Le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie se déroulera le 4 novembre, ont décidé lundi les élus du Congrès lors d’une séance...
Les Calédoniens se prononceront le 4 novembre sur leur indépendance
Le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie se déroulera le 4 novembre, ont décidé lundi les élus du Congrès lors d’une séance...
Par Claudine WERY
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie se déroulera le 4 novembre, ont décidé lundi les élus du Congrès lors d’une séance publique marquée par un débat houleux sur l'histoire de la colonisation.
"Ce n'est pas très glorieux. C'est quand même triste qu'on en soit encore rendu à ce niveau de discussion", a regretté Louis Mapou, chef du groupe UNI (Union nationale pour l'indépendance), au terme de près de quatre heures d'échange dans l'enceinte du Congrès.
Les élus locaux étaient convoqués pour examiner un texte fixant au 4 novembre 2018 la tenue du référendum d'autodétermination, qui a lieu dans le cadre du processus de décolonisation progressif de l'accord de Nouméa (1998).
Si la date en elle-même a fait consensus, en revanche l'exposé des motifs qui accompagne la délibération a semé une nouvelle fois la discorde au sein de la droite loyaliste, en proie aux déchirements depuis de nombreuses années.
Ainsi, le texte a été voté par les deux groupes indépendantistes, "UC-FLNKS et nationaliste" et UNI (Union nationale pour l'indépendance) et par Calédonie ensemble (CE, droite modérée), soit 38 voix sur les 52 élus présents ou ayant donné procuration. Une majorité des trois cinquièmes était requise.
Les 14 élus issus des rangs des Républicains Calédoniens, du Rassemblement-LR et du Mouvement populaire calédonien (MPC) ont voté contre, dénonçant "la repentance coloniale" contenue, selon eux, dans cet exposé.
"Le texte qui accompagne la délibération ne fait aucune place à la fierté d'être français. Il est tourné vers le passé et est repentant", a dénoncé Sonia Backès, chef du groupe des Républicains Calédoniens, déplorant "une réécriture de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie".
Pour le Rassemblement-LR, Thierry Santa a fustigé "un texte déséquilibré", qui ne fait que "rappeler les moments les plus durs de l'Histoire".
- "Guerre" des mémoires -
Fiche et chronologie sur la Nouvelle-Calédonie
AFP
Fortement inspiré du préambule de l'accord de Nouméa, l'exposé des motifs rappelle que "la colonisation portait en elle la négation de l'identité kanak dont les populations furent pour certaines déplacées, pour d'autres décimées, ce qui a failli conduire à leur disparition".
"La légitimité" et "la contribution majeure" des autres communautés sont en outre mentionnées, de même que l'engagement de la Nouvelle-Calédonie "dans un processus négocié" pour "tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble les pages de paix, de solidarité et de prospérité".
"C'est la première fois que le droit à l'autodétermination va véritablement s'exercer dans notre pays. Cela mérite au moins un rapport de présentation pour mettre en perspective l'exercice de ce droit dont nous sommes les seuls à disposer au sein de la République", a fait valoir Philippe Gomès, député UDI-Agir-Indépendants et élu CE.
Il a également rappelé que "la population kanak était passée de 55.000 à 27.000" individus, entre 1853, date de la prise de possession par la France, et le début des années 1920, en raison notamment des épidémies, des conflits et du traumatisme de la colonisation.
"Nous avons subi la colonisation et ce qu'elle a induit jusqu'aux années 1980. Attention de ne pas revisiter l'Histoire", a mis en garde Louis Mapou, faisant allusion à la signature des accords de Matignon en 1988, qui ont initié le rééquilibrage économique et le partage des pouvoirs.
Alors que cette "guerre" des mémoires illustre la persistance des clivages au sein de l'échiquier politique, et plus largement de la société calédonienne, l'élu indépendantiste a déploré les divisions "dans la mouvance loyaliste". "On votera ce texte et qu'on passe à autre chose", a-t-il lancé.
La prochaine étape de la préparation du référendum aura lieu le 27 mars prochain à l'hôtel Matignon, lors de la réunion du comité des signataires de l'accord de Nouméa.
Le principal sujet à l'ordre du jour sera la rédaction de la question, dont le choix des mots est déjà au centre de joutes compliquées.
Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.
Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.
Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.
Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…