Les juppéistes lancent l’offensive anti-Fillon
Apparu, Philippe, Béchu, Keller, Boyer… Les juppéistes lancent une offensive anti-Fillon en lâchant les uns après les autres le candidat de la...

Les juppéistes lancent l’offensive anti-Fillon

Apparu, Philippe, Béchu, Keller, Boyer… Les juppéistes lancent une offensive anti-Fillon en lâchant les uns après les autres le candidat de la...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK et Déborah CLAUDE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Apparu, Philippe, Béchu, Keller, Boyer… Les juppéistes lancent une offensive anti-Fillon en lâchant les uns après les autres le candidat de la droite à la présidentielle, avec l'espoir de le remplacer par le maire de Bordeaux, à 15 jours de la clôture des parrainages.

C'est une course contre la montre qui se joue entre deux camps d'une droite désormais fracturée: d'un côté, François Fillon et ses soutiens qui rétrécissent comme peau de chagrin, de l'autre, les juppéistes, historiques ou récemment convertis, qui veulent tous voir leur champion représenter la droite et le centre les 23 avril et 7 mai prochains.

"La base, elle, elle tient", a réagi M. Fillon, en déplacement jeudi à Nîmes. La veille, dans une déclaration "aux Français", le candidat avait annoncé sa convocation par les juges le 15 mars dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants, et sa prochaine "mise en examen".

"Impossible de continuer dans ces conditions", ont aussitôt réagi de nombreux élus. Bruno Le Maire, candidat à la primaire, avait été le premier à tirer, en démissionnant, mercredi, de toutes ses fonctions auprès du candidat, suivi par ses soutiens, les députés Franck Riester ou Sébastien Lecornu, directeur-adjoint de campagne de M. Fillon.

L'ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, Gilles Boyer, le 12 octobre 2016 à Boulogne-Billancourt
L'ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, Gilles Boyer, le 12 octobre 2016 à Boulogne-Billancourt
AFP

L'hémorragie s'est amplifiée avec les proches du maire de Bordeaux,: son fidèle parmi les fidèles Gilles Boyer, la sénatrice Fabienne Keller, les députés Benoist Apparu, Edouard Philippe et Christophe Béchu, ou encore Vincent Le Roux. Au QG du candidat, les juppéistes faisaient tous leurs cartons.

D'autres restent prudents, optant pour les confidences en "off". Mais l'état d'esprit est le même. "Il faut que Juppé sorte rapidement du bois, s'il ne le fait pas dans les quinze jours qui viennent, nos cadres filent chez Macron, notre électorat chez Marine Le Pen", met en garde un ancien ministre.

L'inquiétude est d'autant plus forte que le programme présenté jeudi par l'ex-ministre de l'Economie, d'inspiration social-libérale, peut attirer une droite en mal de leader.

- 'Course vers l'abîme' -

Jean-Christophe Lagarde le 7 février 2017 à Paris
Jean-Christophe Lagarde le 7 février 2017 à Paris
AFP/Archives

On plie également bagage au centre. Mercredi, l'UDI avait "suspendu" sa participation à la campagne. Jeudi, les digues ont sauté. Juppé, "ce serait une hypothèse qui ressouderait" les troupes centristes, selon un élu. "Ne laissez pas aux Français un choix pathétique et moribond entre Le Pen et Macron. Pensez à la France!" a tweeté Gilles Bourdouleix, en appelant lui aussi "à la candidature Juppé".

Quant à Alain Juppé lui-même, il attend le moment opportun. "Je ne peux rien dire à ce stade", confiait-il mercredi à l'AFP.

De son côté, François Fillon sait lui aussi qu'il ne lui reste que deux petites semaines avant le gong. S'il tient, grâce à la "légitimité" que lui confère sa large victoire à la primaire de la droite, le 17 mars, il aura sauvé une candidature désormais irréversible.

François Fillon en meeting le 2 mars 2017 à Nîmes
François Fillon en meeting le 2 mars 2017 à Nîmes
AFP

Mais "s'il y va, c'est mort pour nous", lâche un autre ancien ministre, "avec un gros risque de voir Le Pen remporter la présidentielle. On sous-estime l'importance de l'électorat" de la présidente du Front national, dit le même.

Dominique de Villepin a beau affirmer que "Fillon emporte son camp dans une course vers l'abîme", le sarkozyste Gérald Darmanin lancer sur Twitter "j'ai honte de ma droite", Patrick Stefanini, son fidèle directeur de campagne, hésiter à démissionner ("Il faut que tu te retires", a-t-il dit mercredi au candidat, ajoutant qu'il n'est lui-même "pas certain de continuer"), M. Fillon ne lâche rien.

"Les élus? On fera sans eux", lance-t-il. "Je m'appuie sur les Français."

L'ex-Premier ministre aura l'occasion de mesurer jusqu'à quel point il le peut, dimanche, lors du rassemblement qu'organise pour lui place du Trocadéro à Paris le courant Sens commun, proche de la Manif pour tous. "Si c'est pour manifester contre la justice ou contre la presse, je n'irai pas", assène Nathalie Kosciusko-Morizet.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le

Les juppéistes lancent l’offensive anti-Fillon
4min

Politique

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte, la gauche dénonce un « sabordage »

Après avoir supprimé lundi, l’article 2, clé de voûte de la proposition de loi sur l’aide à mourir, le Sénat a rejeté l’ensemble du texte, en adoptant des amendements de suppression sur l’ensemble des articles. A gauche comme à droite, chacun s’est renvoyé la responsabilité de ce « sabordage ».

Le

Les juppéistes lancent l’offensive anti-Fillon
3min

Politique

« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Le

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le