Ils n’ont pas le pouvoir de voter la censure du gouvernement, mais ils entendent bien faire savoir leur mécontentement. Dans un bref communiqué de presse, diffusé après la déclaration de politique générale du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, les sénateurs du groupe communiste expriment leur scepticisme malgré l’annonce d’une suspension de la réforme des retraites et le renoncement au 49.3, deux promesses qui devraient permettre à Sébastien Lecornu d’obtenir la mansuétude des députés socialistes.
« Les sénatrices et les sénateurs du groupe Communiste, Républicain, Citoyen, Écologiste – Kanaky (CRCE-K) s’opposent frontalement au programme gouvernemental présenté par le Premier ministre, Sébastien Lecornu », lit-on dans ce communiqué. Malgré la volonté de « rupture » affichée par le chef du gouvernement, ils accusent Emmanuel Macron de « poursuivre la même politique au service des intérêts financiers et des plus riches, au détriment de l’intérêt général ». « Au-delà de l’annonce d’une suspension de la réforme des retraites, attendue, mais qui sera financée sur le dos des salariés, aucun changement de politique réel n’est à prévoir. C’est bien une continuation de la politique austéritaire fondée sur les dogmes libéraux les plus éculés qui est affichée », taclent-ils.
Ils rappellent par ailleurs que les soutiens du président ont été mis en minorité lors des législatives anticipées et considèrent la nomination d’un Premier ministre issu du bloc central, le cinquième depuis 2022, comme « un déni de démocratie renouvelé ». « L’addition s’annonce lourde pour notre peuple. C’est pour cette raison que le groupe CRCE-K soutient le vote de la censure de ce gouvernement très minoritaire et qui tourne le dos aux aspirations populaires », concluent les communistes du Sénat.