capture La bomba
Extrait du documentaire « La bombe » de Rushmore DeNooyer

Les « films de l’été » 5/8 : « La bombe atomique a modifié à jamais le monde dans lequel nous vivons »

Pour les Américains, la bombe atomique était LA solution nécessaire pour gagner la Seconde Guerre mondiale. Elle est devenue par la suite un problème environnemental, politique et moral. Comment vivre avec une invention capable de détruire la planète ? Étayé d'images et de vidéos déclassifiées, mais aussi d'archives poignantes consacrées aux victimes d'Hiroshima et de Nagasaki, « La bombe », du cinéaste américain Rushmore DeNooyer, diffusé cet été sur Public Sénat, convoque également les témoignages d'anciens hommes politiques, d'ingénieurs du projet Manhattan et d'historiens pour raconter cette histoire scientifique, politique et culturelle.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Tout a commencé assez innocemment. En 1938, deux chimistes allemands découvrent accidentellement la fission nucléaire et les scientifiques du monde entier sont unanimes, elle pourrait permettre la création d’une arme à la puissance encore jamais vue. Alors que l’Europe est aux portes de la guerre, le monde tremble à l’idée que l’Allemagne mette la main sur cette arme en première. L’entrée en guerre des États-Unis en 1941 va précipiter les choses, le pays est en guerre sur deux fronts, face aux Japonais et face aux Allemands, l’objectif est clair, il faut la bombe.

« Le projet Manhattan », les prémices d’un chamboulement historique mondial

C’est le début du projet secret, dit « Manhattan ». Le lieu des recherches est appelé, « le site Y » ou « la colline » et la bombe… « le gadget ». C’est donc à Los Alamos, au Nouveau-Mexique, que tout est créé du jour au lendemain. Le site ne comprenait qu’une ferme, il y a désormais 70 000 habitants. Le physicien Robert Oppenheimer coordonne les efforts de 130 000 collaborateurs, il dispose pour cela d’un budget faramineux de 2 milliards de dollars pour réaliser une bombe de destruction massive. Après des essais concluants le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique, le président Truman donne son feu vert pour utiliser l’arme atomique contre le Japon. Les villes d’Hiroshima, le 6 août, et Nagasaki, le 9, vont être ravagées par « Little Boy » et « Fatman » qui font plus de 150 000 morts. Le Japon capitule, c’est la fin de la guerre.

La bombe atomique devient un temps le symbole d’une Amérique triomphante mais terrifie autant qu’elle fascine. Elle est l’argument idéal pour éduquer la jeunesse d’après-guerre qui grandit avec la bombe. La télévision fait ainsi croire que les maisons bien rangées sauront résister à l’explosion de la bombe atomique.

La Guerre froide, vivre dans la crainte de l’arme atomique

Une tension qui s’accroît quand l’URSS obtient également cette bombe mortelle. La population prend davantage conscience du danger comme le rappelle l’historien américain Richard Rhodes : « Pour la première fois, nous étions maintenant capables de notre propre destruction en tant qu’espèce ».
Les deux ennemis se lancent alors dans une course à l’armement qui ne connait plus de limites. Images à l’appui, le documentaire revient sur des explosions toujours plus dangereuses car effectuées sous l’eau et donc très radioactives. Chaque camp cherche à impressionner l’autre, à avoir l’arme la plus grosse et plus puissante, avec comme point d’orgue l’explosion de la « Tsar bomba » par les Soviétiques en octobre 1961, la plus grosse de l’histoire de l’humanité… environ 50 millions de tonnes de TNT.

Écrit par Sacha Ferrand.

Retrouvez le documentaire La bombe de Rushmore DeNooyer samedi 9 aout à 21h puis en replay sur notre site internet ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le

Les « films de l’été » 5/8 : « La bombe atomique a modifié à jamais le monde dans lequel nous vivons »
5min

Politique

« J’ai bien peur du cauchemar » : Sébastien Lecornu pointe le contre-budget du RN et dénonce l’effort de « 18,4 milliards d’euros en 2031 » demandé aux collectivités

« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.

Le