capture arbre
Extrait du documentaire « Le village qui voulait replanter des arbres » de Brigitte Chevet

Les « films de l’été » 6/8 : 50 ans après le remembrement, histoire d’une catastrophe écologique

Dans le sud de l'Ille-et-Vilaine, sur le territoire de la Roche aux fées, Léa Legentilhomme exerce un métier peu commun. Pour lutter contre la pollution de l'eau, elle replante des arbres et des haies qui ont été massivement arrachés il y a 50 ans, lors du remembrement, où 360 kilomètres de haies avaient été supprimés rien que sur la commune. Dans « Le village qui voulait replanter des arbres » diffusé cet été sur Public Sénat - et lauréat d'un label d'or du Film d'utilité publique - Brigitte Chevet raconte la nécessité actuelle de replanter, et les difficultés auxquelles Léa se confronte.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Au lendemain de la guerre, il faut nourrir le pays, et pour produire plus il faut remembrer les parcelles. Les champs doivent être plus grands, les chemins plus larges pour laisser passer les machines. Avec son film Le village qui voulait replanter des arbres, Brigitte Chevet nous alerte sur l’ampleur du remembrement après-guerre et ses conséquences aujourd’hui. Décidé pour favoriser l’agriculture moderne, intensive et mécanisée, il a radicalement transformé la campagne française : trois arbres sur quatre ont été abattus, ainsi que 1,5 millions de haies ce qui équivaut à 37 tours de la terre.

Arracher les arbres, c’est appauvrir les sols

La commune de Léa Legentilhomme n’a pas été épargnée par le remembrement. En quarante ans, le nombre de ferme y a été divisé par dix. Pourtant, à l’époque déjà, certains alertaient déjà sur les conséquences néfastes d’un tel changement, comme cette agricultrice que l’on découvre dans les images d’archives du film et qui affirmait avant l’heure qu’« il y a énormément d’inconvénients : pour les abris, pour les bêtes, pour les oiseaux… il y aura beaucoup d’insectes dans les cultures, il faudra utiliser des insecticides, ce qui entrainera la pollution ».

Aujourd’hui Léa Legentilhomme est donc confrontée à un défi de taille. Désormais il faut replanter des arbres si on veut garder un sol vivant, et des eaux de bonnes qualités. Car si le remembrement a mis en péril la biodiversité, il a aussi dégradé la qualité de l’eau. Sans les haies les phosphores et les nitrates utilisés dans les cultures atteignent les rivières et les polluent durablement

Planter des arbres un investissement aux retombées futures

Mais la technicienne bocage, c’est le nom de son métier, se heurte aux réticences de certains agriculteurs, car planter sur des terres cultivables coûte et représente un manque à gagner. Comment leur faire accepter un projet dont ils ne verront les retombées positives que dans trente ans ? Un agriculteur témoigne : « Je le fais parce qu’il faut le faire ». Un autre refuse : « Je n’ai pas spécialement envie d’entretenir, il faut trouver de la main d’œuvre pour faire le travail, le bois c’est un travail à part entière, à la base on est là pour s’occuper de nos animaux et de nos cultures… et si après on n’a pas de débouchés, pour quoi faire ? ».

Les efforts de Léa rencontrent tout de même un certain succès dans la commune de Martigné-Ferchaud. De plus en plus d’agriculteurs ont compris qu’ils étaient face à un impératif et plantent d’eux-mêmes des arbres et des haies. Cependant, le chemin est encore long, 20.000 kilomètres de haies continuent de disparaitre chaque année en France.

Écrit par Sacha Ferrand.

Retrouvez le documentaire Le village qui voulait replanter des arbres de Brigitte Chevet mercredi 20 aout 12h30 puis en replay sur notre site internet ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Les « films de l’été » 6/8 : 50 ans après le remembrement, histoire d’une catastrophe écologique
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le