La démission mardi de Bruno Le Roux du ministère de l'Intérieur porte à cinq le nombre de ministres contraints de démissionner à la suite de révélations compromettantes depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée en mai 2012.
M. Le Roux a quitté le gouvernement quelques heures après l'ouverture d'une enquête préliminaire du parquet national financier sur l'emploi de ses filles, lycéennes puis étudiantes, comme collaboratrices parlementaires quand il était député.
- Jérôme Cahuzac -
Le 19 mars 2013 le ministre du Budget Jerôme Cahuzac est contraint à la démission trois heures après l'annonce par le Parquet de Paris de l'ouverture d'une information judiciaire pour blanchiment présumé de fraude fiscale.
Le ministre français de l'Intérieur Bruno Le Roux, le 10 décembre 2016 à Paris
AFP
M. Cahuzac niait depuis plusieurs mois être détenteur d'un compte en Suisse comme l'en accusait le site d'information Mediapart. Le 2 avril, il reconnaît détenir un compte non déclaré à l'étranger. Il est condamné le 8 décembre 2016 à trois ans de prison ferme sans aménagement de peine et cinq ans d'inéligibilité. Il interjette appel et reste donc libre en attendant ce procès prévu en 2017.
Suite à cette affaire, les ministres sont tenus de publier leur patrimoine et deux lois sur la transparence de la vie publique sont adoptées.
- Yamina Benguigui -
Le 31 mars 2014, la ministre déléguée à la Francophonie Yamina Benguigui, soupçonnée d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine, n'est pas reprise dans le gouvernement de Manuel Valls formé suite aux municipales. En septembre 2015 elle est relaxée pour ses défauts de déclarations de patrimoine mais reconnue coupable pour une déclaration d'intérêts incomplète, sans toutefois écoper d'une peine, et fait appel.
Elle est condamnée le 27 septembre 2016 par la cour d'appel de Paris à un an d'inéligibilité, deux mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende.
Son pourvoi en cassation lui permet de continuer à siéger au Conseil de Paris (non-inscrite).
- Thomas Thévenoud -
Le 4 septembre 2014, neuf jours seulement après sa nomination, le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, démissionne du gouvernement Valls, après avoir reconnu des "retards de déclaration et de paiement" au fisc. M. Valls met officiellement fin à ses fonctions "à sa demande et pour des raisons personnelles".
Il doit être jugé pour fraude fiscale le 19 avril 2017 devant le tribunal correctionnel de Paris après avoir annoncé le 10 mars qu'il arrêterait la politique à la fin de son mandat en cours de député.
- Kader Arif -
Le 21 novembre 2014, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants Kader Arif, cité dans une enquête pour favoritisme, présente sa démission au président Hollande. L'enquête a pour but de vérifier si deux sociétés d'organisation de spectacles successives, dirigées par des membres de son entourage, ont pu bénéficier de favoritisme pour remporter deux marchés de plusieurs millions d'euros avec la Région Midi-Pyrénées où M. Arif a son implantation locale.
Sa démission intervient quelques heures après l'annonce d'une perquisition à ce sujet menée le 6 novembre dans un service du ministère de la Défense. Une information judiciaire est ouverte par le Parquet national financier en novembre 2015 et l'enquête sur des soupçons de favoritisme est en cours.
Après les violences et dégradations commises en marge de la victoire du PSG en Ligue des champions, le gouvernement va présenter un projet de loi « visant à faire assumer directement aux auteurs, le coût des déclarations commises dans l’espace public ». Un principe du « casseur-payeur » déjà inscrit dans le texte « anti casseurs » de Bruno Retailleau avant d’être modifié avant son adoption finale en raison d’un risque d’inconstitutionnalité.
Le président de la République a assuré ce lundi sur TF1, que des moyens supplémentaires pour la justice ou les enquêteurs, seraient déployés « là ou là », si nécessaire, pour mieux lutter contre les violences sur les enfants, appelant à agir « avec méthode », après l’émotion nationale suite à la mort de Lyhanna.
Entre le projet de loi d’urgence agricole, le texte sur la fin de vie ou celui sur la protection de l’enfance, le Parlement a encore des textes importants à examiner d’ici l’été. Une session extraordinaire sera convoquée jusqu’à la semaine du 20 juillet.
REPORTAGE - Ce samedi 13 juin aux Docks d’Aubervilliers, Raphaël Glucksmann a tenu un grand rassemblement aux allures de meeting présidentiel, en présence de nombreuses personnalités politiques. Même s’il refuse toujours d’officialiser sa candidature pour 2027, l’eurodéputé, co-fondateur de Place publique, affiche ses ambitions : rassembler la gauche sociale-démocrate et écologiste, dépasser Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et convaincre le Parti socialiste de se rallier à lui.