Les centres-villes « se meurent », alertent les sénateurs
Des centres-villes délaissés, des petits commerces abandonnés au profit d’imposants centres commerciaux. Les grandes surfaces se sont mises à engloutir et vider les petits bourgs, provoquant une dévitalisation d’une grande majorité de centres-villes en France. Un rapport sénatorial traitera prochainement de la question et sera présenté fin 2017.

Les centres-villes « se meurent », alertent les sénateurs

Des centres-villes délaissés, des petits commerces abandonnés au profit d’imposants centres commerciaux. Les grandes surfaces se sont mises à engloutir et vider les petits bourgs, provoquant une dévitalisation d’une grande majorité de centres-villes en France. Un rapport sénatorial traitera prochainement de la question et sera présenté fin 2017.
Public Sénat

Par Héloïse Grégoire

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ce jeudi, les sénateurs Rémy Pointereau (LR) et Martial Bourquin (PS) ont présenté leur « pré-rapport » sur la revitalisation des centres-villes et centres bourgs, devant les délégations aux collectivités territoriales et aux entreprises. Une réunion qui fait forcément écho aux propos du président de la République lors de la conférence nationale des territoires : « la priorité est de redonner vie aux centres-villes ». Emmanuel Macron souhaite « que le gouvernement engage une action renforcée et transversale ».

« Le Sénat, qui est la représentation des élus, a une responsabilité particulière »

Mais premier constat d’un des co-rapporteurs : avec quels moyens financiers ? Pour Martial Bourquin, sénateur (PS) du Doubs, difficile de remplir les caisses, quand le Président a annoncé 13 milliards d’euros d’économies aux collectivités. « Il faut des moyens financiers et ce n’est pas avec 13 milliards d’économies qu’on pourra mener des campagnes comme cela, il faut veiller à ce que les villes gardent leurs moyens financiers »

«  Il faut arrêter cette frénésie de la surface commerciale »

Des centres commerciaux devenus de vraies petites villes à l’instar des petits commerçants. Mais pour Rémy Pointereau, sénateur (LR) du Cher, certaines villes se vident progressivement : « il faut une réappropriation des centres-villes par les habitants qui ont quitté ces lieux ».

Dans un reportage publié dans « Libération », le quotidien prend comme exemple la ville du Mans, dans la Sarthe. Au cœur de la très commerçante rue des Minimes, les grandes enseignes de vêtements sont omniprésentes. Un peu plus loin, l’ancien cœur de la ville, ne bat plus. Des petits commerces indépendants nostalgiques d’une ancienne époque, tentent d’exister face à cette concurrence. Toujours selon « libé », les boutiques de marques les ont progressivement évincées.

Désertification : "On a pas su réguler les surfaces commerciales en périphérie" juge Rémy Pointereau
00:31

 « Nous avons 145 coiffeurs, des centaines d’opticiens, des restaurants à tous les coins de rue. Nous avons trois beaux marchés par semaine, mais pas un seul marché couvert, peu de boucheries et pas de poissonnerie » explique à Libération, Philippe Guider, président d’une association de défense des commerçants de centre-ville. Pour Rémy Pointereau, il faut mettre fin à cet empire du centre commercial : « les villes meurent naturellement, on n’a pas su réguler les surfaces commerciales en périphérie ». « À un moment donné il y a trop de surfaces commerciales … on laisse mourir des villes, on n’a pas su réguler les surfaces commerciales en périphérie, un moment donné, trop c’est trop (…) « on ne pourra pas se passer d’un moratoire sur les surfaces commerciales et nous proposons également d’installer des zones franches dans les centres-villes ». 

Rémy Pointereau et Martial Bourquin comptent bien mettre cette problématique au cœur de la prochaine conférence nationale des territoires, qui aura lieu fin 2017.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le