Les associations de maires de France ont fait bloc mercredi, à deux semaines des sénatoriales, pour réclamer un moratoire sur la baisse des...
Les maires en « colère » veulent un moratoire sur la baisse des emplois aidés
Les associations de maires de France ont fait bloc mercredi, à deux semaines des sénatoriales, pour réclamer un moratoire sur la baisse des...
Par Dominique CHABROL
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Les associations de maires de France ont fait bloc mercredi, à deux semaines des sénatoriales, pour réclamer un moratoire sur la baisse des emplois aidés qui impacte l'ensemble des communes et exprimer la "colère" des élus face aux méthodes du gouvernement.
"Alerte rouge ! Il faut absolument se reprendre, corriger cette affaire des emplois aidés", a lancé François Baroin (LR), le président de l'Association des maires de France (AMF).
Les six associations du "bloc communal" étaient symboliquement réunies pour une conférence de presse de rentrée au cours de laquelle elles ont déploré la dégradation des relations entre les collectivités et l'exécutif, quatre mois seulement après l'élection d'Emmanuel Macron.
"Déception", "été meurtrier": les élus, toutes tendances confondues, ont dénoncé le manque de concertation et les méthodes de l'exécutif. "Nous étions en confiance, prêts à travailler pour un pacte avec le gouvernement. Et patatras !", a déploré M. Baroin.
Dès la Conférence des territoires, le 17 juillet, le chef de l'Etat a annoncé que l'effort d'économies demandé aux collectivités territoriales serait porté de 10 à 13 milliards d'euros sur cinq ans. Deux jours plus tard, le gouvernement décidait d'un gel des dotations de 300 millions d'euros.
Mais la tension a grimpé d'un coup avec la décision du gouvernement de réduire le nombre d'emplois aidés, très prisés par les communes, à quelques semaines de la rentrée scolaire. "C'est un sujet qu'il faut reprendre totalement, il faut que le gouvernement fasse des propositions assez vite", a insisté le président de l'AMF.
Quelle que soit la taille des communes, les élus ont réclamé l'arrêt de la baisse brutale des contrats aidés. "Nous demandons un moratoire pour que nous ayons le temps d'analyser au cas par cas quels sont les postes que nous allons être obligés de titulariser, et ceux que nous allons pouvoir malheureusement ne pas renouveler", a fait valoir Caroline Cayeux (LR), présidente de Villes de France.
- 'Alerte très forte' -
Le nombre d'emplois aidés doit passer de 460.000 en 2016 à environ 320.000 cette année. Ils sont notamment utilisés dans le secteur périscolaire par les collectivités, qui employaient 95.000 bénéficiaires de ce type de contrat en 2015.
La ministre du Travail Muriel Pénicaud à Paris, le 31 août 2017
AFP/Archives
Les maires pointent les contradictions des pouvoirs publics, qui ont incité les communes à recourir aux emplois aidés, notamment au cours du dernier quinquennat.
Pour Olivier Dussopt (PS, APVF), leur diminution aura des conséquences sur les tarifs et la qualité des services publics.
Vanik Berbérian, de l'Association des maires ruraux (AMRF), a mis pour sa part en garde contre la mobilisation des maires sur le terrain: "cette inquiétude est en train de se transformer en colère, c'est une alerte très forte que nous lançons aujourd'hui".
Selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, une mission sur les emplois aidés doit rendre ses conclusions "d'ici la fin de l'année".
Conscients que chacun doit participer au redressement des comptes publics, les élus estiment que les collectivités ont respecté leurs engagements dans ce domaine. "L'Etat n'arrive pas à réduire ses dépenses et nous demande de réduire les nôtres", a affirmé le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc (LR, France urbaine), selon qui les collectivités ont "atteint 97% des objectifs" d'économies qui leur ont été imposés.
La mobilisation des maires survient à deux semaines des élections sénatoriales du 24 septembre, pour lesquelles les élus municipaux constituent les gros bataillons du corps électoral. L'AMF prépare en outre son congrès des 21 au 23 novembre "où tout sera mis sur la table", a rappelé François Baroin.
L'AMF, qui regroupe la quasi-totalité des maires, France Urbaine (grandes villes), Villes de France (moyennes), l'APVF (petites), l'ADCF (communautés de communes) et l'AMRF (maires ruraux) étaient réunies pour cette conférence de presse.
Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.
Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.
Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.
Si la décision de la Cour de cassation dans quelques mois est déterminante sur la fin de la campagne de Marine Le Pen, la candidate devra aussi s’assurer que sa candidature passe le filtre de la validation du Conseil constitutionnel.