Le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin, a exprimé l'"inquiétude" des élus sur les relations entre l'Etat et...
Les maires « inquiets » des relations avec l’Etat en ouverture de leur 100e congrès
Le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin, a exprimé l'"inquiétude" des élus sur les relations entre l'Etat et...
Par Dominique CHABROL
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Le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin, a exprimé l'"inquiétude" des élus sur les relations entre l'Etat et les collectivités, mardi en ouverture de leur 100e congrès qui doit s'achever jeudi avec une intervention très attendue d'Emmanuel Macron.
"Nous sommes très inquiets de notre capacité à répondre à la demande de nos administrés qui sont des usagers de services publics. On ne peut pas imaginer la transformation du pays sans les communes, encore moins contre elles", a affirmé le maire LR de Troyes.
Point d'orgue de ce rendez-vous annuel, le chef de l'Etat interviendra jeudi devant les élus après plusieurs mois de tension entre l'Etat et les collectivités.
"Il y a beaucoup d'impatience républicaine à accueillir le président de la République", a affirmé François Baroin : "Nous voulons des garanties, la préservation de nos investissements, plus de libertés, de responsabilités, de décentralisation".
Quelque 15.000 maires et une quinzaine de ministres sont attendus lors du congrès, Porte de Versailles à Paris. Dès mardi après-midi, Edouard Philippe, tentera de renouer le dialogue avec les élus locaux, très dégradé après une série de décisions budgétaires touchant les communes. Le Premier ministre devrait s'attacher à expliquer la méthode du gouvernement, pour limiter en particulier la hausse des dépenses de fonctionnement des 319 plus importantes collectivités, dont les grandes villes et intercommunalités.
Les 13 milliards d'euros d'économies imposés aux collectivités sur cinq ans, la baisse des APL, la diminution des emplois aidés, ou l'exonération de la taxe d'habitation, sont autant de points de friction entre les collectivités et le gouvernement.
Les signes d'apaisement et de crispation ont alterné ces derniers jours entre l'exécutif et les élus. Avant l'allocution du chef de l'Etat, les responsables de l'AMF auront l'occasion de s'entretenir à nouveau avec lui lors d'un rassemblement de 1.500 maires mercredi soir à l'Elysée.
Mais Matignon a notamment fait savoir lundi qu'il n'était "pas question" pour l'exécutif de "revenir sur la baisse des APL" (les aides personnalisées au logement), à laquelle les élus sont vivement opposés.
- Menace d'un recours constitutionnel -
L'AMF dénonce pour sa part les mesures "exclusivement d'inspiration budgétaire" proposées depuis six mois et envisage de saisir le Conseil constitutionnel sur les contraintes budgétaires qui leur sont imposées, qu'elle juge contraires au principe de libre administration des collectivités.
Au Congrès des maires, le 21 novembre 2017 à Paris
AFP
Au-delà de la dramatisation habituelle au début d'un congrès, des sensibilités différentes se font entendre parmi les maires. Jean-Luc Moudenc (LR), président de France Urbaine, qui regroupe les maires des grandes villes et présidents d'intercommunalité, met ainsi en garde contre "des postures excessives qui oublient les avancées obtenues". Le maire de Toulouse attend en particulier d'Emmanuel Macron qu'il installe, "avec des garanties fortes", un "dialogue permanent, systématisé" avec les collectivités.
Signe de l'importance que l'exécutif accorde à ce rendez-vous avec les élus locaux, la moitié des membres du gouvernement participera aux débats. "Le président de la République est conscient qu'il porte une vision de transformation de la France qui ne peut pas se faire avec un bruit de fond qui n'est pas bon dans le pays", soutient François Baroin.
Tout en ménageant le président de la République, l'AMF demande à l'Etat de rompre avec une politique de baisse des dotations entamée il y a sept ans. Le gouvernement maintient quant à lui son objectif de maîtrise des dépenses.
La limitation envisagée de la hausse des dépenses de fonctionnement des principales collectivités à 1,2% par an est l'une des mesures les plus contestées par les élus. "Avec le président de la République, nous allons veiller cette semaines à faire bouger les lignes", a avancé lundi le président du Sénat Gérard Larcher (LR).
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