mont st michel
Extrait du documentaire « La baie de la grande marée » d’Alexandra Barbot

Les « films de l’été » 7/8 : Mont Saint-Michel, derrière le monument, une baie remarquable

Si le site du Mont Saint-Michel est le plus visité de France avec 3 millions de touristes par an, on connaît moins la baie qui lui sert d’écrin. Une baie de 25 000 hectares sujette aux plus grandes marées d’Europe. Dans son documentaire « La baie de la grande marée », diffusé cet été sur Public Sénat, Alexandra Barbot nous fait découvrir, le temps d’une journée, les trésors naturels cachés de ce site unique et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
Sébastien Lambert

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4 min

Publié le

En ce frais matin d’automne, la baie se prépare à vivre une journée exceptionnelle. Le soleil a rendez-vous avec la lune. L’alignement des astres est optimal pour offrir au Mont un des plus grands spectacles naturels de l’année : la marée d’équinoxe. Plus de 15 mètres de marnage, des millions de mètres cubes d’eau déplacés pour un grand final qui rendra au Mont Saint-Michel son insularité.

Cette journée de gros coefficients est une aubaine pour les passionnés de nature. Chercheurs, ornithologues, guides de la baie ou simple promeneur, tous sont présents dès l’aube pour admirer ce spectacle hors du commun.

« On est ici au milieu de la plus grande construction animale européenne »

À commencer par Stanislas Dubois, chercheur à l’IFREMER de Brest, qui nous fait découvrir l’hermelle, un petit ver marin sédentaire d’à peine trois centimètres. Il construit des récifs de deux mètres de haut sur plusieurs hectares. Cette espèce dite « ingénieure » capture les particules de sable et les transforme en un substrat dur pour construire un récif. « Les pêcheurs à pied n’ont pas conscience qu’ils sont sur une construction vivante ».

« Les animaux ne voient pas le danger arriver »

Sur l’autre rive de la baie, Gaël Gautier, directeur de l’association Al Lark, nous raconte le sauvetage peu banal auquel il a participé. Avec l’aide des pompiers, il a réussi à sauver d’une asphyxie certaine deux dauphins, échoués sur le sable. Les deux dauphins étaient « vivants et suffisamment alertes pour être sauvés », précise Gaël, arrivé le premier sur les lieux. Les pompiers l’ont ensuite rejoint pour transférer les cétacés vers une zone plus profonde, à bord du zodiac des secours : « c’était un sauvetage très risqué pour les dauphins car ce sont des animaux très sensibles au stress, il a fallu agir vite et faire le moins de bruit possible pour ne pas les stresser ».

Cela ne serait jamais arrivé aux dauphins endémiques de la zone.

L’espèce Tursiops est estimée à 450 individus, ce qui en fait la plus grande concentration de dauphins résidents d’Europe. Ceux-là connaissent la baie et ne se font jamais piéger, ce qui n’est pas le cas de leurs cousins les dauphins communs sauvés par l’association de Gaël. « Ce grand prédateur n’est que de passage, il se fait souvent avoir par les grands déplacements d’eau. C’est exactement le cas de ces deux individus d’une centaine de kilos chacun ».

« Ils sont assez vaillants pour retrouver leur habitat naturel »

Le risque de ces grandes marées n’existe pas que pour les dauphins, d’autres espèces peuvent aussi se retrouver prises au piège. Alain Beaufils, directeur du Chêne, association de soin et de sauvegarde de la faune, nous raconte l’histoire de ces deux jeunes phoques gris de quatre mois, retrouvés isolés et affamés sur le littoral.
« On les a nourris avec de la bouillie de poisson, du hareng, un poisson assez gras. On les a gardés jusqu’à ce qu’ils pèsent 25 kilos, avant de les remettre en liberté (…) Ils étaient assez vaillants pour retrouver leur habitat naturel » explique Alain Beaufils. Comme ces deux phoques, l’association aura cette année sauvé 1200 animaux sauvages.

Dans ce documentaire, on découvre aussi le corophium, un crustacé amphipode présent par milliards dans la baie et le rocher de Tomblaine, l’autre ilot granitique de la Baie. Enfin Sébastien Provost, guide ornithologue, nous explique pourquoi cette zone est l’un des plus importants lieux de transit d’oiseaux migrateurs de France avec plusieurs centaines de milliers d’individus par an.
Comme ces oiseaux migrateurs, gravelots et bécasseaux qui peuvent passer des zones arctiques à l’Afrique du Sud en hiver, vous aussi prenez le temps de vous poser tout au long de ce documentaire pour découvrir ou redécouvrir cette baie du mont Saint-Michel.

Retrouvez le documentaire La baie de la grande marée d’Alexandra Barbot vendredi 22 août à 22h puis en replay sur notre site internet ici.

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