Les grandes manoeuvres de la droite commencent en vue des législatives
Après l'élection dimanche d'Emmanuel Macron, les grandes manœuvres commencent à droite en vue des législatives pour tenter d...

Les grandes manoeuvres de la droite commencent en vue des législatives

Après l'élection dimanche d'Emmanuel Macron, les grandes manœuvres commencent à droite en vue des législatives pour tenter d...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après l'élection dimanche d'Emmanuel Macron, les grandes manœuvres commencent à droite en vue des législatives pour tenter d'imposer au nouveau président, sinon une cohabitation, du moins une solide opposition, avec la préoccupation d'endiguer les défections vers la nouvelle majorité présidentielle.

"Je vais me battre aux côtés de nos candidats (...) pour une majorité absolue", a affirmé François Baroin, chef de file de LR pour les échéances de juin. Le président de l'Association des maires de France, Premier ministre putatif en cas de cohabitation, veut en être sûr: avec les législatives, "il y aura un schéma complètement nouveau. (...) C'est dans cet esprit seulement que nous nous retrouverons avec M. Macron".

Une majorité pour la droite, même avec les centristes de l'UDI avec lesquels elle a passé un accord pour les législatives, semble toutefois difficile à atteindre. L'Assemblée sortante compte 205 députés LR et affiliés, ainsi que 32 UDI.

La situation en 2017 se présente sous un jour moins favorable, la droite n'étant arrivée en première position que dans 54 des 577 circonscriptions au premier tour.

A l'opposé, Emmanuel Macron, loin devant, est arrivé en tête dans 240, la candidate FN Marine Le Pen, également loin devant, dans 216, et même Jean-Luc Mélenchon, quatrième du premier tour avec La France insoumise, a devancé la droite dans 67 circonscriptions.

Dans ces conditions, "nos législatives vont être compliquées", pronostique un cacique LR, qui table tout de même, par le jeu des alliances et à la faveur de triangulaires, sur près de "200 circo".

Les responsables LR misent également sur "la victoire sans élan" de M. Macron, selon l'un d'entre eux, nombre d'électeurs ayant souhaité avant tout "faire barrage à Le Pen".

C'est un "événement politique majeur" mais "le plus dur commence" pour lui, a prévenu Luc Chatel. Pour Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, la droite peut gagner les législatives et ne doit "pas laisser Macron seul face aux extrêmes".

"Macron est un colosse aux pieds d'argile, élu sans envie ni enthousiasme", affirme ainsi Laurent Wauquiez, vice-président de LR. "On est battu mais pas mort", assure-t-il.

"Il a été élu sous une forme d’ambiguïté", estime également Eric Ciotti, député LR de Provence-Alpes-Côte d'Azur. "Il ne recomposera rien du tout" et sa présidence sera "une forme de retour en arrière", type "IVe République", ajoute-t-il.

- "Les professionnels de la soupe" -

La droite promet donc de se serrer les coudes, espérant faire mentir M. Macron, qui se disait vendredi "convaincu que Les Républicains se scinderont après le 7 mai". La veille, il avait tendu la main à Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France ayant selon lui "vocation à (l)'accompagner" en cas de victoire. Celui-ci l'a appelé dimanche soir à "ne pas oublier, à aucun moment de son mandat, la colère et l'inquiétude" du peuple français.

"Hormis les professionnels de la soupe, il y aura peu de défections", assure M. Wauquiez. "Il peut y avoir des tentatives de débauchages individuels", sans plus, renchérit M. Ciotti.

Pour le moment, seul Bruno Le Maire, ex-candidat à la primaire de la droite et candidat LR en juin dans l'Eure, semble prêt à sauter le pas. "Je peux travailler dans une majorité de gouvernement" autour du président élu, a-t-il affirmé dimanche soir.

"Si Bruno Le Maire, ou tout autre candidat, entre au gouvernement, et s'il est candidat aux législatives, il aura (face à lui) un candidat LR ou UDI, lui et tous les autres", a aussitôt menacé M. Baroin.

Alain Juppé, maire LR de Bordeaux, a salué la "très belle victoire" de M. Macron, tout en indiquant clairement qu'il "soutiendrait" les candidats de la droite et du centre aux législatives.

Idem pour Christian Estrosi, président de Paca, qui s'est félicité de la victoire "nette et indiscutable" du président élu mais a prévenu qu'il se mobiliserait "dès demain", pour "faire gagner nos candidats aux élections législatives qui ont eu une attitude républicaine et sans ambiguïté face au Front national".

Partager cet article

Dans la même thématique

Les grandes manoeuvres de la droite commencent en vue des législatives
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Les grandes manoeuvres de la droite commencent en vue des législatives
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le