Les dirigeants nationalistes corses proposent d’accueillir le navire de migrants Aquarius
Les dirigeants nationalistes de Corse ont proposé mardi matin d'accueillir sur l'île le navire affrété par une ONG qui a secouru...

Les dirigeants nationalistes corses proposent d’accueillir le navire de migrants Aquarius

Les dirigeants nationalistes de Corse ont proposé mardi matin d'accueillir sur l'île le navire affrété par une ONG qui a secouru...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les dirigeants nationalistes de Corse ont proposé mardi matin d'accueillir sur l'île le navire affrété par une ONG qui a secouru 629 migrants en Méditerranée, assurant que la "Corse ne pouvait pas rester insensible à un drame qui se joue pas très loin de ses rivages".

Enjeu d'un bras de fer entre l'Italie et Malte, qui refusaient tous deux de le laisser accoster, l'Aquarius devait finalement se diriger vers Valence, une fois que les migrants à son bord auront été transbordés sur un bateau des garde-côtes italiens et un bateau de la marine italienne, qui accompagneront l'Aquarius vers l'Espagne.

"Manque de vivres, mauvaises conditions météo, et port espagnol trop éloigné: face à l'urgence, le conseil exécutif de Corse propose à @SOSMedFrance d'accueillir l'#Aquarius dans un port #corse", avait auparavant tweeté mardi matin le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni.

"#Aquarius: l'Europe doit traiter de façon solidaire la question humanitaire. Compte tenu de la localisation du navire (au large de Malte, NDLR) et de l'urgence, mon avis est qu'il serait naturel d'ouvrir un port corse pour porter secours à ces personnes en détresse", avait aussi réagi dès lundi soir sur Twitter le président nationaliste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni.

"J’ai eu la préfète au téléphone, qui nous a plutôt incités à la prudence. On nous dit que ce sera difficile à gérer, qu’il faudra réquisitionner des hôtels, que nous n’avons pas la compétence pour prendre cette décision. Mais moi, la compétence, je la prends", a ensuite déclaré M. Simeoni à Libération: "Pour l’instant, on dit à l’État : nous sommes prêts, et vous ?".

"Devant cette situation d'urgence, il nous a paru tout à fait nécessaire de prendre nos responsabilités sur le plan politique, c'est-à-dire d'essayer d'apporter avec notre intervention une contribution qui permettrait peut-être d'aider à la solution", a ajouté M. Simeoni, interrogé en milieu de journée sur RTL.

"Nous n'avons pas la responsabilité juridique mais nous avons la responsabilité politique de dire que la Corse ne peut pas être insensible à un drame qui se joue finalement pas très loin de ses rivages", a-t-il poursuivi.

La proposition des dirigeants corses avait été critiquée par le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne, qui l'a jugée "facile" en soulignant que les dirigeants de l'île n'étaient "pas aux responsabilités".

"C'est au nom de (notre) légitimité démocratique que nous nous exprimons, le président du conseil exécutif Gilles Simeoni et moi-même, pour dire que nous ne pouvons pas, comme Corses et comme responsables politiques de la Corse, accepter qu'un drame se joue non loin de nos rivages sans tenter de faire quelque chose pour l'éviter", a conclu M. Talamoni.

Le nouveau ministre italien de l'Intérieur, le patron de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini avait fait campagne avant les législatives sur le thème de la fermeture des frontières aux migrants, et prévenu qu'une fois au pouvoir, il ferait tout pour empêcher ces débarquements, particulièrement lorsqu'ils sont le fait des ONG qui patrouillent au large de la Libye.

L'Italie, qui a vu quelque 700.000 migrants débarquer sur ses côtes depuis 2013, a régulièrement accusé les Européens d'avoir détourné les yeux et de l'avoir laissée seule face à la crise migratoire.

Partager cet article

Dans la même thématique

Les dirigeants nationalistes corses proposent d’accueillir le navire de migrants Aquarius
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le