Les opposants aux ordonnances sur le droit du travail dans la rue mardi
Des syndicats appellent à des grèves et manifestations mardi contre la réforme du code du travail, une mobilisation qui a valeur de test pour la...

Les opposants aux ordonnances sur le droit du travail dans la rue mardi

Des syndicats appellent à des grèves et manifestations mardi contre la réforme du code du travail, une mobilisation qui a valeur de test pour la...
Public Sénat

Par Bertille OSSEY-WOISARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des syndicats appellent à des grèves et manifestations mardi contre la réforme du code du travail, une mobilisation qui a valeur de test pour la CGT, mais aussi pour Emmanuel Macron, qui affiche sa détermination à réformer, en ce début de quinquennat.

Un an quasi jour pour jour après la toute dernière mobilisation contre la loi travail, la CGT, la FSU, Solidaires et l'Unef appellent le 12 septembre à protester contre le nouveau texte, qu'ils qualifient de "loi travail XXL".

Des grèves sont attendues à la SNCF, RATP, Air France, France Télévisions... Fonctionnaires, étudiants, lycéens sont aussi appelés à participer.

"Plus de 180 lieux de manifestations ont été recensés" et "on va dépasser les 4.000 appels à la grève sur tout le territoire", a indiqué le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dimanche dans Le Parisien.

Il y voit le signe d'"une effervescence et d'un très fort mécontentement".

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a accusé dimanche la CGT d'être dans "la posture" et dit "craindre des débordements" mardi.

Manifestation contre la loi El Khomri, le 17 mai 2016 à Marseille
Manifestation contre la loi El Khomri, le 17 mai 2016 à Marseille
AFP/Archives

D'ores et déjà, la CGT prévoit une autre journée de mobilisation, le 21 septembre.

"Le 12, c'est un point de départ d'une mobilisation qui va se poursuivre jusqu'au retrait des ordonnances", espère Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.

Mais le pari est grand: les précédentes grandes mobilisations sociales, contre la loi travail en 2016, ou la réforme des retraites, en 2010, n'ont pas fait reculer les gouvernements de l'époque.

Emmanuel Macron n'a pas l'intention de céder sur cette réforme qui réalise quelques-unes de ses promesses phares de campagne: plafonnement des indemnités prud'homales, fusions des instances représentatives, réforme du compte pénibilité.

Vendredi, il a prévenu qu'il "serait d'une détermination absolue et ne céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", quelques semaines après avoir regretté que les "Français détestent les réformes".

En outre, les syndicats, tout en se montrant très critiques face au contenu des ordonnances, sont divisés sur la riposte.

Le leader de FO, Jean-Claude Mailly, à Marseille le 7 septembre 2017
Le leader de FO, Jean-Claude Mailly, à Marseille le 7 septembre 2017
AFP/Archives

FO s'est désolidarisée de la CGT, alors que les deux organisations avaient présenté un front uni contre la loi El Khomri. Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, estime qu'il ne faut pas "user" les forces maintenant, car "on en aura peut-être besoin demain". En ligne de mire, les discussions imminentes sur la réforme de l'assurance chômage.

- 'Contestation globale' -

La CFDT ne défile pas non plus, malgré la "profonde déception" et même la "colère" face aux ordonnances, de même que la CFE-CGC, qui voit pourtant des "zones de risques vers le dumping social".

De nombreuses sections FO seront tout de même aux côtés de la CGT, ne comprenant pas la position de Jean-Claude Mailly. Elles rappellent que les ordonnances vont "plus loin" que la réforme de 2016. Idem pour des militants de la CFE-CGC et de l'Unsa.

Mais la mobilisation pourra compter sur le soutien de politiques, dont l'ex candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, et des députés de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à manifester le 23 septembre, doit aussi battre le pavé mardi.

Code du travail : les prochaines étapes
Code du travail : les prochaines étapes
AFP

La réforme du code du travail, vue par les syndicats comme une "remise en cause" des droits des salariés, sera le fil rouge de la mobilisation. Mais d'autres réformes annoncées inquiètent aussi, comme la baisse des aides personnelles au logement (APL) ou la hausse de la CSG, mais aussi, dans la fonction publique, le gel du point d'indice (qui sert aux calcul de la rémunération des fonctionnaires), les réductions d'effectifs ou le rétablissement du jour de carence.

Pour Emmanuel Macron, la séquence n'est pas anodine, après "un été difficile en matière de sondages" sur sa popularité, relève le politologue Jean-Daniel Levy (Harris Interactive).

"Le sentiment que la réforme n'est pas juste commence à s'installer, ce qui n'est pas un bon signe" pour Emmanuel Macron, relève de son côté Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

L'enjeu, selon lui, est "de ne pas céder en début de quinquennat, pour ne pas donner un mauvais signe à son électorat". Mais il doit aussi être "vigilant" pour que la fronde ne se transforme pas en une "contestation globale de l'action de l'Etat".

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le