliance avec la candidate insoumise : « Ma liste est déposée depuis hier. C’est la cohérence : on a dit qu’on ne ferait pas alliance. Elle n’a absolument pas créé les conditions qui le permettent. » Le socialiste espère profiter de son avance dans les urnes pour s’éviter les procès en collusion avec LFI au terme d’une campagne tendue dans la capitale.

Un appel au vote utile

Quitte à faire perdre la gauche ? « Dimanche, l’enjeu c’est de choisir entre Rachida Dati et moi. C’est la seule clé du scrutin », balaye l’adjoint d’Anne Hidalgo, qui veut installer l’idée d’un match gauche-droite dont serait éloigné LFI. Il était d’ailleurs question d’organiser un duel et non une triangulaire lors du débat prévu ce mercredi soir sur BFM TV : dans un premier temps, la chaîne n’avait pas convié l’insoumise. Avant de rétropédaler et d’afficher les trois têtes de liste au menu du soir.

« Je suis convaincu que les électeurs donneront de la force à celui dont ils espèrent qu’il sera le maire », insiste Emmanuel Grégoire. Un appel à peine voilé aux électeurs insoumis qui seraient tentés de jouer la carte du vote utile à gauche malgré le maintien de Sophia Chikirou au second tour. La candidate LFI n’a pas renoncé dans la dernière ligne droite, à l’inverse de son collègue Sébastien Delogu à Marseille.

Serein, « oui je le suis »

« J’attends son appel », avait-elle lancé au soir du premier tour à l’attention d’Emmanuel Grégoire. Un appel soldé par une fin de non-recevoir : « Je lui ai expliqué pourquoi je ne souhaitais pas fusionner après nos échanges, je ne crois pas qu’elle en était très étonnée », confie ce mardi le candidat socialiste. « Elle m’a répondu : « J’en prends note et je comprends que vous êtes serein » et j’ai dit : « oui je le suis » », assure-t-il.

Interrogé sur le retrait annoncé hier de la candidate Reconquête Sarah Knafo, Emmanuel Grégoire a eu beau jeu de dénoncer un rapprochement qui ne dit pas son nom : « A l’évidence, des forces se sont mobilisées pour permettre à Rachida Dati d’être élue. C’est une grande trahison des électeurs puisque personne n’avait dit cela avant le premier tour ». De son côté, Rachida Dati a salué un « geste fort » mercredi matin sur Europe 1 et CNews.

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