Les mises en garde de Gérard Larcher sur la réforme constitutionnelle
Le président du Sénat, invité de Territoires d’infos, s’est exprimé sur la réforme institutionnelle voulue par Emmanuel Macron. Insistant sur le besoin de stabilité de la Constitution, il a exposé ses points d’accord et surtout ses divergences avec le chef de l’État, des lignes rouges.

Les mises en garde de Gérard Larcher sur la réforme constitutionnelle

Le président du Sénat, invité de Territoires d’infos, s’est exprimé sur la réforme institutionnelle voulue par Emmanuel Macron. Insistant sur le besoin de stabilité de la Constitution, il a exposé ses points d’accord et surtout ses divergences avec le chef de l’État, des lignes rouges.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat, en partenariat avec les Indés Radios, Gérard Larcher a donné des avertissements sur la réforme constitutionnelle voulue par le président de la République, et invite à faire preuve de prudence sur ce texte fondamental. « Il ne faut pas jouer avec les institutions à chaque alternance. On a peut-être un peu trop joué avec les institutions », soulève le président du Sénat.

« Notre rôle essentiel, c’est d’examiner […] quelle est l’utilité de la réforme constitutionnelle. Est-ce qu’elle est utile au pays, est-ce qu’on nous en avons besoin ? », a-t-il demandé. Pour lui, les modifications doivent être entreprises d’une « main prudente ».

« Il nous faut des soupapes de sécurité »

Le président du Sénat a mis en avant deux lignes rouges, dont la « tentative de constitutionnaliser le mode électoral ». « Michel Debré [le père de la Constitution de 1958, NDLR] n’avait pas voulu constitutionnaliser, y compris le scrutin majoritaire à deux tours dans l’élection législative, parce qu’il nous faut des soupapes de sécurité en cas de crise politique », explique-t-il.

Deuxième point d’achoppement, qui semble selon Gérard Larcher « contraire à la démocratie » : le non-cumul des mandats dans le temps, en particulier dans les territoires ruraux. « Je crains que l’on ait des difficultés pour trouver des volontaires pour constituer des listes », s’inquiète le président du Sénat.

Quant à la diminution du nombre de parlementaires, Gérard Larcher estime qu’il ne s’agit pas d’un « obstacle » mais note toutefois que « cela ne relève pas de la Constitution ».

De « vraies » commissions mixtes paritaires avec les députés

Sur d’autres points, le premier des sénateurs s’inscrit sur un terrain d’entente. Comme sur la création d’un Conseil supérieur de la magistrature – « à une condition, qu’on ne crée pas un corporatisme » – sur la place des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel, ou encore sur la fabrique de la loi, avec l’instauration de procédures accélérées.

Le président du Sénat demande de « vraies » commissions mixtes paritaires avec l’Assemblée nationale. « On n’aura pas de difficultés à trouver un équilibre » avec son homologue de l’Assemblée nationale François de Rugy, annonce-t-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

Les mises en garde de Gérard Larcher sur la réforme constitutionnelle
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Les mises en garde de Gérard Larcher sur la réforme constitutionnelle
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le