Les fonctionnaires mobilisés en nombre contre les « attaques » du gouvernement
Des soignants aux enseignants, des ministères aux collectivités, les fonctionnaires (5,4 millions) ont fait grève et manifesté en nombre contre...

Les fonctionnaires mobilisés en nombre contre les « attaques » du gouvernement

Des soignants aux enseignants, des ministères aux collectivités, les fonctionnaires (5,4 millions) ont fait grève et manifesté en nombre contre...
Public Sénat

Par Sandra LACUT, avec les bureaux de l'AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des soignants aux enseignants, des ministères aux collectivités, les fonctionnaires (5,4 millions) ont fait grève et manifesté en nombre contre les "attaques" du gouvernement à leur égard, selon les premières constatations des journalistes de l'AFP.

"Macron regarde ta Rolex, c'est l'heure de la révolte" : à Saint-Nazaire, Nice ou ailleurs, le président Macron était souvent la cible du mécontentement dans les cortèges qui dénonçaient un "ras-le-bol" général, à l'appel de tous les syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA), une première depuis dix ans.

Grève des fonctionnaires
Effectifs des trois fonctions publiques et zoom sur l'éducation nationale où le mouvenement de grève de mardi devrait être très suivi
AFP

"La fonction publique: une richesse pour tou.te.s, pas un coût!" ou "Hôpital en état d'urgence", pouvait-on lire parmi les slogans à Nantes où les manifestants étaient entre 5.500 et 8.000.

Les premiers décomptes recueillis par les bureaux de l'AFP totalisaient plus de 100.000 manifestants dans 26 villes en région selon les syndicats et 55.000, selon les autorités. Ils étaient notamment entre 6.400 à 12.000 à Lyon, entre 5.000 et plus de 10.000 à Bordeaux, 3.900 à 9.000 à Rouen ou 1.400 à 3.000 à Saint-Denis de la Réunion.

A Paris, place de la République, un cortège de plusieurs milliers de personnes s'est ébranlé peu avant 14H30 derrière une banderole de tête "pour une fonction publique de progrès social, pour l'augmentation du pouvoir d'achat, pour l'emploi public", ont constaté des journalistes de l'AFP.

Manifestations de fonctionnaires à Brest, le 10 octobre 2016
Manifestations de fonctionnaires à Brest, le 10 octobre 2016
AFP

Suppressions de 120.000 postes d'ici à la fin du quinquennat, gel des rémunérations, rétablissement du jour de carence, remise en cause de leur statut... Les neuf fédérations de fonctionnaires ont appelé à cette journée de grève et de manifestations dans les trois versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale) pour exprimer leur "profond désaccord" avec le gouvernement et dénoncé "une série d'attaques" inédite à leur encontre.

Edouard Philippe a dit "assumer pleinement les mesures prises", assurant que les fonctionnaires n'étaient "pas du tout déconsidérés" et "même essentiels dans le fonctionnement de notre pays".

- 'Malaise' -

Ce rassemblement unitaire "reflète plus qu'un malaise dans les fonctions publiques", a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui défilait à Lyon.

"Il n'y a déjà pas assez d'effectifs et on veut encore en supprimer", a lancé le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, à Paris. Les fonctionnaires, "souvent traités de feignants et de profiteurs", ont "besoin de respect", a-t-il ajouté.

"Il n'y a plus de qualité de soins, les agents sont fatigués de ne plus être auprès des patients. On ne discute plus, il faut que le travail soit forcément rentable et qu'on rapporte de l'argent", fulminait, à Strasbourg, Sandrine Knockaert, ex-agent des hôpitaux, de SUD santé-sociaux.

Un manifestant lors de la journée d'action des fonctionniaires à Montpellier, le 10 octobre 2017
Un manifestant lors de la journée d'action des fonctionniaires à Montpellier, le 10 octobre 2017
AFP

"Quand on gagne 1.600 euros nets au bout de 15 ans, ça fout un peu les boules", déplorait Corinne, employée de mairie de 54 ans, à Saint-Nazaire, disant en avoir "assez" que les fonctionnaires, parfois "Bac+5", soient considérés comme des privilégiés avec "la sécurité de l'emploi", "bien payés".

La grève se traduisait par des fermetures de crèches, d'établissements scolaires -- où le service minimum, prévu par la loi, n'est pas toujours assuré -- et de nombreux services publics. A Marseille, les trois-quarts des cantines étaient fermées et 80% des crèches, selon la mairie.

Le ministère de l'Education nationale annonçait 17,5% de grévistes chez les enseignants, plus nombreux dans le primaire (20%) que dans le second degré (16%), tandis que la FSU évoquait 50% de grévistes dans le primaire. Les syndicats avançaient un peu plus de 12% de grévistes à Pôle Emploi.

Dans le ciel, 30% des vols ont été annulés préventivement en raison de la grève des agents de l'Aviation civile, qui emploie majoritairement des fonctionnaires.

Un rendez-vous salarial aura lieu le 16 octobre, a annoncé le ministre chargé de la fonction publique, Gérald Darmanin, répétant qu'"aucun agent public ne verra son salaire baisser".

"Si on n'est pas entendu, on se posera la question de la suite. On verra le 16 si le gouvernement arrive avec de nouvelles propositions", a prévenu Christian Grolier de FO fonction publique.

Pour Mylène Jacquot (CFDT), l'absence de hausse du pouvoir d'achat, une promesse de campagne "pas tenue" par Emmanuel Macron, est "la goutte d'eau qui fait déborder le vase" auprès des fonctionnaires.

bur-est-sp-ls/db

Partager cet article

Dans la même thématique

99th Annual Macy’s Thanksgiving Day Parade, New York, USA – 27 Nov 2025
7min

Politique

Dragon Ball Z dans le Val-d’Oise : ce n’est pas un « pas un blanc-seing saoudien » affirme Rachid Temal

Six milliards d’euros d’investissement, trois parcs à thème et des milliers d’emplois annoncés avec le projet porté par l’Arabie saoudite sur l’ancien site de Mirapolis, près de Cergy-Pontoise, pourraient transformer durablement le Val-d’Oise. Présenté comme un projet majeur par Emmanuel Macron, ce plan suscite aussi des questions sur son contenu, ses retombées pour les habitants, les transports, l’environnement et les contreparties attendues.

Le

Grenoble: Olivier Faure JDE Les Ecologistes 2026
5min

Politique

Sénatoriales : l’accord national PS-Ecologistes menacé par les tensions en Seine-Maritime

Socialistes et Ecologistes ont topé sur un accord national pour les sénatoriales à venir en septembre prochain. Mais les Verts menacent de tout envoyer valser, face aux réticences de la fédération PS de Seine-Maritime. Cette dernière préférerait s’extraire de l’accord et ne pas céder la deuxième place de la liste à l’écologiste Bénédicte Martin. La situation est suspendue au conseil fédéral socialiste, prévu ce soir.

Le

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le